D.J. Caruso s'est fait connaître à la télévision et au cinéma en tournant pour des séries et des films tels que
The Shield et
Taking lives. Après des études de cinéma, il fait ses débuts chez Disney comme assistant de production. A partir de 1991, il entame une fructueuse collaboration avec le réalisateur John Badham, pour qui il sera successivement producteur associé, coproducteur, producteur et producteur exécutif ainsi que réalisateur de seconde équipe. Ensemble les deux hommes travaillent sur
La manière forte (1991), polar ironique avec
James Woods et
Michael J. Fox ;
Nom de code : Nina (1993), remake grippé de
Nikita avec Bridget Fonda ;
Indiscrétion assurée (1993), suite peu inspirée du sympathique et culte
Etroite surveillance (1987) avec Richard Dreyfuss et
Emilio Estevez ;
Drop Zone (1994), thriller non négligeable avec
Wesley Snipes ; et enfin
Meurtre en suspens (1995), polar mou en temps réel avec
Johnny Depp. Dès lors, après un moyen métrage (
Cyclops Baby, 1997), Caruso se lance en solo à la télévision où il enchaîne séries et téléfilms :
Black Cat Run (1998),
Le Flic de Shanghai (1999),
Dark Angel (2001),
Smallville (2002). Avec son premier long métrage,
Salton Sea (Id), il témoigne d'une affection pour le film noir que ne démentiront pas ses prochains films. Récit d'un jazzmen traumatisé par l'assassinat de sa femme dont il veut se venger,
Salton Sea fascine par son ambiance et sa vision décadente de la Californie, sans toutefois éviter une morale réactionnaire.
Deux ans plus tard, Caruso réalise
Taking lives (2004), un thriller avec
Ethan Hawke,
Kiefer Sutherland et
Angelina Jolie en profiler du FBI. Plat et bourré de clichés, le film ne convaincra qu'une minorité de spectateurs attirés par un casting alléchant. Réalisateur pour la série
The Shield en 2002 et 2006, Caruso se lance en parallèle sur
Two for the Money (2005), avec
Al Pacino et
Matthew McConaughey. Sur le ton du polar, toujours, mais dans le milieu des paris sportifs et sur le mode de la confrontation, le réalisateur signe là une œuvre modeste, sympathique, jamais roublarde, entièrement soumise à ses comédiens qui donnent la mesure avec plaisir. Caruso obtient son premier succès au box office américain en 2007 avec
Paranoiak, une relecture libre et teenage de
Fenêtre sur cour avec
Shia LaBeouf. En plein dans l'air du temps avec ses références à Youtube et autres lecteurs MP3, le film séduit, amuse ou navre (au choix). Brouillon et parfois un peu ridicule avec son final chaotique,
Paranoiak (produit par
Steven Spielberg) a le seul mérite de constituer une greffe étrange entre un classique dont on garde les bases, et le regard d'un adolescent entouré d'objets propres à son quotidien. La même équipe (Caruso, Spielberg, LaBeouf) se retrouve enfin pour un autre thriller technologique paranoïaque,
L'Oeil du mal (2008). On ne change pas une équipe qui gagne.