Bancs publics (Versailles rive droite) de Bruno Podalydès


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Versailles, je t'aime



Dernier volet de la trilogie versaillaise de Bruno Podalydès, Bancs publics est une comédie rêveuse sur la solitude urbaine, fragmentée en trois mouvements, eux-mêmes éclatés en historiettes - celles de la myriade de personnages peuplant ce film choral. Disparate mais souvent drôle.
Il y avait eu Versailles rive gauche (César 1993 du Court métrage), puis l'hilarant Dieu seul me voit en 1996, César du Meilleur premier long métrage. Voici Bancs Publics (Versailles Rive droite), qui clôt logiquement cette trilogie versaillaise - à moins que l'on ne construise une quatrième gare dans l'ancienne ville royale. On a l'impression, vu la richesse mirobolante du casting, que Bruno Podalydès vise, consciemment ou non, une troisième statuette. Des Inconnus aux Nuls en passant par quelques Bronzés du Splendid ou les « Desplechiens » Amalric/Mastroianni/Devos, la génération Claude Rich/Michel Aumont, ou encore Pierre Arditi et Catherine Deneuve... C'est du lourd, comme dirait le poète Laurent Weil. Du bigarré, mélangeant avec une certaine audace les publics respectifs des comiques ou « acteurs sérieux » en question, sur un même banc. Grand télescopage... A moitié réussi.

Derrière la multitude bavarde des personnages, une seule et même solitude. Lucie s'ennuie au bureau, quand elle repère une curieuse pancarte, sous une fenêtre de l'immeuble d'en face. « Homme seul », écrit blanc sur noir. Farce sardonique ? Appel au secours ? Plan com' hyper rodé ? Un premier tableau très drôle (désopilants Hyppolite Girardot, Arditi et Josiane Balasko) nous montre comment tous les collègues de Lucie se mettent en branle pour résoudre le mystère. Lui succède un deuxième mouvement plus faible (Semoun/Bourdon/Devos, avec des enfants peu convaincants) malgré la rencontre malicieuse et émouvante entre Rich et Aumont. Situé au Square des Francine, la scène est circulaire comme les trajectoires des personnages, qui tournent en rond. Le film s'achève par une virée à la Blake Edwards dans le magasin Brico Dream, décor kitsch et touffu où s'agitent les clients et les vendeurs, dans un grand chaos surréaliste. Ce troisième mouvement, le plus réussi, rappelle tout le savoir-faire comique de Podalydès : un absurde poétique d'une grande douceur, parcouru de petites secousses imprévisibles. Construite sur un empilement de détails minimalistes, prête à s'effondrer, cette collection de vignettes - proche du film à sketches - s'avère attrayante mais disparate.

Bancs Publics (Versailles Rive droite) 
De Bruno Podalydès
Avec Denis Podalydès, Samir Guesmi, Bruno Podalydès...
Sortie en salles le 8 juillet 2009

Illus © UGC

 

Eric Vernay

Le 06 juillet 2009
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