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D'abord, la déception. Malgré un montage assez nerveux, le film s'engonce vite dans un faux-rythme de téléfilm, sans suspense ni grande ambition formelle. Jalonnée de références appuyées à Brassens (dès le générique) et à Simenon, cette histoire de faux semblant et de manipulation ne retrouve ni la verve satirique ni l'humour du premier George, mais parvient à retrouver la finesse de trait du second, à défaut de l'intensité dramatique. Très cheap, à l'image des postiches ridicules collés sur le visage de Jacques Gamblin, l'intrigue policière du film n'est en fait qu'un prétexte trouvé par Chabrol pour tailler le portrait de Depardieu. Qu'il « souffle comme un bœuf » dans les escaliers, ou laisse tomber une bouteille en surprenant sa femme avec son demi-frère, l'acteur, pour une fois sobre, fascine constamment. A mesure que le film avance, le personnage d'abord « simple » et rassurant de Bellamy gagne en complexité (rapport de mépris/jalousie avec son demi-frère, doute sur la fidélité de sa femme) et en ambiguïté au contact des autres (proximité physique avec les criminels et les femmes), s'imprégnant de noirceur tel un papier buvard. Car comme Simenon, et pour paraphraser Robert Poulet, Chabrol s'intéresse plus ici aux états qu'aux actions, perçus à travers le regard d'un seul : celui de Depardieu, perdu et opaque, illustre à merveille la finesse de cet art déceptif.
Bellamy
De Claude Chabrol
Avec Gérard Depardieu, Clovis Cornillac, Jacques Gamblin
Sortie en salles le 25 février 2009
Illus.© Moune Jamet
Eric Vernay
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