Je n'aime pas le star-system. Je suis une personne normale. J'aime vivre en Europe. Je veux dire, j'ai été à Hollywood très souvent, mais je n'ai jamais voulu signer un contrat. ”
Brigitte Bardot dira de Claudia Cardinale : « Je sais déjà qui prendra ma suite. Il ne peut y en avoir qu'une et une seule. Après BB vient CC non ? » Il est vrai que la carrière de cette star italienne a de quoi faire rêver même si la jeune Claudia qui se voyait institutrice était loin de s'imaginer un tel avenir.
Lauréate du concours de la plus belle Italienne de Tunis en 1957, elle remporte plus qu'un titre mais un voyage pour Venise. Cette victoire l'a faite sourire quand elle songe qu'à l'époque, elle parlait à peine l'italien. En effet, ses parents Siciliens l'ont élevée en français à Tunis. Elle se sentira longtemps plus Franco-tunisienne qu'Italienne mais qu'importe. En 1958, elle interprète donc son premier rôle dans une production franco-tunisienne, Goha, aux côtés d'Omar Sharif.cependant, lors de son séjour à Venise, elle attire les regards, notamment ceux de l'industrie du cinéma italien. Les choses vont alors se dérouler très vite. Après deux mois dans le centre expérimental de la cinématographie de Rome, elle signe un contrat de sept ans avec les films Vides. Un cadeau quelque peu empoisonné puisqu'elle n'a pas le droit de se marier, de se couper les cheveux ou de prendre du poids. L'un des producteurs de Vides, Franco Cristaldi, devient son mentor et obtient le droit, lui, de l'épouser !
Claudia trouve sa "voix"
La filmographie de la comédienne s'étoffe rapidement mais elle ne se limite pas à être une belle actrice. Respectivement en 1959 et en 1960, Le Bel Antonio de Mauro Bolognini et
La fille à la valise de Valerio Zurlini révèlent son talent. Elle joue dans le premier avec
Marcello Mastroianni, le début d'une fructueuse collaboration. 1960 est aussi l'année de
Rocco et ses frères de
Luchino Visconti. Son rôle est mineur mais le réalisateur lui en offre un en or dans
Le Guépard en 1963. Elle retrouve
Alain Delon et croise Burt Lancaster. On peut considérer cette année comme celle de la consécration lorsque
Federico Fellini l'engage dans son chef d'oeuvre,
Huit et demi. Ce film met l'accent sur une autre caractéristique de l'actrice, sa voix. En effet, depuis ses débuts en Italie, elle est systématiquement doublée car son italien n'est pas suffisamment maîtrisé. Fellini choisit de jouer de son accent français, étrange pour certains spectateurs mais terriblement féminin pour le metteur en scène.
Une star discrète
Elle connaît le succès sans les soucis de doublages en France avec le héros national du cinéma de l'époque,
Jean-Paul Belmondo. A ses côtés, elle fait mouche dans
Cartouche en 1961 et ils se retrouveront en 1972 dans
La Scoumoune. Incontestablement, Claudia Cardinale est devenue une star internationale, Gina Lollobrigida et
Sophia Loren n'ont qu'à bien se tenir. L'année d'après, elle joue dans
La Panthère Rose de Blake Edwards et donne la réplique à
Peter Sellers. Des répliques de nouveau doublées à cause, cette fois-ci de ses débuts en anglais hésitants. L'apogée de sa parenthèse hollywoodienne a lieu avec un western,
Les professionnels, en 1966. Le casting rassemble pas moins que Burt Lancaster, Jack Palance et Lee Marvin sous la houlette de
Richard Brooks. Tout prédisait une grande carrière américaine, pourtant elle est trop attachée à ses origines méditerranéennes. Le western lui plaît et elle obtient un rôle dans le magistral
Il était une fois dans l'Ouest. Qu'on ne s'y trompe pas, ce western Spaghetti est une production italienne même si l'on y rencontre
Henry Fonda,
Charles Bronson et Jason Robards.
Durant les années soixante-dix, elle enchaîne les rôles comme dans Pétroleuses et marque la rencontre BB contre CC. En 1982, elle joue dans des films variés et internationaux dont les plus mémorables seront
Fitzcarraldo et
Le Ruffian avec un autre monstre sacré,
Lino Ventura. Lors la décennie suivante, elle se consacre davantage à l'écriture et au théâtre et reçoit de nombreux prix d'honneur, à Venise, Paris et Berlin. Ses apparitions se font de plus en plus rares, elle acceptera tout de même de jouer dans le film choral de
Claude Lelouch,
And now... Ladies and Gentlemen en 2005 et
Cherche fiancé tous frais payés en 2007. Si elle se félicite que sa bonne étoile l'ait bien guidée, elle sait qu'il ne faut pas être passif et cloîtré dans le monde doré du cinéma. Femme engagée, elle ne cesse de lutter contre les injustices faites aux femmes et aux homosexuels et a été nommée en 1999 ambassadrice de bonne volonté par l'UNESCO.