David Duchovny



David Duchovny Nationalité : américaine
Naissance : 07 August 1960 à New York
Age : 49 ans
Métiers : Acteur, Réalisateur
Acteur imprévisible, jamais là où on ne l'attend, à la carrière protéiforme, David Duchovny défait les clichés sur sa personne aussi vite qu'ils sont arrivés. Au fil d'une filmographie schizophrène, faite d'impasses, de seconds rôles sans relief et de personnages qui ont fait sa gloire, il navigue en sous-marin, entre la télévision et le cinéma, réapparaissant sans prévenir pour être oublié aussitôt. Duchovny, pas vraiment caméléon, mais en tout cas un acteur au charme fou, au charisme indiscutable, à la beauté jamais si lisse que ça, et certainement assimilable à rien. Ce qui a fait son succès et rendu maboule Hollywood, qui n'a jamais pu lui coller de véritable étiquette, définir son identité, son style, ce qui est justement peut-être sa propre définition. Avant de se lancer dans le milieu, Duchovny grandit à New York. Son père est de descendance juive et russe, sa mère écossaise. Timide et réservé durant sa jeunesse, il mènera un cursus universitaire plutôt prestigieux : licence de littérature à Princeton, Master à Yale, il n'achèvera pas sa thèse, mais ses capacités intellectuelles ne sont pas à prouver. Si un tel bagage le menait droit vers la carrière d'enseignant qu'il convoite alors, sa vie prend un tournant lorsqu'un ami le pousse à participer à un casting pour une publicité des bières Löwenbräu en 1987. Emballé par l'expérience, il décide sans prévenir ni formation de se lancer dans une carrière d'acteur -premiers pas d'une carrière professionnelle décidément sous la lumière de la rupture continue.

Duchovny fait ses débuts au cinéma par une petite apparition chez Mike Nichols dans Working Girl (1988), dans la comédie dramatique oubliée, New Year's Day (Henry Jaglorn, 1989), avec curieusement le réalisateur Milos Forman au casting, puis Bad Influence (1990), le doppelganger thriller de Curtis Hanson où James Spader met Rob Lowe sur les nerfs. Tout en continuant d'apparaître dans des séries B peu mémorables où il s'essaie à divers genres, le drame (Julia a Deux Amants, 1991), la comédie (Panique chez les Crandell (1991), le biopic politique (Ruby, 1992), il se fait remarquer dans le mystique Dernier sacrifice (Une Femme Envoutée, Michael Tolkin, 1991) ; la comédie canine aussi lourde qu'un St Bernard, Beethoven (Brian Levant, 1992) ; et surtout le thriller faussement ambigu Kalifornia (Dominic Sena, 1993), où en journaliste il mène un reportage sur un couple de psychopathes d'opérette joué par Brad Pitt et Juliette Lewis, qui atterrira bientôt dans Tueurs nés (Oliver Stone, 1994). En parallèle, Duchovny fait une entrée remarquée à la télévision grâce à David Lynch pour sa série Twin Peaks (1990-1991), dans laquelle durant trois épisodes il interprète le rôle de l'agent Dennis, un travesti. La télévision sera désormais son champ des possibles. Après la série de téléfilms érotisants Red Shoes Diaries (fausse suite de L'Orchidée sauvage de Zalman King, elle-même fausse suite de Neuf semaines et demi), dans laquelle il reviendra régulièrement jouer son rôle de Jake Winters de 1992 à 2002, la consécration arrive en 1993 par Chris Carter et sa série, X-Files.

La vérité avant-dernière


Agent du FBI obsessionnel, paranoïaque et dépressif en pleine théorie du complot et quête de la vérité ultime en prouvant l'existence des petits-gris ayant échoués à Roswell, maître de cérémonie d'une fable polissonne cheap abonnée au direct-to-video, la carrière de David Duchovny dans les middle nineties est décidément étrange, improbable, presque bizarre. Tout en continuant à jouer durant cinq saison Fox Mulder à la télévision et au cinéma (The X-Files, le film - Combattre le futur, Rob Bowman, 1998), l'acteur multiplie les apparitions dans divers séries allant de Frasier, Millenium (l'autre série de Carter), en passant par Les Simpson. On peut alors miser sur sa notoriété et lui imaginer un avenir bankable à Hollywood. Trop facile, l'acteur échoue à nouveau dans des navets tels que Le damné (Andy Wilson, 1997) ou la tout juste sympathique comédie romantique Droit au cœur (2000), où il impose néanmoins une présence radieuse et son sourire malicieux. En 2001, Ben Stiller, conscient de sa valeur, lui offre un petit rôle dans le désopilant Zoolander, mais rien encore de mémorable. L'année suivante, Soderbergh tente de capitaliser sur son sex appeal en cornant son image lisse de Fox Mulder dans Full Frontal (2002). Le film sera l'incarnation même de toute la vacuité maniériste du cinéaste.

Les temps sont durs, Duchovny peine alors à se remettre en selle : à nouveau quelques cameos à la télévision (Life with Bonnie, Sex and the City) ; du doublage pour des jeux vidéo (XIII, Area 51) ; des comédies au cinéma plutôt négligeables (Connie et Carla, 2004 ; Chassé-croisé à Manhattan, 2006) ; une satire de la télévision inédite en France, The TV Set (Jake Kasdan, 2006) aux côtés de Sigourney Weaver ; une première réalisation drôle et émouvante, Le Prince de Greenwich Village (2006) dont il est aussi l'auteur mais qui sortira directement en DVD ici. Il faut donc attendre 2007 pour que l'acteur revienne illuminer les écrans, pas pour son rôle (imprévisible décidément) chez Vincent Pérez dans le fade Si j'étais toi (2007), mais pour sa courte et mémorable apparition du mari d'Halle Berry dans Nos souvenirs brûlés (Susanne Bier, Id) où il imprime tout le film par son absence, et surtout la série (faussement) provocatrice et (faussement) transgressive, Californication (Tom Kapinos, Id). Malgré les faiblesses de la série (plus bourgeoise qu'elle n'y paraît) Duchovny donne à son personnage d'écrivain new yorkais exilé dans le stupre et la décadence made in L.A une intensité érotique insolente. Si le show ne montre en définitive que le chemin de croix d'un hédoniste qui ne s'assume pas dans sa pathétique reconquête familiale, l'acteur n'a jamais paru aussi beau et à sa place que dans ce personnage cultivé et sentimental, faible mais généreux, blasé et paradoxalement curieux. Fox Mulder s'est mué en sex symbol, ou peut-être pas complètement puisqu'il est à l'affiche d'X-Files: I Want to Believe (Chris Carter, 2008), deuxième tentative d'adaptation au cinéma dix ans après un premier essai plutôt catastropique. Comme quoi le rôle lui colle définitivement à la peau et la vérité l'éternel point de fuite des choses.

Photos de David Duchovny






Personnalités associées à David Duchovny

Collaborations Brad Pitt, Ben Stiller, Halle Berry, Benicio Del Toro, Julianne Moore, Steven Soderbergh, Vincent Perez, David Lynch, Sigourney Weaver, Curtis Hanson, Mike Nichols

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