Charlton Heston était l'un des acteurs hollywoodiens les plus emblématiques des années 50 et 60. Tour à tour cow-boy solitaire, personnage biblique ou sauveur planétaire, il a su préserver sa force tranquille au fil des décennies sans jamais se départir de son talent naturel. Alors que ses études à la Northwestern University School of Speech à Chicago marquent ses débuts amateurs par l'entremise d'une adaptation de
Peer Gynt (
David Bradley, 1941) d'
Ibsen, il s'engage bientôt dans l'US Air Force et devient opérateur radio sur une base aérienne des îles Aléoutiennes. A la fin de la guerre, plus que jamais passionné de théâtre, il monte avec son épouse une série de pièces au Thomas Wolfe Memorial Theatre d'Asheville en Caroline du Nord avant d'intégrer la troupe de Katherine Cornell en 1947. Ses débuts à Broadway sont brillants et ne tardent pas à attirer l'attention du producteur hollywoodien Hal Wallis.
Ce dernier lui offre immédiatement le rôle principal du film noir de William Dieterle,
La Main qui venge (1950). L'assurance de son jeu et son physique avenant vont faire désormais le reste. Il multiplie les rôles dramatiques, aussi bien à la télévision que sur grand écran, s'illustrant ainsi dans
Sous le plus grand chapiteau du monde (1952) de Cecil B. DeMille, les westerns
Ruby Gentry (King Vidor, id) et
Horizons lointains (Rudolph Maté, 1955) ou
Une femme extraordinaire (Robert Parrish, id) dans lequel il côtoie les merveilleuses Jane Wyman et Claire Trevor. L'année suivante, Cecil B. DeMille lui offre ce qui restera peut-être comme l'un des rôles de sa vie, celui de Moïse dans
Les Dix Commandements (1956). Cette grande fresque épique, au budget colossal et aux ambitions démesurées, va définitivement consacrer l'acteur et l'imposer de fait dans de nombreuses superproductions historiques à venir.
Son allure impériale et ses airs tenaces en font bientôt un légendaire
Ben-Hur (1959) dans le film éponyme qui scelle ses retrouvailles avec
William Wyler, après le western
Les Grands Espaces (1958), et un étonnant
El (1961) pour le compte d'
Anthony Mann. Si
les 55 jours de Pékin (
Nicholas Ray, 1963) et
L'Extase et l'agonie (
Carol Reed, 1965) poursuivent dans cette voie, par l'entremise du film de guerre et du biopic, Heston n'hésite pourtant pas à sortir de ces sentiers balisés, notamment en participant à l'incroyable
Soif du mal (1958) d'
Orson Welles et au chaotique
Major Dundee (1965) de
Sam Peckinpah. Continuant de travailler en parallèle pour la télévision,
La Planète des singes (Franklin J. Schaffner, 1966) signe son grand retour sur les écrans de cinéma et initie le cycle de films de SF qui marquera sa filmographique durant les années 70, à l'instar de
The Omega Man (Boris Sagal, 1973) ou
Soleil vert (Richard Flescher, id).
Aussi impeccable en Marc Antoine dans
Jules César (Stuart Burge, 1970) qu'en Cardinal Richelieu dans
Les trois mousquetaires (Richard Lester, 1973) ou en capitaine de l'armée oeuvrant lors de
La Bataille de Midway (Jack Smight, 1976), Heston tend à prouver qu'il demeure un formidable acteur de composition, même si les prochaines décennies lui offriront peu de rôles intéressants. Héros de nombreux films catastrophes des seventies dont
747 en péril (Jack Smight, 1974), ses futurs rôles se réduiront rapidement à quelques (bienheureuses) apparitions, qu'elles soient télévisées (
Dynasty, 1985) ou placées sous l'égide de
James Cameron (
True Lies, 1994),
John Carpenter (
L'antre de la folie, 1995) ou
Oliver Stone (
L'Enfer du dimanche, 1999). Acteur engagé, Charlon Heston s'était notamment illustré par le passé par ses fonctions officielles au sein de la Screen Actor's Guild, l'American Film Institute, et la très controversée NRAA (National Rifle Association of America). Par ailleurs, il avait écrit et réalisé deux longs-métrages,
Antoine et Cléopâtre (1972) et
La Soif de l'or (1982).