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Cette scène en boite, loin d'être pourtant charnière, installe également le film dans son intrigue proprement dite. Des huit potes du quartier qui forment une bande solidaire, qui se débrouillent ensemble pour le meilleur et pour le pire, entre glande appliquée et système D, Christian est celui qui a choisi de passer aux choses sérieuses et de s'affranchir des petites arnaques : Scarface en herbe, au bagout certain et à l'ambition affichée, il s'est mis en relation avec la mafia marseillaise ; on le découvre, tandis que ses potes s'éclatent, confiant, affairé à la table des caïds de la région. Il va sans dire qu'il est le seul reubeu parmi ces masses, issues des familles de prolos de la cité, racines siciliennes, loin, très loin des problèmes de banlieues. Véritables mafieux, BMW et trafic de poudre entre la Côte et Paris, Marseille et la Sicile, ils sont campés sans héroïsme comme les seuls enfoirés qu'ils peuvent être. Entre autres pistes, le film raconte alors comment une bande de potes pourtant sortis de l'adolescence, est prise dans l'engrenage d'une guerre absurde, qui mettra la ville à feu et à sang. Fatalité, vengeance, représailles et force de la communauté, indéfectible fidélité aux siens.
Si l'intrigue policière et mafieuse est usée jusqu'à la corde, le film est cependant et paradoxalement extrêmement réussi par la naïveté avec laquelle il s'évertue à construire sa fiction. Comédiens improvisés, les huit personnages, excellents à force de simplicité, ne prêtent à aucune autre composition qu'une mise en situation directe de leur vie même. Dans les cadres bien légers de la fiction, chacun des acteurs révèle autant son imaginaire social qu'il exprime son expérience individuelle propre, personnelle. Nous sommes ainsi à Marseille, dans ce vécu subjectif, comme aucun autre film de fiction ne pourra jamais s'y installer aussi justement. Outre une bande son qui mêle le rap d'IAM (Comme un aimant) à des sons roots, soul et flamenco, et qui balancés en Off avec puissance donne à la bande une authenticité soixante dix proche d'un film comme The Harder they come, l'amateurisme même de la direction d'acteur et de la réalisation générale libère ainsi une captivante authenticité en nous plongeant dans la réalité à peine transfigurée des relations sociales et familiales d'un quartier populaire. On est alors loin des films de banlieue et à l'antipode de l'imagerie urbaine. Comme un aimant, à l'image de ces premières scènes en cabriolet, où la bande pavane au soleil dans un amateurisme sans borne, se révèle un grand, un bouleversant film documentaire.
Comme un aimant
de Kamel Saleh et Akhenaton
Avec Brahim Aimad, Freeman, Houari Djerir, Kamel Ferrat, Tittoff, Sofiane Mammeri, Kamel Saleh, Akhenathon
France - 2000 - 1h40mn
Date de sortie : 31 Mai 2000
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