Je préfère rester dans le domaine du ponctuel. Je n'ai pas vraiment envie de faire partie d'un système, et de rentrer chaque semaine dans l'intimité des téléspectateurs. ”
Carole Bouquet est née le 18 août 1957, dans la très chic banlieue de Neuilly-sur-Seine. Elle reçoit une éducation stricte par son père, brillant centralien. Elle est envoyée chez les dominicains, où, il faut bien le dire elle ne rigole pas beaucoup plus qu’à la maison. Solitaire et rêveuse, elle préfère le cinéma au lycée. Adolescente timide, gênée par le regard des hommes sur sa plastique superbe, elle dira même plus tard qu’elle se tailladait avec des ciseaux pour s’enlaidir. Elle s’évade devant les films de Buñuel.
Après le bac, elle s’inscrit à la fac de philo, qu’elle délaisse rapidement pour le Conservatoire de théâtre de Paris. Elle y est remarquée par son idole, Buñuel, qui la fait tourner dans
Cet Obscur objet du désir, en 1977, où elle partage l’écran avec Angela Molina. Sa beauté, si époustouflante qu’elle en est à peine humaine, marque les esprits. Elle sera d’ailleurs bien souvent réduite à cette apparence.
Carole Bouquet incarne la Mort en personne dans
Buffet Froid de
Bertrand Blier, en 79. En 1981, elle peut encore remercier Dame Nature, puisqu’elle apparaît en James Bond girl dans
Rien que pour vos yeux, aux coté de
Roger Moore, qui doit sauver la planète. Son jeu méticuleux et sa présence à l’écran fascinent de nombreux réalisateurs, qui lui offrent des rôles singuliers et forts, comme dans comme
Le Jour des idiots de l'Allemand Schroeter ou le futuriste
Bunker Palace Hôtel de Bilal.
En 1985, elle joue aux côtés de
Gérard Depardieu dans Rive droite, rive gauche. Pour sa prestation, elle reçoit le César du meilleur second rôle. Elle retrouve ensuite Depardieu, en 89, dans
Trop belle pour toi. Ce film de Blier lui donne l’occasion d’utiliser son physique avec autodérision puisqu’elle y est plaquée pour…
Josiane Balasko. Elle est consacrée par le César de la meilleure actrice.
Dans les années 90, lassée de son image d’icône glaciale, elle joue dans des comédies acides comme l’excellent
Tango de Leconte, en 92, ou
Grosse Fatigue de
Michel Blanc, l’année suivante.
C’est certainement avec
Lucie Aubrac que l’actrice trouve le rôle de sa carrière. En 97, dans le film de Claude Berry, elle se met dans la peau d’une grande dame de la résistance, prête à tout pour l’amour de son homme.
En 98, elle retrouve à nouveau Depardieu, devenu son compagnon à la ville, dans la réalisation de celui-ci
Un pont entre deux rives. Elle incarne enfin un personnage doux et romantique.
Curieuse de tous les genres cinématographiques, elle s’est récemment retrouvé à l’affiche de thrillers comme
Feux rouge, de Cédric Khan , en 2003 ou
Les Fautes d’orthographe, de Jean-Jacques Zilbermann en 2004.
En 2005, elle se tourne de nouveau vers la comédie avec
Travaux, de Brigitte Rouan. Elle y campe une avocate farfelue, qui « sait quand ça commence … », comme le sous-titre le film.
Engagée depuis toujours pour la protection des droits de l’enfant, avec l’association La voix de l’enfant, Carole Bouquet est également une icône de la mode qui fait partie des égéries Chanel.