Chow Yun-Fat



Chow Yun-Fat Nationalité : chinoise
Naissance : 18 mai 1955 à Lamma Island, Hong Kong
Age : 54 ans
Métier : Acteur
Pirates 3 (légèrement) censuré en Chine
Ceux qui ont vu Pirates des Caraïbes, jusqu'au...
Chow Yun-Fat : John Woo a voulu faire de lui son Alain Delon à écharpe blanche, son Samouraï melvillien, sublimer sa beauté ténébreuse et tragique, l'imposer en icône virile et fragile alors que sommeille en lui un homme tranquille et timide, discret, d'une douceur infinie. Les deux hommes seront à jamais liés, inespérables pour qui a découvert au début des années 90 Le Syndicat du crime, Hard Boiled et The Killer.

Eternelle figure romantique de gangster au grand cœur, héros de mélodrames brûlants où des pluies de balles ont remplacé des torrents de larmes, il a été l'une des plus grandes stars du cinéma honkongais. Brillant très haut et très loin, Chow Yun-Fat nous a fait rêver par son allure et ses gestes, après lui plus personne ne pouvait pointer une arme sans penser à ses postures et son élégance semblant vouloir synthétiser tout le cinéma d'un trait vertical. Avec le regard d'un enfant et le style d'un dandy égaré, il a cette beauté fine et pourtant sauvage, à fleur de peau, tel un diamant brut ciselant les plans de sa présence inoubliable et humble. Un sourire de Chow Yun-Fat chez John Woo c'est une complicité retenue et la gravité en apesanteur des amours perdus ; un œil rieur et c'est le crépitement mélancolique des romances impossibles et la promesse d'une amitié indéfectible. Il a été un volcan d'amour et de charme, une bombe sexuelle à retardement, explosant les limites des corps dans l'action comme les barreaux des cellules chez Ringo Lam dans Prison on Fire (1987). Lam, cet autre dieu du polar honkongais pour qui il courrait dans City on fire (Id) et dont Tarantino piquera les plans un par un par un pour Reservoir Dogs. Lam encore avec qui il inventa une métonymie de l'implosion institutionnelle et géographique, corps et visage fermés comme une cocotte minute, bouillonnant, sidérant.

Hong Kong Star


Chow Yun-Fat c'est aussi une pléthore de titres qui ont illuminé ces golden eighties dont on n'en finit pas de mieux comprendre la beauté et la richesse. Le jeune premier né à la télévision et chez la Nouvelle Vague hongkongaise- Story of Woo Viet et Love in Fallen City d'Ann Hui (1981/1984), Hong Kong 1941 de Po-Chih Leong (1984), pour lequel il est récompensé, Love Tuno Wastes de Stanley Kwan (1986)- s'est en effet s'illustrer dans tous les genres possibles. Il passe des romances tragiques : Lost Romance (Yonfan, 1985), An Autumn's Tale (Mabel Cheung, 1987), pour devenir grâce à John Woo une star du film d'action, des polars mafieux ou non où il transcende et invente l'heroic bloodsheld : Flaming Brothers (Joe Cheung, 1987), Tragic Hero (Taylor Wong, Id), Tiger on the Beat (Liu Chia-Liang, 1988) et son final délirant. Partenaire idéale pour la comédie cantonaise : The Romancing Star (Wong Jing, 1987), il est aussi à l'aise dans la comédie romantique, The Greatest Lover (Clarence Fok, 1988) qu'en gambler dans les invraisemblables et déjantés Les Dieux du jeu et L'Arnaqueur de Hong Kong (Wong Jing, 1989/1994). Héros émouvant d'un beau mélo de Johnnie To, All about Ah Long (Id), version honkongaise de Kramer contre Kramer, il clôture en beauté pour Tsui Hark la trilogie initiée par John Woo avec Le Syndicat du crime 3 (1989), où Anita Mui lui enseigne le maniement des armes tout en laissant sur son âme l'empreinte inaltérable d'un amour sacrifié et sublime.

Hollywood ending


Mais après un baroud d'honneur chez Ringo Lam dans l'explosif et décadent Full Contact (1992), qu'Hollywood piquera abondamment ; après une fantaisie digne d'un Johnnie To où il joue les Arsène Lupin pour John Woo dans le ludique Les Associes (1991), aux côtés de Leslie Cheung ; après leur film d'action ultime en guise de billet d'adieu à l'ex colonie britannique (Hard Boiled, 1992), et un étrange western signé Wai Ka-Fai (Peace Hotel, 1995), Chow Yun-Fat s'envole pour Hollywood, suivant son maître tout en profitant du contingent d'artistes hongkongais frileux à l'idée de la rétrocession de 1997. Ce sera probablement l'erreur de sa vie. Comme la plupart de ses confrères (sauf l'ami John, le seul à tirer à peu près son épingle du jeu), les studios vont traiter l'acteur avec mépris et condescendance. Incapable de comprendre son potentiel et n'étant pas un acteur martial (impossible donc de le voir faire des cabrioles comme Jet Li), on le cantonne vite à un sous The Killer (Un tueur pour cible, Antoine Fuqua, 1998), un polar soporifique à Chinatown (Le Corrupteur, James Foley, Id) et une fresque historique déplacée (Anna et le roi, Andy Tennant, 1999). Ang Lee tente bien de le sortir de son trou avec le très occidentalisé et folklorique Tigre et dragon (2000), mais rien n'y fait. John Woo espérait le faire tourner, on le voit dans le pathétique Le Gardien du manuscrit sacré (2003), le seul film qu'il tourne durant six ans.

Errances


Devant cette impossibilité à décrocher un rôle convenable à Hollywood, il retrouve Ann Hui en 2006 pour The Postmodern Life of My Aunt, malheureusement le film n'est pas bon. La même année il profite de l'aura et de la distribution internationale des derniers films de Zhang Yimou pour jouer un roi tyrannique et machiavélique dans La Cité Interdite, le film reçoit un accueil mitigé. Retour alors aux USA pour intégrer le casting de Pirates des Caraïbes, jusqu'au bout du monde (Gore Verbinsky, 2007), dont le succès ne doit pas à sa présence. La même année, John Woo et Chow Yun-Fat sont enfin réunis pour une simili suite d'Hard Boiled, Stranglehold, un jeu vidéo. Non sans retirer ses qualités à l'objet, vaste défouloir extrapolant à l'extrême les cascades et la mise en scène du film, on ne peut trouver qu'un peu pathétiques ses retrouvailles digitalisées, comme un aveu d'échec de n'avoir jamais pu monter ensemble un projet de film à Hollywood. A nouveau laissé face à lui-même, l'acteur s'égare et vient encore jouer les cautions asiatiques dans le drame historico-humanitaire Les Orphelins de Huang Shui (Roger Spottiswood, 2008). Et comme un drame en appelle un autre, il est au casting de l'adaptation américaine du célèbre manga Dragon Ball (James Wong, 2009), dont on peut craindre le pire. Ne reste ensuite que des projets, le remake du Cercle Rouge de Melville par Johnnie To avec Alain Delon, et naturellement celui qu'on espère plus, un film avec John Woo, Land of Destiny.
Jérôme Dittmar

Personnalités associées à Chow Yun-Fat

Collaborations Johnny Depp, Orlando Bloom, Keira Knightley, Jodie Foster, Jack Davenport, Bill Nighy, Geoffrey Rush, Brian Cox, Zhang Yimou, Tony Leung Ka Fai, Ringo Lam
Amis/Famille Johnnie To, John Woo

Chow Yun-Fat : vos commentaires

Ajouter un commentaire sur Chow Yun-Fat