| 1 | 2012 |
| 2 | Trésor |
| 3 | Le Concert |
| 4 | Le Petit Nicolas |
| 5 | L'Imaginarium du Docteur Parnassus |
| 6 | This Is It |
| 7 | Micmacs à tire-larigot |
| 8 | A l'origine |
| 9 | Saw 6 |
| 10 | Clones |
| . | Vincere |
| . | Le Drôle de Noël de Scrooge |
| . | Capitalism : A Love Story |
| . | Le Vilain |
| . | Zombieland |
| . | Hadewijch |
| . | Une Affaire d'Etat |
| . | Kinatay |
| . | Les critiques Cinéma |



Servi par un scénario qui lui permet de délivrer des diagnostics justes et tranquilles, Benicio Del Toro, au diapason d'un récit tout en retenue, n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour s'affirmer. Grâce à la profondeur de ses certitudes, il dégage une force qu'il communique avec une sagesse plus proche du guérisseur que du guérillero. Mais pour réussir, un homme ne suffit pas. Or, sous la lumière crue et directe qui transperce la végétation bolivienne, ses troupes paraissent bien fragiles. Isolées en territoire hostile, coupées des soutiens prévus (le PC Bolivien et les paysans), elles étouffent sous une menace diffuse, peu identifiable, et l'idée de Révolution leur échappe, devenant absurde puisqu'elle ne se nourrit plus de la volonté du peuple.
Abandonnant le format scope du premier volet, Soderbergh opte pour un traitement numérique plus frontal et installe ainsi un climat d'attente anxiogène qui érode les volontés. Selon Guevara, une révolution c'est d'abord de la sueur, de la souffrance, mais aussi une volonté sans faille et, malgré tout, la mort et la frustration au bout du chemin. Suivant à la lettre le discours du leader révolutionnaire, Soderbergh ne cherche jamais à faire naître un quelconque souffle épique sur cette épopée avortée. Rien de grandiose, ni de sublime dans son récit qui rappelle, à chaque instant, la difficile réalité de la clandestinité.
Malgré l'efficacité de combats libérateurs et le caractère hypnotique de déplacements vains, on reste sur sa faim. Si le choix d'une mise en scène minimaliste se justifie, il nous frustre d'un plaisir, peut-être un peu coupable, mais qui paraissait bien naturel. Par ailleurs, on regrette l'absence de lien avec le monde contemporain. En limitant Guevara à son époque, il le maintient à sa juste dimension, celle d'un homme qui agit durant une période donnée et dont la récupération actuelle n'est pas forcément judicieuse. Au moins, évite-t-il d'en faire un produit marketing, ce qui, venant du cinéma américain, peut s'apparenter à une forme de sacrifice dont son sujet aurait pu être fier.
C'est louable, certes, mais ennuyeux.
Che - 2e partie : Guerilla
De Steven Soderbergh
Avec Benicio Del Toro, Carlos Bardem, Demian Bichir
Sortie en salles le 28 janvier 2009
Illus. © Warner Bros. France
- Exprimez-vous sur le forum cinéma
- Lire les fils festival de cannes, sélection officielle, biopic sur le blog cinéma
- Soderbergh sur Flu : lire les critiques de Hors d'atteinte, Traffic, Solaris, Ocean's Twelve, Bubble, The Good German, Ocean's 13, Che - 1ère partie : L'Argentin
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z