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Devenu l'un des auteurs phares de l'animation japonaise, Satoshi Kon revient enfin en salles avec Paprika. Un thriller théorique et critique où le rêve contamine le réel pour mieux montrer la valeur du cinéma. Un film testament, d'une beauté unique, mais où l'auteur trouve aussi ses limites.
Pars vite et reviens tard de Régis Wargnier sorti en janvier 2007. A l'affiche : José Garcia, Marie Gillain, Lucas Belvaux
Jacquou Le Croquant de Laurent Boutonnat avec Avec Gaspard Ulliel, Jocelyn Quivrin et Albert Dupontel...
Remake d'Infernal Affairs, film hong-kongais d'Andy Lau, Les Infiltrés permet surtout à Martin Scorsese de revenir sur tous les thèmes qui le hantent afin de parler, encore et toujours, de la Famille, du Cinéma et de ses apparences... Reste à savoir si ce film est une énième redite du travail du grand réalisateur ou s'il offre un regard novateur.
Après vingt ans de bons et loyaux services au sein de l'industrie américaine, Paul Verhoeven revient en Hollande, sa terre natale. Et pour faire bonne figure, c'est-à-dire pour garder son statut de cinéaste provocateur, il s'attaque à l'ambivalence des êtres emportés par la guerre. Un sujet en or qu'il porte en lui depuis les années 80.Ce qui n'empêche pas ce Black book de paraître souffreteux, sans pour autant sentir le soufre.
Après Chicken run et La Malédiction du lapin-garou, Aardman, le plus britannique des studios d'animation, tombe de nouveau dans les bras de Dreamworks, le studio fondé par le très américain Steven Spielberg. Avec cette fois un film entièrement en images de synthèse. Les créateurs de l'ogre Shrek auraient-ils dévoré les parents de Wallace et Gromit ? Loin s'en faut.
Plongeant au cœur des mœurs surprenantes d'un village perdu des Andes, Claudia Llosa nous livre un récit baroque, original et intemporel. Fortement marquée par la religion, cette première œuvre remarquable, récompensée par de nombreux festivals (Toulouse, La Havane, Rotterdam, Malaga, Guadalajara, Mar del Plata !!), se vit comme une expérience dérangeante, séduisante et mystérieuse.
Batman begins, Superman returns, bientôt Young Hannibal... La mode est au retour aux origines et au revival. Toujours en quête de renouvellement et anxieuse de succès public, la plus ancienne franchise du cinéma - 44 ans entre Dr No et ce Casino Royale ! - se devait de goûter à cette fontaine de jouvence. Coup de bluff qui se révèle gagnant.
Fable écolo, mélodrame familial et véritable film de monstres, The Host est tout cela à la fois. Et plus encore. Après le magnifique Memories of Murder, Bong Joon-ho change de cap mais pas de réflexion, toujours porté vers un récit où présent et passé cohabitent dans la douleur. Entre espoir et terreur, The Host dresse un portrait du monde inquiet et trouble.
Montag est le second long métrage d'Ulrich Kohler, cinéaste issue de la récente nouvelle vague allemande. Il procède d'un mouvement d'observation que l'on pourrait dire scientifique et dont l'objet d'étude serait la cellule familiale. Dépassant les conventions, son regard bouleverse nos fictions quotidiennes pour que nous soit donné, à nouveau, de voir le monde.
Sous des allures de faux documentaire, emmené par un personnage de journaliste aussi maladroit que moustachu, Borat est avant tout une comédie souvent hilarante et parfois mordante. Visite guidée des Etats-Unis, happening trash et touche Kazakh : le cocktail Borat fait l'effet d'un cocktail molotov lancé dans une ferme texane. L'hallucination de la semaine.
Adapté d'un roman de Christopher Priest, le scénario écrit par Christopher Nolan et son frère Jonathan - qui avait déjà signé celui de l'excellent Memento - aurait dû déboucher sur un grand film où l'illusionnisme est roi. « Aurait dû », car malgré le talent des acteurs et une relative efficacité, le film ne parvient jamais à devenir l'objet fascinant et mystérieux qu'il prétend être.
