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Jia Zhang-Ke expliquait qu'il avait eu recours à des acteurs tant les témoignages qu'il avait recueillis étaient nombreux, certains d'entre eux se mélangeant donc sous la peau d'un même personnage. Mais au-delà de l'exercice de style, au final invisible pour le spectateur, tant le réalisme est de mise, 24 City interroge le rapport entre fiction et vie réelle, prouvant à quel point la force émouvante de la seconde n'a pas besoin d'être accentuée par la première, ou comment des vies « ordinaires » ont aussi le pouvoir de fasciner.
Le propos du cinéaste chinois est également de dévoiler le visage d'une Chine finalement peu connue, celle qui subit les conséquences d'un capitalisme tout aussi autoritaire que le régime économique qui l'a précédé ; de suivre le parcours d'hommes et de femmes qui ont su plus ou moins bien s'adapter aux changements ; et de raconter, enfin, des « histoires vraies » d'autant plus émouvantes qu'elles sont filmées avec patience, écoute et respect.
Avec ses poésies et ses chansons qui donnent un rythme doux et lancinant à cette histoire qu'il n'a pas inventée, mais qui a fini par lui appartenir, Jia Zhang Ke a réussi - malgré peut-être une certaine aridité - un véritable film de cinéma comme on aimerait en voir plus.
24 City
De Jia Zhang-Ke
Avec Joan Chen,Zhao Tao, Lu Liping

Ophélie Wiel
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