Dans la veine des films passés chaque année par Sundance,
Choke se donne des airs intelligents. Usant du roman de
Palahniuk, ses ficelles, sa vision, comme d'un passeport pour la différence et la légitimité artistique. Rien de neuf donc mais rien de totalement négligeable pour autant. Car si Clark Gregg la joue un peu facile, sorte de petit malin qui en fait trop (ou pas assez) sans le brio clinquant de
Fincher, son film n'est pas déshonorant. Récit d'un sex addict paumé bossant comme figurant dans un parc à thème historique, quand il ne simule pas de s'étouffer au resto pour payer les notes d'hôpital de sa mère (Angelica Huston, atteinte d'Alzheimer et à l'origine de son instabilité),
Choke déploie quelques beaux élans affectifs pour sa galerie de freaks des temps modernes. Entre absurde et surréalisme d'un quotidien dépressif, il trouve le ton par des pics de sensibilité alternant avec des velléités satiriques inégales mais fidèles à sa lecture névrosée de la comédie romantique. A défaut de trouver le mordant ironique nécessaire et d'insuffler un regard aux situations tirant vers le tour de force transgressif, Gregg développe une confiance sereine en son personnage. Il n'évite pas les effets paresseux en usant d'images mentales has been ou de flash back binaires, tout en trouvant en Sam Rockwell une figure idéale de loser émouvant pour faire oublier les défauts du film. Construit telle une dérive en forme de quête identitaire et affective dans une Amérique larguée où sexe et religion communient,
Choke conserve, non sans failles, ce spleen d'une génération cherchant dans l'excès un palliatif à sa solitude. Reste tout de même le sentiment d'assister à une adaptation timide et sans éclat, sans doute trop modeste.
Choke
De Clark Gregg
Avec : Sam Rockwell, Angelica Huston, Kelly Macdonald
Sortie en salles le 21 janvier 2009
Illus. © Twentieth Century Fox France
Jérôme Dittmar
Le 19 janvier 2009