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Un film d'animation signé Besson ? On a du mal à imprimer l'événement, le principal intéressé également. A l'avant-première d'Arthur et les Minimoys, le réalisateur, proche de la retraite, met en garde : c'est forcément moins bon que chez Pixar et Dreamworks. Il n'a pas à rougir pourtant. Certes, le procédé sent fort la resucée : l'intégration de personnages 3D dans des décors en prises réelles, on n'avait pas vu ça depuis... Dinosaure de Disney, sorti il y a 6 ans. Sauf que les petits frenchies de BUF (compagnie spécialisée dans le design numérique et qu'on retrouve aux génériques de La cité des enfants perdus, la trilogie Matrix, Le Prestige) ont clairement soigné leur bébé. Le monde miniature des Minimoys s'offre à nous comme une prolongation de la salle, à l'instar d'une attraction Eurodisney, Chérie, j'ai rétréci le public pour ne citer qu'elle. De l'exploration minutieuse de la cité souterraine et l'attaque des moustiks, il ne manque à cette mise en scène immersive qu'un détail : des vérins hydrauliques sous nos fauteuils !

Arthur et ses nains, ainsi, ne dépareille pas du Dernier Combat (et avant lui de L'avant-dernier, son court-métrage introductif), de Nikita ou de Léon. Même symbolique duale de l'Homme qui vit Destructeur mais se fantasme Créateur. Ajoutez à cela les doléances écolos d'un Grand Bleu ou d'Atlantis et tout est lié. Les héros de Besson fuient une réalité condamnée (ou préfigurent plus intimement l'introversion de l'auteur) : Fred se réfugie dans le métro, Jacques Mayol sous l'océan, Jeanne d'Arc a ses voix, André son Angel-A et Arthur, les contes de sa grand-mère. Pas de rupture donc, juste une progression permise par la maîtrise enfin aboutie de son cadre pour le réalisateur. Où est-ce que ça cloche alors ?
Le récit. Si Le Dernier Combat brillait par un script personnel et depuis repris (jusque là série très populaire Buffy contre les vampires qui, dans l'épisode Un silence de mort, par son usage du muet, restitue un malaise on ne peut plus similaire), celui d'Angel-A est gommé par ses similitudes avec La vie est belle de Capra. Même pas cité en hommage, un honneur qui autrefois était accordé à Moebius au générique du Cinquième Elément ou à Tanino Liberatore, dessinateur de Ranxerox, la BD qui inspira Léon. Pour Arthur, Besson sourit : son «dernier combat» est comparé à Chéri, j'ai rétréci les gosses ou aux trolls de notre enfance justement. Pas un lien vers L'histoire sans fin, autre référence du cinéma jeunesse dans les 80's, ou encore Le talisman des territoires, un conte signé pour leurs enfants par Stephen King et Peter Straub. Le copier / coller frappera sans doute sous peu, Dreamworks ayant prévu d'adapter le roman en minisérie. D'ici là, la preuve est faite que l'esprit clinquant de Noël existe : Besson a biaisé sa némésis, la critique, avec une comptine. Tiens et pourquoi pas recommencer : un Arthur et les Minimoys 2 puis 3 ? Lucky Luc l'envisage. Après tout, la retraite, ça ne paie plus en France...

Arthur et les Minimoys
Réalisé par Luc Besson
Avec Freddie Highmore, Mia Farrow, Madonna
Sortie en France : 13 décembre 2006
Sur le Web : - le site officiel
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