3. La Femme Scorpion (Joshuu 701-gô: Sasori) de Shunya Ito (1972) (8/10)
Avec le premier volet de la série Sasori (Femme Scorpion), Shunya Ito offre au cinéma d'exploitation japonais un de ses chefs d'œuvre. Surfant sur le genre racoleur et machiste du film de femme en prison, alors en vogue, le cinéaste renverse l'ordre des valeurs et livre une grande sacralisation de celle qu'il jette en pâture à un public de mâles. Figure centrale, la femme dans Sasori est sans cesse mise à nue, souillée, violentée, humiliée, forcée d'accomplir des tâches absurdes dans le but de la rendre définitivement inaccessible : elle résiste et l'objet de sa vengeance n'est que plus justifié. Avec ce portrait sublime de femme vengeresse prenant sa revanche sur un amour bafoué et la société japonaise, Ito signe une œuvre d'une rage féminine folle, un film flamboyant, maniériste, hyper stylisé. Il offre surtout à la sublime Meiko Kaji un des deux rôles pour lesquels elle restera dans l'histoire. L'actrice est d'une beauté violente et sauvage, à jamais impénétrable et divine.
