Babel, palme de la mise en scène, ou palme du film le plus balourd de l'année ? A vous de voir, nous c'est tout vu. Avec ses prétentions symboliques grandiloquentes et sa mise en scène inexistante saturée de digressions interminables, le nouveau Iñárritu a usé notre patience. Promis, après celui-là on arrête.
Adapter un roman de Jean-Christophe Grangé tient du défi. Difficile de faire bien à partir du pire. Pourtant, Guillaume Nicloux tente aujourd'hui avec Le concile de pierre de conjurer le sort. Nouvel échec : le cinéaste s'épuise dans la suggestion suggérée et un récit aussi abracadabrant que grotesque.
Hédoniste et volontier démonstratif, le nouveau film de John Cameron Mitchell dresse le portrait d'une génération de trentenaires aussi jouisseurs que dépressifs. Je jouis donc je suis : sur un rythme effréné, Shortbus proclame son leitmotiv, illustrations détaillées à l'appui. La liberté se trouve-t-elle dans le libertinage ? Si seulement...
Brian De Palma joue et rejoue de toutes les ficelles et de tous les mythes de l'Amérique des années 40. Utilisant force studio, costumes, fards en tous genres, il grossit tous les traits d'une histoire qu'il complexifie à loisir. Jusqu'à perdre son spectateur...
On s'en doutait : la « génération Canal » n'aura pas laissé grand-chose. Pourtant, parmi ces comiques des plus ambitieux, Antoine de Caunes persévère au cinéma avec son troisième film, Désaccord parfait. Une comédie sentimentale simili british sur le temps qui passe, finalement plus lourde que légère et vulgaire que classe. L'ex-bouffon de la télé tente encore de s'acheter une légitimité, mais c'est mal barré.
Avec Le Labyrinthe de Pan, le cinéma de Guillermo del Toro atteint une maîtrise, une élégance et une force inédite. Une œuvre dense, à la fois violente et sensible, simple et complexe, où le merveilleux gagne sur le fascisme.
Sans doute certains grimaceront, regrettant la cynique malveillance ou l'introspection sourde des précédents films de Woody Allen. Mais ce serait oublier que son univers est infiniment libre. Il faut donc accepter son dernier film pour ce qu'il est : un cru loufoque et kitsch, un grand éclat de rire qui balaie sur son passage les journalistes, les amoureux, les imposteurs et les tendres héros.
Servi par le talent comique d'un Jack Black survolté, Super Nacho décrit l'ascension laborieuse d'un catcher perdu dans la mancha mexicaine. Personnage de cartoon grandeur nature, l'acteur trouve tout naturellement sa place au sein de l'univers déjanté de Jared Hess, cinéaste devenu culte outre atlantique. Un film riche en références (voir l'analyse ultra-documentée de notre spécialiste maison) qui ouvre une boite à souvenir muy tipico : les films de luchadores.
« Pas mal », c'est ce qui vient spontanément à l'esprit devant Ne le dis à personne, le second film de Guillaume Canet, adapté d'Harlan Coben. Ou « ni fort ni faible », juste assez sympathique pour qu'on y croit un peu, à ce thriller relativement bien bricolé où François Cluzet culmine en compensant la candeur de son réalisateur.
En 1949, la première adaptation par Robert Rossen du roman de Robert Penn Warren, All the King's Men, s'était distinguée en remportant trois Oscars. Cette nouvelle version, avec son fabuleux casting (Sean Penn, Jude Law, Kate Winslet), a justement été produite comme un « film à récompenses ». Malheureusement, elle en fait des tonnes, pour un résultat bien en deçà des promesses annoncées.
Comédie burlesque, basique puis romantique, Prête-moi ta main peine à trouver sa place puis choisit la moins bonne. Le scénario bancal aurait pu être prétexte à un joyeux délire. Il se laisse aller au contraire à l'évidence du cliché. Une option facile et qui ne paye pas.
Une bataille, la photo d'un drapeau hissé qui fait le tour du monde, et soudain quelques combattants américains deviennent des héros. Clint Eastwood nous donne rendez-vous avec une histoire vraie qui va plus loin que pas mal de fictions. Résultat à l'écran : un film imparfait mais objectivement critique et profondément humain.
