Darren Aronofsky



Darren Aronofsky Nationalité : américaine
Naissance : 12 février 1969 à Brooklyn, New-York, USA
Age : 40 ans
Métier : Réalisateur
What the hell is that ?
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Découvert en 1998 avec Pi, Darren Aronofsky s'est rapidement forgé une réputation d'auteur culte auprès d'une génération partageant son goût pour l'image. Dans la mouvance d'un David Fincher, il a incarné brièvement au tournant du millénaire un rapide renouveau du cinéma américain qui aurait pris en compte une histoire des formes allant de l'expérimental à MTV. A travers une série de films cerveaux en phase avec l'état mental de ses personnages, il a tenté d'aborder des thèmes ambitieux (mysticisme, addiction), par lesquels il traite d'un certain rapport à l'obsession dans lequel ses héros se perdent jusqu'à la désintégration. Originaire de Brooklyn, Aronofsky s'intéresse d'abord à la photographie et la littérature avant de poursuivre des études d'anthropologie à Harvard, qu'il délaisse rapidement pour se tourner vers le cinéma. Il se fait remarquer dès son premier court-métrage, le film de fin d'étude Supermarket Sweep (1991), avant d'enchaîner sur une second court, Fortune Cookie (Id), écrit par Hubert Selby Jr, qu'il retrouvera neuf ans plus tard sur Requiem for a dream, puis sur un troisième et dernier, Protozoa (1993), avec l'alors inconnue Lucy Liu. Il s'envole ensuite pour Los Angeles où il obtient un Master en réalisation de l'American Film Institute, puis rentre à New York en 1995 où il planche sur son premier long métrage, Pi.

Tourné avec trois fois rien, principalement de l'argent collecté auprès de ses proches, Pi raconte dans un noir et blanc ultra stylisé l'histoire d'un jeune mathématicien de New York croyant avoir trouvé la formule se cachant derrière le marché des échanges. Le film se construisant comme une fuite mentale et paranoïaque plongeant avec candeur dans une mystique de bazar inspirée par la kabbale. On pense alors beaucoup et un peu vite à Lynch et son Eraserhead. Le montage, saturé d'effets, évoque une relecture pressée du cinéma expérimental repassé entretemps par MTV. La caméra joue des objectifs pour donner un look sophistiqué et bizarre qu'on croirait plus hérité de Tetsuo du japonais Shinya Tsukamoto que de l'avant-garde soviétique. L'ambiance post expressionniste impressionne, le rythme rapide de certaine séquence est dans l'air du temps, la bande originale très électro est en phase avec son époque, bref Pi tombe à pic. Présenté à Sundance, il remporte le prix de la mise en scène, et rapidement le film fait le tour du monde en acquérant une petite réputation de film culte bousculant les canevas polis du cinéma contemporain - quand pourtant il ne fait que s'inspirer de différents courants sans réellement y apporter quelque chose de nouveau. On n'est pas loin du film trip, ce qui dans ces années 90 où la jeunesse vit son petit revival narcotiques avec le boom des soirées techno dopées à l'extasy, plaît à une génération se retrouvant dans cette quête absconse de spiritualité. Pas loin d'une projection pour VJ, Pi est alors un parfait film symptôme, non dénué d'un certain talent néanmoins.

De la mystique en toc au catch


Fort de ce petit succès, Aronofsky passe à la vitesse supérieure deux plus tard en s'adjoignant les bons soins du respecté romancier Hubert Selby Jr pour Requiem for a dream (2000), une descente aux enfers stylisée et moderne autour de l'addiction. Le film acquière instantanément son statut d'œuvre culte auprès de cette génération (et la suivante) qui avait encensée Pi. Toujours fortement inspiré par une relecture tous azimuts du cinéma expérimental pour que l'image soit en symbiose avec l'état mental des personnages, Aronofsky multiplie les effets de montage tape à l'œil afin de construire un univers dépressif et concentrique menant les personnages à leur perte. Avec une prétention inébranlable, le jeune auteur lance des sentences définitives sur un sujet qui pourtant propose une lecture rapide et superficielle se limitant à des énoncés dignes d'une dissertation du BAC. Pris dans la tourmente léchée et calculée des images aux effets parfois vertigineux, les spectateurs porteront en triomphe ce Requiem for a dream. Encore une fois Arnofsky a su trouver la formule collant à l'air du temps, ses petites mécaniques et son esthétique de vidéaste amateur, pourtant davantage héritées des 80's, créant le mirage momentané d'une nouvelle forme de cinéma. Hélas pour lui, après un break de six ans durant lequel il fût pendant un moment question qu'il reprenne la franchise Batman que récupérera finalement Christopher Nolan, Aronofsky ruine toutes les promesses misées sur ses frêles épaules avec le sortie de son grand projet personnel, The Fountain (2006).

Fable cosmique ambitieuse, The Fountain s'attaque rien de moins qu'à l'histoire de l'humanité au fil d'un récit inutilement alambiqué et plongé dans un décorum kitsch clinquant. La maladresse du scénario, ses grandes prétentions métaphysiques, tartinées d'une grosse dose d'émotion suintante de mièvrerie, font s'écrouler l'édifice d'Aronofsky s'enlisant dans une œuvre ratée d'un bout à l'autre. A la banalité des concepts philosophiques énoncés comme de grandes vérités confondantes de complexité, s'adjoint une vision puérile de l'amour faisant tourner le récit autour d'un axe désarticulé d'une vacuité rarement égalée. Si l'auteur abandonne enfin les petits effets de style qui ont fait son succès, son goût pour le film trip perdure en prenant l'allure d'une bondieuserie dont la mystique fait malgré elle plutôt rigoler. Fumeux, ampoulé, souvent grotesque, filmé avec un sentiment de solennel à faire pâlir, le film sera un échec critique et public. Ce qui n'empêchera Aronofsky de se refaire une santé deux ans plus tard, avec un film moins personnel au style radicalement différent et inspiré des frères Dardenne, The Wrestler (2008), un mélodrame réaliste sur le quotidien d'un catcheur abîmé et malade menant son dernier combat. Ce sera son chef d'oeuvre. Récompensé d'un Lion d'or à Venise et d'un Golden Globe pour Mickey Rourke dans le rôle de sa vie, le film séduit la critique tout en semblant inaugurer une nouvelle période dans la carrière du réalisateur. Qui travaille désormais sur deux projets, The Fighter avec Mark Wahlberg, et RoboCop, une nouvelle adaptation du célèbre personnage mis en scène en 1987 pour la première fois par Paul Verhoeven.

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