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Attaché à la cohérence de son œuvre, Atom Egoyan développe film après film son obsession pour les faux-semblants. Cherchant à s'adapter à son époque, Adoration décline ce thème sur fond de conflit des mémoires et de danger planétaire. Le personnage principal, Simon, est un orphelin qui s'interroge sur l'implication de son père dans des évènements terroristes remontant aux années 1980.
Adoptant la forme d'un puzzle chronologique et d'une mosaïque communicationnelle (solitaire, Simon a pris l'habitude de discuter par webcam avec tout un panel d'interlocuteurs), le film échoue à rendre consistante sa demi-douzaine de personnages, qui étouffent sous des tunnels de dialogues et une mise en scène tristement léthargique. Atom Egoyan veut guetter l'immersion lente de la vérité et dénouer les liens entre ses personnages, mais ce projet était autrement plus réussi dans La Vérité nue. A force de brasser de façon abstraite des notions comme le terrorisme, les camps de concentration ou le négationnisme - à travers des tatouages d'internautes -, le cinéaste canadien accouche d'un film absent à lui-même, habité par des êtres qui ne sont que les réceptacles d'idées qui les dépassent.
Puisqu'il manque à Adoration un centre esthétique et thématique, les scènes qui auraient pu être chargées d'intensité (comme la mise à mort symbolique du grand-père) ratent leur objectif. Et ce ne sont pas les différents jeux avec des écrans - d'ordinateurs et de téléphones portables -, très loin de la pertinence d'un Redacted, qui peuvent offrir au film la cohérence qui lui fait défaut.
Il fallait une ambition certaine pour vouloir tirer sur trois générations le portrait d'une famille à l'héritage troublé. Mais, perdu par le systématisme de ses procédés, Atom Egoyan signe un film déjà démodé, cruel paradoxe pour un récit qui se voulait aux confluents de la mémoire et des nouvelles technologies.
Adoration
De Atom Egoyan
Avec Arsinee Khanjian, Scott Speedman, Rachel Blanchard
Sortie le 24 septembre 2008

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