Avec son quatrième long métrage, Michel Ocelot accomplit deux miracles : d'une part, il utilise l'informatique pour engendrer un objet qui ne doit rien aux habituelles grosses productions ; d'autre part, il produit des couleurs et des sons d'une richesse telle qu'elle touche au vertige des sens. Azur et Asmar chante ainsi la beauté des contraires, de manière originale et unique.
Dernier volet d'une trilogie « des perdants » débutée par Au loin s'en vont les nuages et poursuivie par L'Homme sans passé, Les Lumières du faubourg développe le thème de la solitude urbaine en creusant un peu plus le sillon formel qui fait la signature de Aki Kaurismaki. Malgré la beauté du désespoir qui habille certains plans, l'ensemble, linéaire et sans surprise, laisse le spectateur sur le bord de la route.
Malgré nos a priori en regard du casting et du sujet, le premier film de Jacques Fieschi a su tirer le meilleur parti de ce que le scénariste, devenu pour l'occasion réalisateur, maîtrise le mieux : une caractérisation forte et ciselée des failles intimes. A défaut d'imposer un vrai style en marge d'un certain cinéma d'auteur français centriste, La Californie trouve sa tonalité propre.
Alfonso Cuaron, cinéaste inspiré qui compte à son actif Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban et Y tu Mama Tambien, change de registre. En adaptant l'unique roman de science-fiction de P.D. James, il réalise un formidable film de course-poursuite et impose une vision forte et réaliste d'un monde en déliquescence. A cent lieues du fantastique ou du merveilleux, il nous plonge dans une société asphyxiée et à bout de course... Toute ressemblance avec des éléments existants n'est pas fortuite.
Qui n'a pas rêvé, un jour, de dire leurs faits aux puissants qui oppriment ? La confrontation avec ceux qu'on souhaite épingler est souvent chimérique, voire utopique. Abderrahmane Sissako fait pourtant de ce fantasme l'objet principal son dernier film. A Bamako, dans la cour à palabres d'un village, il dresse un vrai procès - bien qu'idéaliste - de ceux qu'il considère comme les profiteurs de l'Afrique.
Eric Rochant nous avait habitués à mieux, à bien mieux. Mais passé un début laborieux, bourré de clichés, on se laisse prendre par les détails et le regard attentif aux petites vérités de chacun. L'Ecole pour tous, à défaut de faire vibrer nos écrans blancs, redonne de la couleur au noir tableau de nos classes.
Prenez un best-seller dont l'adaptation a découragé plus d'un réalisateur. Mettez le entre les mains d'un metteur en scène (Elie Chouraqui) de films vite oubliés et de comédies musicales pataudes. Vous obtiendrez un objet qui passe à côté de son sujet, simpliste et sans envergure, malgré toutes les bonnes volontés déclarées.
Certains films restent parfois mystérieusement invisibles (voir notre rubrique Films perdus). C'était jusqu'à peu le cas de ce premier long métrage de Gus Van Sant, tourné dans la semi-illégalité et auréolé d'une réputation mythique. Véritable découverte, Mala Noche porte en lui la grâce incertaine du premier film, ainsi qu'en germe l'œuvre protéiforme et lumineuse d'un cinéaste sans pareil. Un bijou.
Le couple, l'amour, le désir, le choix... Au cœur de vacances en couleurs, ces questionnements prennent corps en filigrane, doucement mais sûrement, habitant l'ombre et le reflet de toute chose pour s'imposer sans forcer. Ça s'appelle L'Homme de sa vie, c'est sans tabou et c'est griffé Zabou, la reine de la justesse émotionnelle.
Et si au lieu d'un sympathique film pédagogique sur la catastrophe climatique, le film de Davis Guggenheim dressait sans le savoir le terrible portrait du monde à partir de celui d'un homme, Al Gore ?
Au Festival de Cannes 2006, Dans Paris de Christophe Honoré (Lire l'entretien) a fait souffler un vent nouveau sur la Croisette, mettant d'accord les critiques parisiens les plus obtus et les midinettes cannoises. L'explication est bien simple : avec ce troisième long métrage, Honoré trouve un accord majeur entre le passé - soit la Nouvelle Vague - et le présent, se promenant dans l'un pour mieux se retrouver dans l'autre. Servi par des acteurs flamboyants, Dans Paris s'amuse de tout, et beaucoup. Promenade de corps en décors, dans un territoire redécouvert : le cinéma.
