Après avoir sabordé une carrière militaire où il s'ennuie par un excès d'insolence et la perspective d'un rendez-vous galant qu'il préfère à une interminable conférence d'artillerie, David Niven échappe à la cours martiale en s'évadant de prison. Il rejoint alors le Canada où il exerce pendant un temps quelque petits boulots, puis part tenter sa chance à Hollywood. Après quelques problèmes de visa l'obligeant à s'exiler au Mexique où il travaille comme artilleur pour une société américaine, il obtient enfin le droit de s'installer aux Etats-Unis où une agence pour l'emploi spécialisée dans les castings le définira en tant que « anglo-saxon type N°2008 ». Il signe alors un contrat de quinze ans avec Samuel Goldwyn et les plus grands réalisateurs de l'époque vont très vite faire appel à lui. Notamment
Howard Hawks (
Ville sans loi, 1935), Frank Lloyd (
Les Révoltés du Bounty, Id), W.S Van Dyke (
Rose Marie, 1936), William Wyler (
Dosworth, Id ;
Les Hauts de Hurlevent, 1939), Michael Curtiz (
La Charge de la brigade légère, Id), John Cromwell (
Le Prisonnier de Zenda (, 1937),
Lubitsch (
La Huitième femme de Barbe Bleue, 1939),
John Ford Quatre hommes et une prière, Id), Henry Hatthaway (
La Glorieuse aventure, Id). En 1939 son rôle de gentleman-cambrioleur dans
Rafles (Sam Wood) l'impose pour de bon.
En 1939 l'Angleterre rentre en guerre avec l'Allemagne. Pour le coup, David Niven n'est plus persona non grata dans son pays, l'ardoise est effacée. Il rentre alors sur sa terre natale pour s'engager dans l'armée où il sert un temps, avant de mettre à profit ses talents d'acteur au cinéma dans les films britanniques participant à l'effort de guerre :
Spitfire (Leslie Howard, 1942) et
L'Héroïque parade (
Carol Reed, 1944). La guerre terminée, il se fait juger par l'au-delà chez Powell et Pressburger dans
Une Question de vie ou de mort (1946), puis retourne aux USA. On le voit alors en vedette dans
Magnificient Doll (Frank Borzage, Id),
L'Orchidée blanche (André de Toth, 1947),
Honni soit qui mal y pense (Henry Koster, 1947),
Vous qui avez vingt ans (Irving Reis, 1948),
A Kiss in the Dark (Delmer Daves, 1949), ou
The Elusive Pimpernel (Powell/Pressburger, 1950) qui l'oblige pour l'occasion à revenir au Royaume Uni. Tout en apparaissant sporadiquement à la télévision, il imposera surtout sa marque dans des comédies où il joue des personnages élégants et charmeurs : le faux journaliste de
L'Amour mène la danse (H. Bruce Humberstone, 1951), l'alcoolique sophistiqué de
La lune était bleue (Otto Preminger, 1953), l'héritier évaltonné d'
Héritage et vieux fantômes (Mario Zampi, 1954), le flegmatique mais pétillant Phileas Fogg du
Tour du monde en 80 jours (Michael Anderson, 1956), l'amant naufragé d'Ava Gardner dans
La petite hutte (Mark Robson), ou encore le marin aristocrate de
Mon homme Godfrey (Henry Koster, 1957).
En 1958, David Niven trouve l'un de ses meilleurs rôles, Raymond, l'aimable don juan désabusé de
Bonjour tristesse (Otto Preminger), l'adaptation du roman de Françoise Sagan où il partage la vedette avec Deborah Kerr et Jean Seberg. A la même période il apparaît à la télévision dans plusieurs épisodes du Alcoa Theatre , Goodyear Theatre et Zane Grey Theater, ainsi que The David Niven Show, qui malheureusement n'aura que deux épisodes. En 1959 il obtient l'Oscar pour
Tables séparées (Delbert Mann, 1958), un drame avec Rita Hayworth et Deborah Kerr. Après quelques comédies médiocres, il aborde le cinéma d'aventure et d'action pour une petite série de films :
Les Canons de Navarone (J. Lee Thompson, 1961),
Le Meilleur ennemi (Guy Hamilton, 1962), et
Les 55 jours de Pékin (1963) que Nicholas Ray laisse bâclé et inachevé à la production avec qui il est en profond désaccord. Niven revient ensuite vite à la comédie avec
La Panthère Rose (Blake Edwards, Id),
Bedtime Story (Ralph Levy, 1964),
Casino Royale (Guest, Hugues, Huston, McGrath, Parrish, 1967), sympathique parodie de James Bond,
Le Cerveau (
Gérard Oury, 1969),
Le Plaisir des dames (Rodney Amateau, 1971),
Roi, dame et valet (Jerzi Skolimowski, 1972). En 1974 en pleine mode parodique alors que Mel Brooks sort son
Young Frankenstein, Niven s'égare dans
Les Temps sont durs pour Dracula (Clive Donner), un bide. On le préfère dans des comédies policières comme
Un Cadavre au dessert (Robert Moore, 1974)
Mort sur le Nill (John Guillermin, 1978), et les inévitables retours de la Panthère rose :
A la recherche de la Panthère Rose et
L'Héritier de la Panthère Rose (Blake Edwards, 1982-1983). Mais la faiblesse de ces derniers volets, par ailleurs les derniers films du comédien, seront à l'image de sa fin de carrière, sur le déclin.