Danny Glover est l'un des acteurs afro-américains les plus populaires de sa génération, au même titre que son aîné
Morgan Freeman. Fils d'employés postaux membres la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), il fait ses études secondaires à la George Washington High School de San Francisco avant d'intégrer l'American University méthodiste de Washington, puis la San Francisco State University où il perpétue la tradition militante familiale en rejoignant la Black Students Union. Alors qu'il est parvenu à décrocher un poste administratif à la municipalité de sa ville natale, il décide de rejoindre le Black Actors Workshop de l'American Conservatory Theater et de suivre les cours d'art dramatique du Shelton Actors Lab. Fort de cette expérience, il ne tarde pas à faire ses débuts professionnels sur les planches des théâtres locaux, en interprétant notamment le shakespearien
Macbeth et
The Blood Knot du dramaturge sud-africain Athol Furgard.
Conscient des opportunités qu'offre Hollywood, il s'installe bientôt par à Los Angeles et fait sa première apparition sur les écrans américains en 1979 dans la série
B.J. and the Bear et
L'Evadé d'Alcatraz (Don Siegel, id) aux côtés de
Clint Eastwood. Multipliant d'abord les petits rôles télévisuels durant plusieurs années, les drames
Out (Eli Hollander, 1982) et
Les saisons du coeur (Robert Benton, 1984) lui permettent de se familiariser avec les impératifs cinématographiques. L'année suivante, Glover atteint enfin son objectif : il est à l'affiche de trois films qui vont successivement, dans des registres fort variés, le révéler auprès du grand public. A savoir
Witness (
Peter Weir, 1985) où en policier véreux il cherche des crosses à
Harrison Ford parti enquêter chez les Amish ;
Silverado (Lawrence Kasdan, id), western dans lequel il joue au cow-boy justicier avec
Kevin Costner, Scott Glenn et
Kevin Kline ; et surtout
La Couleur pourpre (id), le mélo racial de
Steven Spielberg qui n'hésita pas à lui confier le rôle difficile d'Albert, l'époux violent et égoïste de
Whoopi Goldberg.
Puis vient en 1987 l'énorme carton de
L'Arme fatale. Cette comédie d'action réalisée par
Richard Donner consacre définitivement l'acteur et installe le duo de flics qu'il forme avec
Mel Gibson. Continuant de tourner pour la télévision, notamment un biopic de Nelson Mandela (id), il reprend par la suite, avec un égal succès, le rôle du Sergent Roger Murtaugh dans
L'Arme fatale 2 et
L'Arme fatale 3 (
Richard Donner, 1989 et 1993). Entre temps, il s'essaye au registre de l'action horrifique via
Predator 2 (Steven Hopkins, 1990) avant de renouer avec des compositions plus classiques, davantage dramatiques, à l'image de
Rage in Harlem (Bill Duke, 1991),
Le Saint de Manhattan (Tim Hunter, 1993) ou
Bopha ! (id), drame policier se déroulant durant l'Apartheid, réalisé par
Morgan Freeman. En 1998,
Beloved (
Jonathan Demme), l'adaptation éponyme du roman de
Toni Morrison, lui permet une nouvelle fois de démontrer l'étendue de son talent. Ce qui ne sera pas le cas du quatrième et poussif épisode de
L'Arme fatale 4 (
Richard Donner, 1998) où il semble définitivement « trop vieux pour ces conneries ».
Usant de sa belle voix chaude dans les animés
Fourmiz (Tim Johnson, id),
Le Prince d'Egypte (Simon Wells, id) et
La Ferme En Folie (Steve Oedekerk, 2006), l'acteur maintient en parallèle ses engagements politiques en collaborant à
Freedom Song (TV, 2000) ou
Bàttu (Cheick Oumar Sissako, id). Autant à l'aise dans les univers de
Wes Anderson (
La Famille Tenenbaum, 2001),
Lars von Trier (
Manderlay, 2005) et Michel Gondry( (
Soyez sympas, rembobinez, 2008) que dans le frisonnant
Saw (James Wan, 2004) ou
Shooter tireur d'élite (
Antoine Fuqua, 2007), habile machine hollywoodienne post 09/11, Glover se consacre désormais à ses récurrentes apparitions dans la série
Brothers & Sisters (2007-2008) et à ses nouveaux projets cinématographiques en cours, notamment
Blindness (
Fernando Meirelles, 2008),
Night Train (Brian King, 2009) et
Toussaint (2009), son deuxième film en tant que réalisateur, après
L'Eté de mes rêves (2002).