| 1 | Twilight - Chapitre 2 : tentation |
| 2 | 2012 |
| 3 | Le Concert |
| 4 | Trésor |
| 5 | Le Petit Nicolas |
| 6 | Rapt |
| 7 | L'Imaginarium du Docteur Parnassus |
| 8 | L'Homme de chevet |
| 9 | A l'origine |
| 10 | Micmacs à tire-larigot |
| . | Vincere |
| . | Le Drôle de Noël de Scrooge |
| . | Capitalism : A Love Story |
| . | Le Vilain |
| . | Zombieland |
| . | Hadewijch |
| . | Une Affaire d'Etat |
| . | Kinatay |
| . | Les critiques Cinéma |



Bon, c’est simple, vous connaissez Un Justicier dans la ville ? Le film de Michael Winner où Charles Bronson se venge de ceux qui ont massacré sa famille et qui au passage en profite pour éliminer la racaille des rues new-yorkaise. Ce chef d’œuvre du film d’autodéfense qui a lancé un genre qui revient à chaque décennie. On a eu Chuck Norris, plus tard l’immondice de Schumacher, Chute libre avec Michael Douglas, maintenant on a Jodie Foster, aussi improbable que cela puisse paraître. Parce qu’inutile de chercher plus loin, A vif (The Brave One en VO, encore mieux) c’est ni plus ni moins qu’Une justicière dans la ville. Pas la peine de repasser par Taxi Driver ou MS.45, le Ferrara où Zoé Lund, en nonne, se vengeait de ses violeurs. A vif fonce droit, c’est direct, clair et sans ambigüité du pur film d’autodéfense, avec toute la déliquescence morale que ça trimballe, toutes les justifications douteuses, cette manière de faire de la rhétorique de prisunic sur le bien et le mal, la justice et la violence du quotidien. Pour être honnête, A vif est même pire qu’Un justicier dans la ville. Pire parce qu’en 2007, un film pareil est aussi irresponsable qu’hallucinant. On se demande comment il peut exister.

Bien entendu sur sa route notre nouveau bras armé de la justice ne croise que le cliché de la racaille, des blacks habillés hip-hop, un mac qui séquestre et drogue une pauvre fille, un mari violent (la scène vaut le détour). Mais mieux, lorsque Erica apprend que le type que l’inspecteur cherche à faire tomber depuis des années est un mafieux pourri, elle s’en va vite le balancer du haut d’un immeuble. Plutôt sympa quoi, presque altruiste. Bien sûr, pour mettre dans l’ambiance, Neil Jordan ne lésine pas sur les détails. L’éternel tunnel comme lieu du crime, quelques effets bien grossiers pour illustrer la paranoïa qui enfle, un abominable montage entre une scène d’amour entre les deux amants et chez le légiste, et cerise sur le gâteau, le meurtre filmé au caméscope par les tueurs. Ça, c’est pour la touche de modernité, histoire de montrer comment la violence existe aujourd’hui avec l’image. C’est pas tout. A mi parcours, le film tente donc de justifier son discours en évoquant des choses aussi variées que l’Irak, l’impuissance de la police, la voix du peuple partagée, les racines de l’Amérique, les mensonges sur la criminalité à New York et évidemment une certaine contamination laissant cette chère Jodie Foster dans un sérieux doute existentiel et moral. On avoue avoir douté pendant cinq minutes, se disant que finalement il s’agissait peut-être d’un film plus sombre et complexe qu’il n’y paraît, mais rapidement tout est rentré dans l’ordre. Le final est tellement incroyable dans sa volonté de justifier les actes, qu’on a presque du mal à la croire. Si on devait dire une seule chose pour sa défense, ce serait que A vif est certainement le film le moins politiquement correct de l’année. Mais c’est tout, le reste est horrible.
A vif
De Neil Jordan
Avec Jodie Foster, Terence Howard, Naveen Andrews
Sortie en salles le 26 septembre 2007

Illus. © Warner Bros. France
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z