Clint Eastwood



Clint Eastwood Vrai nom : Clinton Eastwood Jr.
Nationalité : américaine
Naissance : 31 mai 1930 à San Fransisco (Californie)
Age : 79 ans
Métiers : Acteur, Réalisateur, Scénariste de cinéma
Quand j'ai réalisé mon premier film, Un frisson dans la nuit [1971], on ne me prenait pas au sérieux. Pour le studio, c'était un peu : Laissez-le jouer avec son argent de poche, il reviendra pour les affaires sérieuses.
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Né un an après la Grande Dépression économique de 1929 dans un milieu modeste, Clint Eastwood passe la première partie de son enfance à errer le long de la côte ouest avec ses parents en quête d'un emploi. Après ces débuts nomades, sa famille s'installe à Oakland. N'ayant que peu de moyens, il multiplie les jobs (pompiste, pompier, pianiste) tout en s'intéressant à la musique et plus particulièrement au jazz. Echappant de peu à la guerre de Corée pour laquelle il était pourtant mobilisé (l'avion qui devait le déporter s'est crashé), l'armée lui permet d'obtenir une bourse pour le Los Angeles City College où il étudie la gestion. En 1954 Eastwood apprend qu'Universal cherche des acteurs. Il y obtient un contrat lui permettant de tourner quelques séries B mineures : La Revanche de la créature et Tarantula de Jack Arnold (1955), Francis in the Navy (Arthur Lubin, Id) ou encore La Corde est prête (Charles F.Haas, 1956), son premier western. Conjointement à ses premières apparitions au cinéma, Eastwood fait ses débuts à la télévision dans quelques séries télé comme Les Aventuriers du Far-West. Télévision toujours, qui lui offre son premier succès et lui permet de se faire remarquer en tenant l'un des rôles principaux de la série Rawhide (1959-1965) où il joue durant 217 épisodes.

Mais c'est grâce à l'Europe et Sergio Leone qui l'a repéré dans Rawhide que le comédien s'impose. Son personnage mystérieux et laconique de l'homme sans nom dans la trilogie westernienne Pour une poignée de dollars (1964), Et pour quelques dollars de plus (1965) et Le Bon, la brute et le truand (1966) deviendra une légende. Son rôle d'ange exterminateur au visage impassible collant alors parfaitement à ces westerns que Leone revisite, en les dévitalisant de leur nature première pour ne conserver que des structures scénaristiques minimales lui permettant de travailler le cadre et la durée. Dans ces exercices formels sur le temps et l'espace qui inventeront le western italien, Eastwood tient un rôle presque abstrait, il est comme réduit à l'état de figure. De retour aux USA en 1968 après être apparu dans le segment de Vittorio de Sica dans le film à sketchs Les Sorcières (1967), l'acteur fonde sa société, The Malpaso Company, par laquelle il produira la majorité de ses films. Ainsi, tout en continuant parallèlement à tourner pour les studios, entre autres Quand les aigles attaquent (Brian G. Hutton, 1968), Eastwood produit ses premiers films : Pendez les haut et court (Ted Post, Id) et La Kermesse de l'ouest (Joshua Logan, 1969). Mais c'est surtout sa rencontre avec Don Siegel avec qui il tourne pour la première fois dans Un shérif à New York (1968) que l'acteur trouve un complice déterminant.

De Dirty Harry à la naissance d'un cinéaste


Ensemble les deux hommes réalisent ce qui sera parmi les plus grands succès (artistiques, pas toujours commerciaux) de la carrière d'Eastwood en tant que comédien : Sierra torride (1970), Les proies (1971), L'Inspecteur Harry (Id) et L'Evadé d'Alcatraz (1979). La série des Inspecteur Harry, qui connaîtra quatre suites Magnum force (Ted Post, 1973), L'Inspecteur Harry ne renonce jamais (James Fargo, 1976), Le Retour de l'inspecteur Harry (Clint Eastwood, 1983) et L'Inspecteur Harry est la dernière cible (Buddy Van Horn, 1988), crée alors le malentendu. La violence du personnage, son individualisme acharné, sa mise en valeur de l'autodéfense, obligent certains à faire une amalgame entre le héros et l'acteur. Pourtant, Eastwood et Siegel ne font que révéler par les pulsions meurtrières du personnage l'hypocrisie et les impasses d'un système pourri ou corrompu. Malheureusement Eastwood conservera longtemps cette étiquette un peu fascisante et machiste, d'autant plus qu'il ne cachera jamais ses accointances politiques orientées à droite : c'est un fervent défenseur du parti républicain (il a milité pour Richard Nixon et fût proche de Ronald Reagan), il affiche ouvertement ses idées libérales, a discrètement soutenu la campagne de George W. Bush en 2004, fût maire (républicain) de la ville de Carmel en Californie, et s'en est pris vigoureusement à Michael Moore lors d'un dîner. Il faudra donc longtemps à la critique pour réévaluer (voire comprendre) l'homme et la série des Dirty Harry, elle qui n'y voyait que le prototype du film de vigilante qui parallèlement fait les beaux jours de Charles Bronson dans la série Un Justicier dans la ville. Pour dépasser ce malentendu il faudra ainsi attendre la lente et progressive légitimité que l'acteur va obtenir en passant derrière la caméra.

