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Saturé de références qu’il vulgarise grossièrement, Angles d’attaque n’est qu’un thriller de palmien de série Z, gonflé par son casting et son budget pour donner l’illusion d’une nouveauté pourtant inexistante.
Au premier coup d’œil, Angles d’attaque paraît sortir d’un film de Brian de Palma. On pense à Snake Eyes ou Blow Out, ces enquêtes rusées sur la relativité des points de vue que Pete Travis et son scénariste semblent avoir découvert hier en se disant que ça ferait un super dispositif, tout nouveau tout beau. Pas de bol, non seulement ce sont de mauvais plagieurs, mais surtout Angles d’attaque doit plus à Boomtown (la série télé, nulle). L’idée ? Plusieurs points de vue sur un évènement, en l’occurrence l’assassinat du président américain (c’est plus fort, ça fait plus De Palma-Kennedy-Zapruder, et puis c’est dans l’air du temps). Bref, rien de neuf, d’autant qu’on rappellera que la bidouille scénaristique est connue depuis Rashômon de Kurosawa. Alors bien sûr c’est moderne, il y a la télévision, des portables high-tech, un touriste avec sa HDV, donc des yeux partout (De Palma, merci). La vérité n’est pas là où on le croit, dans ce qu’on croit avoir vu. Scoop ! De Palma (toujours), ou Antonioni, l’avaient déjà dit, et faut-il préciser que c’est incomparable avec ce film de rien du tout ?
Précisons. Angles d’attaque n’a rien à ajouter sur la relativité des points de vue, pire il vulgarise la théorie et ne la travaille jamais, c’est un gimmick. Certes pourquoi pas. Sauf que la mécanique qu’il emploie est lourde. A l’inverse de Snake Eyes où le personnage découvre progressivement la vérité en recoupant les images (ce qui permet de construire avec lui la théorie), Angles d’attaque vous mâche le boulot et dicte bêtement son concept au montage pour créer un suspens artificiel où tout est assez prévisible. Ainsi à chaque segment, au moment d’apprendre une vérité, rewind sur un autre perso, et ainsi de suite jusqu’au trois quart du film où Pete Travis, embêté avec son bidule de série tv, l’abandonne pour une course poursuite façon Paul Greengrass. Course qui aboutit à un final balourd de film choral comme on les aime (tendance Iñárritu). Ajoutez la glorification du bodyguard présidentiel joué par Dennis Quaid, quelques bêtises pour alimenter la paranoïa, des personnages inexistants (ils sont plus des fonctions), et vous tenez le film au concept le plus éventé de l’année.
Angles d'attaque
De Pete Travis
Avec Matthew Fox, Forest Whitaker, Dennis Quaid
Sortie en salles le 19 mars 2008

Illus. © Gaumont Columbia Tristar Films
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