Australia de Baz Luhrmann


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Tomorrow is another day



Australia c'est LA vraie histoire d'amour : amour de ses racines, amour fraternel, amour de la terre et surtout l‘amour avec un grand A entre deux personnages que tout oppose. Le film reprend à lui seul tous les grands thèmes chers au cinéma et jongle dangereusement avec les genres. Un autre s'y serait sûrement cassé les dents mais Baz Luhrmann s'en sort avec honneur.

Sept ans après Moulin Rouge, Australia signe le grand retour de Baz Luhrmann. Aux côtés de sa muse Nicole Kidman, le réalisateur nous entraîne au cœur des contrées arides et hostiles de son Australie natale.

Nous sommes en 1939 et Lady Ashley, belle bourgeoise terriblement coincée et délicate, débarque en Australie pour rapatrier son époux qui tente - sans succès - de vendre l'immense domaine qu'ils possèdent sur place : Faraway Downs. Mais Sarah ne tarde pas à découvrir que l'exploitation est au bord de la ruine.
Pour la sauver, elle n'a pas d'autre choix que de s'allier à un cow-boy local un peu rustre (incarné par le très viril Hugh Jackman), et de parcourir avec lui des milliers de kilomètres afin de mener jusqu'à Darwin 1500 têtes de bétail pour y être vendues.

Cette fresque romanesque sur fond de seconde guerre mondiale joue à fond des ingrédients qui ont fait le succès de Moulin Rouge mais aussi de Roméo + Juliette. Et pour cause Baz Luhrmann, fidèle à son style persiste et signe : images stylisées, décors oniriques, costumes somptueux, couleurs flashy, plans google map animés, chaque séquence transpire l'empreinte du réalisateur. Two much ? Bien sûr mais c'est voulu, et l'image de carte postale qu'offre Australia est ici totalement assumée. Il ne s'agit pas d'être réaliste, mais bien d'offrir du rêve à l'instar de son modèle, Autant en emporte le vent. Certes Australia ne joue pas dans la même catégorie mais l'esprit est là, offrir un spectacle magique, une aventure pleine de grands sentiments pour faire rêver. Au diable la rationalisation, Baz Luhrmann est de ces cinéastes qui, avec un style excentrique et déconcertant, arrive à toucher notre affect.

Assumant ses excès, il s'amuse même à jouer avec les clichés hollywoodiens et les codes cinématographiques établis (cf la scène où Hugh Jackman prend une douche avec des poses exagérément langoureuses et ralenties). Australia qui n'a que faire des étiquettes, ballotte le spectateur dans tous les sens : scènes drôles, dramatiques, épiques et romantiques se succèdent avec brio, faisant de ce film un objet quasi-inclassable. Malgré un petit bémol concernant la fin du film, expéditive et ne ressemblant guère aux envolées tragiques de Baz Luhrmann, à qui les studios ont demandé de revoir sa copie suite aux réactions du public lors de projections test, Australia reste un trip jouissif, qui ravira les amateurs de grand spectacle.

Illus. © Twentieth Century Fox France

Nadia Rami

Le 22 décembre 2008
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