En effet, si Eastwood continuera de faire sporadiquement l'acteur dans Le Canardeur (Michael Cimino, 1974), Doux, dur et dingue (James Fargo, 1978), Ça va cogner (Buddy Van Horn, 1980), La Corde Raide (Richard Tugggle, 1984), Haut les flingues ! (Richard Benjamin, Id), Pink Cadillac (Buddy Van Horn, 1989), Dans la ligne de mire (Wolfang Petersen, 1992), oeuvres qu'il produit pour la majorité en les confiant à des réalisateurs de son choix (dont il est souvent fidèle), il tourne son premier film en 1971, Un Frisson dans la nuit. Avec ce thriller original alors influencé par le style de Don Siegel (dont il gardera ce goût pour la méticulosité et les tensions progressives), le jeune cinéaste pose ses marques. Il revisitera désormais tous les genres à travers une filmographie de plus d'une trentaine de films tournés en moyenne tous les deux ans. Au fil du temps, il affirmera progressivement sa volonté de retour à une certaine forme de classicisme et de transparence dans la mise en scène (Howard Hawks est l'un de ses cinéastes favoris), tout en s'attachant à revisiter l'Histoire américaine et plus largement les ambivalences de la nature humaine. Plus les films d'Eastwood se sont révélés, plus l'homme est apparu comme un humaniste précis et méticuleux qui imposera un regard singulier sur le monde dont il ausculte les mouvements, les origines, les inflexions et la solitude de l'être qui y habite. Cinéaste de la demi-teinte, il emprunte à Fuller un certain sens de la pédagogie journalistique qui se refuse à définir l'être et le monde sans ses raisons ou ses contradictions même au travers d'une violence parfois nécessaire.

Chefs-d'œuvre, échecs et consécration


Dans sa désormais longue filmographie que la critique mettra du temps à apprécier -à peu près quand Pale Rider (1988) est présenté à Cannes, où son ambition d'auteur s'affirme un peu plus-, Eastwood a pourtant signé très tôt quelques chef-d'œuvre où étaient déjà contenus l'acuité et la rigueur de son cinéma. Notamment son western baroque L'Homme des hautes plaines (1973) ou Breezy (Id), un beau drame romantique plein de nuances avec William Holden et Kay Lenz. Très mal jugé par le public et la critique, le film est un échec dont Eastwood est alors très affecté. Il ne sera réévalué que très longtemps après sa sortie tandis que la notoriété du cinéaste est installée. Après La Sanction (1975) où il détourne les conventions du film d'espionnage, Josey Wales hors-la-loi (1978), peut-être le film le plus ambitieux de sa première période où il explore le désordre de l'après guerre civile en mélangeant la fresque et l'aventure individuelle, L'Epreuve de force (1977) et Bronco Billy (1980) qui lui permettent de tourner en dérision son image de macho, ou encore Firefox, l'arme absolue (1982), un film d'espionnage raté et dans l'air du temps (anti-soviétique), Eastwood réalise l'un de ses plus beaux films, Honkytonk Man (Id). Sur la base d'un récit initiatique où il partage la vedette avec son fils (Kyle Eastwood, désormais musicien), le cinéaste raconte le destin d'un chanteur de blues malade au moment de la dépression avec une sensibilité et une intelligence uniques.

Par la suite, Easwood remporte un vif succès et un Oscar avec son biopic du jazzman Charlie Parker dans Bird (1988), qu'il tourne en tentant d'appliquer sa mise en scène à la structure même de la musique dont il fait l'écho. Puis son western crépusculaire Impitoyable (1992), qui remporte quatre Oscars et une trentaine d'autres prix, devient le film par lequel l'auteur fédère unanimement autour de lui la critique et le public. Désormais très attendus, ses films seront soigneusement étudiés. La mise en scène du cinéaste se tourne alors encore plus manifestement vers le classicisme tout en accordant le plus grand soin à la lumière qu'il tente d'élaborer en fonction du récit et des personnages. En 1993 l'auteur revient pour Un Monde Parfait où il confie le rôle principal à Kevin Costner (à l'origine il souhaitait le voir joué par Denzel Washington mais la production s'y opposa). Le film raconte l'échappée d'un évadé de prison qui emmène avec lui dans sa fuite un jeune garçon. Un autre portrait nuancé d'un homme pris dans les rouages d'un système et la tragédie de sa propre vie qui le poussent à reproduire les actes de son père. Eastwood se tourne ensuite vers le mélo avec Sur la route de Madison (1995) où il donne la réplique à Meryl Streep. Le film est applaudi, le cinéaste encensé, on le découvre un peu plus dans un genre où on ne l'imaginait pas.

Tout en partant à la conquête de l'espace sur le modèle du western crépusculaire où les revenants font un dernier tour de piste dans Space Cowboys (2000), Eastwood enchaîne à partir de la fin des années 90 plusieurs thrillers ou polars à différents niveaux de lectures théoriques, politiques, sociologiques ou symboliques :Les Pleins pouvoirs (1997), Minuit dans le jardin du bien et du mal (Id), Créance de sang (2002), Mystic River (2003). Après son mélo très sombre et très pathos (donc traditionnel) Million Dollar Baby (2004) remportant quatre Oscars, il réalise son diptyque à double point de vue, américain et japonais, sur la Seconde Guerre mondiale : Mémoires de nos pères (2006) et Lettres d'Iwo Jima (Id). Ambitieux et quoique salués, les film reçoivent un accueil plus mitigé qu'à l'accoutumé. L'auteur révélant un peu ses failles face à un aussi grand sujet. Il revient enfin en 2008 en compétition officielle au festival de Cannes pour The Changeling avec Angelina Jolie et John Malkovich.

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Clint Eastwood : vos commentaires

Clint03 (invité)   03 Août 2007 à 12:09   

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