Fils de l'acteur et réalisateur Pierre Brasseur et de l'actrice et scénariste Odette Joyeux, Claude Brasseur passe par les cours de Raymond Girardet et René Simon puis termine sa formation de comédien au Conservatoire avant de commencer par se produire au théâtre à partir de 1954. On le voit alors dans
Judas de
Marcel Pagnol et
Bon appétit messieurs d'Elvire Popesco. Il fait ses débuts au cinéma chez Marcel Carné dans
Le Pays d'où je viens (1956), puis après une pause de trois ans où il est parachutiste, il réapparait aux côtés de
Jean Gabin dans
Rue des prairies (1959) de Denys de la Patellière. Premier pas d'une longue carrière prolifique et variée qui comptera plus de 130 apparitions. Après avoir joué face à son père dans le célèbre
Les Yeux sans visage (1960), chef d'œuvre de Georges Franju, on le remarque aux côtés de Michel Simon dans
Pierrot la tendresse (François Villiers, Id), puis en soldat têtu dans
Le Caporal épinglé (
Jean Renoir, 1962). Alors qu'il tourne déjà plusieurs films par an, qu'on l'a vu chez les cinéastes français les plus réputés, des classiques (Henri George Clouzot avec
L'Enfer, 1964), aux modernes (
Jean-Luc Godard pour
Bande à part, Id) sa carrière prend de l'ampleur à la télévision. Notamment dans la mini-série
Le Mystère de la chambre jaune (Jean Kerchbron, 1965), où il joue le célèbre inspecteur Rouletabille, suivi des
Nouvelles aventures de Vidocq (Pierre Goutas, 1971-1973), dans lesquelles il tient le rôle principal.
Aussi à l'aise chez Allégret (
Germinal, 1963), Ophuls (
Peau de banane, Id), Baratier (
Dragées au poivre (Id), Deville (
Lucky Jo, 1964), qu'aux côtés d'un vieux de la vieille dans
Du rififi à Paname (Denys de la Patellière, 1966) ou que dans un polar de
Costa-Gavras (
Un homme de trop, 1967), Claude Brasseur s'impose rapidement comme un nouveau visage du cinéma français qui compte. Eternelle tête brûlée, passant de
François Truffaut (
Une Belle fille comme moi, 1972) aux nanars de Jean Marboeuf (
Bel ordure, 1973) ou Duccio Tessari (
Les Héros, Id), il est partout. A la fois chez
Lautner pour son thriller
Les Seins de glace (1974), avec
Alain Delon et
Mireille Darc, et Pirès pour son polar avec
Trintignant et
Deneuve,
L'Agression ( (1975). Il connaît la consécration auprès du public dans les comédies en forme d'hommage à la camaraderie d'
Yves Robert :
Un éléphant, ça trompe énormément (1976) et
Nous irons tous au paradis (1977), où son côté grande gueule et un peu râleur lui vaudra un César du meilleur second rôle. La maturité lui permet d'accéder à des rôles plus complexes :
Une histoire simple (
Claude Sautet,1978),
L'Argent des autres (Christian de Chalonge, Id),
La guerre des polices (Robin Davis, 1979), pour lequel il obtient le César du meilleur acteur, ou encore
La Banquière (Francis Girod, 1980).
Boum
En 1980, dans le rôle du père de
Sophie Marceau, il profite du succès de
La Boum (Claude Pinoteau) -ainsi que sa suite,
La Boum 2 (Id, 1982). Tout en participant régulièrement au Paris Dakar, Brasseur continue d'apparaître continuellement au cinéma dans des rôles aussi variés que les réalisateurs, les styles ou la qualité des films dans lesquels il tourne. Ainsi de
L'Ombre rouge (1981) de l'ancien critique aux Cahiers du cinéma
Jean-Louis Comolli, où il partage la vedette avec
Jacques Dutronc et
Nathalie Baye ;
Guy de Maupassant (, qu'il incarne aux côtés de
Miou-Miou et
Jean Carmet dans le film éponyme de Michel Drach (1982) ;
Légitime violence (Serge Leroy, Id), film à thèse confus sur l'autodéfense alors que Mitterrand vient d'abolir la peine de mort ;
La Crime (1983), polar foireux de l'écrivain
Philippe Labro où Brasseur incarne un commissaire déterminé ;
Détective (1985), polar génial et conceptuel de
Jean-Luc Godard dont on montrait encore à l'époque les films à Cannes ;
La Gitane (1986), comédie populaire ratée du grand entertainer français
Philippe de Broca ;
L'Union sacrée (1989), buddy movie d'
Alexandre Arcady ;
Dancing machine (1990), immense nanar promotionnel pour
Delon de l'indiscutable tâcheron Gilles Behat.
A partir des années 90, après divers échecs artistiques ou commerciaux, Claude Brasseur se fait plus discret. On le voit néanmoins chez
Catherine Breillat aux côtés de
Lio dans
Sale comme un ange (1991), il est nominé aux Césars pour son interprétation dans
Le souper (1992) d'
Edouard Molinaro, fait une apparition dans
Un, deux, trois, soleil (1993) de Bertrand Blier, puis après le médiocre
Délit mineur (1994) de Francis Girod et la mini-série télévisée
Le Juste (1996-1997), l'acteur prend un peu le large. Dominique Cabrera lui offre toutefois le beau rôle d'un industriel pied-noir dans
L'Autre côté de la mer (1997). Si ses passages devant la caméra se font plus rares, ils se révèlent aussi peu convaincants car les films rarement réussis :
Fait d'hiver (Robert Enrico (1999),
La Débandade (
Claude Berri, Id),
La taule (Alain Robak, 2000),
Chouchou (Marzak Allouache, 2003). Sa carrière retrouve un nouveau souffle après le succès en salles de
Malabar Princess (Gilles Legrand, 2004), mais généralement pour des seconds rôles dans des productions grand public sans ambition :
Fauteuils d'orchestre ( (Danièle Thompson, 2006),
Camping (
Fabien Onteniente, Id),
Le Héros de la famille Thierry Klifa, Id). Au casting enfin d'un des plus grands bides de l'histoire du cinéma français,
Sa majesté Minor (
Jean-Jacques Annaud, 2007), Brasseur boucle une nouvelle décennie comme un vétéran à bout de souffle, en fin de course. Il fallait peut-être
Mocky et sa série
Mister Mocky présente...d'après les nouvelles d'Alfred Hitchock, pour le sortir de cette mauvaise passe.