4. Les Dames du bois de Boulogne de Robert Bresson (1945) (7/10)
La vengeance au féminin ne s'exerce pas que dans le sang, l'arme au poing, avec un déluge de violence primitive reflétant dérive psychologique, réponse ultime à la vision d'un monde décadent, ou simple délire stylistique. Il y a aussi dans l'histoire du cinéma des exemples plus subtils comme Les dames du Bois de Boulogne, adaptation inspirée de Diderot avec des dialogues écrits par Cocteau. Dernier film de Bresson avant qu'il mette au point et applique sa théorie du cinéma, Les Dames du bois de Boulogne est donc un récit de vengeance (une femme de son ex-amant), savamment calculé, planifié, diabolique, aussi précis et minutieux que sa mise en scène. Bresson tisse avec son héroïne une toile d'araignée impitoyable où désir, jalousie, impureté, valeurs morales s'entrechoquent à la fois finement et violemment. Il conceptualise et dénude le principe de vengeance, dont son personnage est une incarnation quasi mythologique, digne d'une tragédie. Machiavélique, pervers et flippant.
































