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Cette approche minimaliste est l'aspect le plus intéressant d'un récit dont la mise en scène déçoit. Pour l'action, qui se déroule en milieu cloisonné, Fernando Meirelles propose une palette à dominante gris/noir plutôt réussie mais abuse d'images blanches baignées d'une lumière aveuglante (divine ?). Cette manière répétitive de symboliser l'aveuglement n'apporte pas grand-chose et paraît cacher un manque d'idée. Il s'intéresse surtout à l'avilissement de l'homme à travers le postulat que ne plus sentir le regard de l'autre amène à se dédouaner de ses actes et de sa responsabilité - puisque personne ne peut ni voir, ni juger, ni condamner. La scène d'ouverture suggère aussi que rares sont ceux qui regardent vraiment le monde qui les entoure. Pas vraiment originaux, ces messages, délivrés sans grande finesse, déçoivent de la part d'un réalisateur par ailleurs estimable (The Constant Gardener, La Cité de Dieu). Ajoutés à la forte connotation religieuse qui baigne l'ensemble, mais ne convainc guère, le préjugé favorable s'effiloche au fil d'un récit au goût d'inachevé. Il occulte en effet aussi bien la question du pourquoi (de la situation) que du comment (de sa résolution).
Bien que peu spectaculaire, il contient tout de même des moments de franche tension. Ainsi, lorsque le troc se met en place et occasionne un inquiétant « Women for food », parodiant le programme « Oil for Food », la réplique ne fait pas rire tout le monde mais... trouve un écho croustillant en ces temps de crise précédée d'une forte augmentation du baril de pétrole. Quand ça va mal, c'est toujours l'homme le plus Bête !
Blindness
De Fernando Meirelles
Avec Julianne Moore, Mark Ruffalo, Gael Garcia Bernal, Danny Glover
Sortie en salles le 30 juillet 2008

Illus. © Pathé Distribution
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