10 000 de Roland Emmerich


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BC Movie



Depuis le sympathique Jour d'après on osait enfin attendre quelque chose de Roland Emmerich. Sur le papier 10 000 sonnait comme un autre hommage à cette série b qu’il admire et il y avait de quoi faire une belle aventure à la Rahan, mais non.
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Le cinéma de Roland Emmerich n’a qu’une seule origine, qu’il tente à chaque film de ressusciter : la série b des années cinquante/soixante dans sa forme la plus naïve. En cela il aurait pu être un autre Tim Burton, un amoureux des soucoupes volantes en plastique et des monstres en polyester, un cinéaste cinéphile pour qui la jouissance naît des matériaux et d’un imaginaire qui n’a pas renié une certaine innocence. Mais Emmerich n’est pas Burton, chez l’Allemand tout prend du poids, pas du sérieux, juste une pesanteur diluant l’hommage dans un océan de graisse numérisée et un patriotisme délirant. Pourtant, il faut reconnaître une réelle honnêteté dans sa démarche. Ses films, qui n’ont cessé de s’améliorer (culminant avec le plutôt réussi Jour d'après), gardent derrière leur apparente grosse machine cet enthousiasme juvénile qui les sauve du blockbuster désincarné. C’est encore le cas de 10 000, assez raté sur le fond et la forme mais pas complètement déplaisant sur le principe.

Pour aller vite, inutile de s’attendre à ce que 10 000 présente une quelconque vraisemblance historique, c’est même franchement n’importe quoi. Le film s’inscrit plus dans la lignée d’Un million d'années avant Jésus-Christ que La guerre du feu, auquel s’ajoute un récit héroïque banal et grossier proche d’Independence Day : le membre d’une tribu monte une armée pour renverser un ennemi despotique et techniquement plus civilisé, et au passage sauver l’amour de sa vie. Suffit de remplacer les proto égyptiens servant d’ennemis par les aliens, d’ajouter une pyramide évoquant Stargate, et le tour est joué. Si Emmerich rame donc avec son scénario prévisible (on n’échappe pas à la prophétie, l’élu, etc), et ses personnages archétypaux ou grotesques, quelques rares moments rappellent ce qu’aurait pu être le film dans sa tentative de régénérer le genre préhistorique (pendant du catastrophe). Seulement les mammouths digitaux, quelques beaux paysages parfois trahis par une lumière inégale et le début d’une ambiance ne suffisent pas à retrouver la fraîcheur demandée pour une telle aventure. Trop bourrin, le film ne trouve pas l’adéquation idéale avec ses intentions et ruine vite son potentiel.

10 000
De Roland Emmerich
Avec Steven Strait, Camilla Belle, Cliff Curtis
Sortie en salles le 12 mars 2008

Illus. © Warner Bros. France

Jérôme Dittmar Le 10 mars 2008
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