Diplômé de la New York School of Visual Arts et de l'USC School of Cinematic Arts de Los Angeles, Bryan Singer signe son premier court-métrage en 1988,
Lion's Den, avec son ami d'enfance
Ethan Hawke. Autofinancé, tourné pour 15 000 dollars, le film raconte la vie de cinq lycéens et lui permet de passer rapidement au long avec le thriller
Ennemi Public (1993), grand prix du jury à Sundance et primé à Deauville. Deux ans plus tard, il retrouve le scénariste de son précédent film, Christopher McQuarrie, pour
Usual Suspects (1995), un thriller machiavélique qui fait vite l'objet d'un culte international. Le film remporte l'Oscar du meilleur scénario et
Kevin Spacey est récompensé pour sa performance. Désormais très attendu, le jeune surdoué déçoit avec son film suivant, le bien nommé
Un Elève doué (1998), adaptation douloureuse d'une nouvelle de
Stephen King demandant un certain doigté pour ne pas sombrer dans le grotesque et la fascination de ce qu'il veut dénoncer. Si les thèmes de l'identité et de la solitude chers au cinéaste sont bien présents dans cette histoire d'un adolescent fasciné par son voisin, un ancien criminel de guerre nazi, le film ne boxe pas dans sa catégorie, la critique ne le rate pas et le public le boude.
Pour faire oublier l'écueil dans lequel il s'est compromis et revenir à des choses plus légères sans négliger ses ambitions, Singer s'attaque ensuite à l'adaptation du comics
X-Men (2000). Le film profite de la nouvelle direction désirée par la Marvel et remporte un joli succès au box office. Singer aborde ses super héros avec maturité, creuse le drame de chaque personnage en apportant une dimension psychologique inédite et tente d'élargir le thème du mutant et des super pouvoirs à une analyse des minorités dans la société. Il prolongera ses thèmes dans une suite,
X-Men 2 (2003), puis deviendra producteur exécutif et réalisateur du pilote de la série
Dr House, dont le cynisme et l'intelligence du personnage ne sont pas pour lui déplaire. A noter qu'il fût également invité en 2001 à relancer la série
Battlestar Galactica, avant d'être finalement évincé du projet qui fût reporté à cause des attentats du 09/11, et que grand fan de la série
Star Trek, il fait une apparition dans
Star Trek: Nemesis (Stuart Braid, 2002). Mais alors que les négociations pour le troisième épisode de la saga X-Men traînent avec les studios, Singer quitte la Marvel et la Fox pour DC Comics et la Warner afin de se lancer sur un projet qui lui tient à cœur,
Superman Returns (2006), une licence que la Warner voulait relancer depuis une dizaine d'années et sur laquelle
Tim Burton avait déjà passé plus d'un an.
Malgré son budget colossal (250M$) et une rare ambition qui fait de
Superman Returns une œuvre belle et tragique, une cathédrale pour un Dieu vivant et orphelin condamné à l'anonymat et au secret, le film reçoit un accueil mitigé, il n'est pas compris, mal vu et trop souvent vite jugé. Mais si les recettes au box office US ne réussiront pas à rentabiliser complètement le film, la carrière de Singer n'est pourtant pas compromise. Il signe l'année suivante un téléfilm,
Football Wives (2007), qui comme son titre l'indique s'intéresse aux femmes de footballeurs, puis revient aux nazis avec un autre projet très ambitieux,
Valkyrie (2009), d'après un scénario de son complice Christopher McQuarrie et avec
Tom Cruise en vedette. Tourné en Allemagne et inspiré de faits réels (le Complot du 20 juillet et l'Opération Valkyrie), le film raconte l'histoire d'un colonel de l'armée nazi complotant d'assassiner Hitler afin d'installer un gouvernement d'opposition. Le film créera la polémique en Allemagne lorsqu'on apprendra que
Tom Cruise, le scientologue, joue un héros de la résistance. Après
Valkyrie, Singer doit s'attaquer à plusieurs projets : une suite de Superman,
Superman Man of Steel ; et
You Want me to Kill Him, sur deux garçons qui après s'être rencontrés sur Internet nouent une relation ambigue et violente Une intrigue qui touche en partie Singer personnellement puisqu'il n'a jamais caché son homosexualité, clé de voûte à peine cryptée de son cinéma.