Supporter la vulgarité et l'exhibitionnisme d'Asia Argento et ne pas être hermétique au folklore tsigane : voici les conditions sine qua non pour se laisser prendre par le nouveau film de Tony Gatlif. Si l'image de l'actrice hurlant telle une hystérique dans les plaines transylvaniennes enneigées ne provoque ni rejet ni désintérêt, alors le film réussira son pari : faire partager l'errance et l'abandon de soi, la liberté retrouvée au contact d'une musique, d'une terre et de ses habitants.
Premier film intriguant d'un acteur singulier, Le Pressentiment déconcerte. Jean-Pierre Darroussin, devenu pour l'occasion acteur-réalisateur, incarne un héros absent, sans prise au monde, qui flotte avec délicatesse entre deux univers qui lui sont étrangers. Mystérieuse, cette adaptation d'un roman d'Emmanuel Bove publié en 1935 laisse libre cours à l'interprétation et se distingue par l'évocation drôle, colorée et sympathique de la vie d'un quartier populaire.
Publié en 1985, Le Parfum de l'allemand Patrick Suskind est devenu un classique. Il a été vendu en 15 millions d'exemplaires et traduit en 45 langues : voilà un succès qui justifie à lui seul l'idée d'une adaptation cinématographique. Pour autant, il aurait été préférable que celle-ci débouche sur un film ayant sa propre raison d'être. Malheureusement, le résultat n'est qu'une simple illustration du livre, vaine et sans aucune saveur.
Oser dire ce que d'autres voudraient cacher. Jamel Debbouze, Samy Nacéri, Roschdy Zem, Sami Bouajila rendent hommage à leurs ancêtres oubliés. Mettent le doigt là où ça fait mal. Un film douloureux, discutable (lire le point de vue de Manuel Merlet qui dénonce une certaine manipulation), mais nécessaire, tant « il met des mots sur des non-dits », avec force et humanisme.
De la télé au grand écran, David Frankel transpose les turpitudes de la vie de bureau à l'univers de la mode, et dessine avec Le Diable s'habille en Prada le portrait du pouvoir féminin, entre séduction et sacrifice. Une comédie rythmée, portée par une sidérante Meryl Streep, mais qui pêche toutefois par une tiédeur toute US et un certain manque d'humour noir.
Le titre est beau, fluide et littéraire. On songe à Balzac et sa comédie humaine. Il est effectivement question d'un microcosme, d'un groupe d'arrivistes où règne le terrorisme intellectuel et où chacun essaie de posséder l'autre. Mais cette amitié, est-elle aussi maléfique que le titre voudrait nous le faire croire ? Emmanuel Bourdieu peine à répondre.
Sans être à proprement parler un film politique, Président de Lionel Delplanque est une réflexion juste - mais un peu frustrante - sur l'exécutif français sous la cinquième République. Albert Dupontel y est convaincant en homme d'Etat pétri de contradictions.
Adaptant le témoignage de deux des derniers survivants des décombres des Twin Towers, Oliver Stone fait de World Trade Center, second film à épouser frontalement les événements du 11 septembre après Vol 93, une œuvre ambiguë. Derrière son apparence patriotique et son attachement aux valeurs familiales se cache peut-être une vision critique de l'Amérique post-09/11 et de ses héros.
Dans la lignée d'Institut Benjaminta, premier long métrage après un fructueuse carrière dans le court, les frères Quay poursuivent leur parcours atypique et mystérieux. Sorti du plus profond d'un rêve fou, L'Accordeur de tremblements de terre est une nouvelle promenade en un pays très étrange et étranger, un conte baroque et une histoire d'amour tarabiscotée. On s'y perd sans toujours s'y retrouvrer.
Les Aristos, une comédie mordante sur l'aristocratie désargentée et décadente ? On aurait adoré. Malheureusement, Charlotte de Turkheim pense faire dans l'auto-dérision, et tire à côté.
Le film Les Anges exterminateurs de Brisseau avait fait l'objet d'une chronique à Cannes. Nous en reprenons un extrait ci-dessous, et vous invitons à la lire in extenso à cette adresse sur le blog Cinéma.
Grâce la finesse du jeu des acteurs et ses changements de cap permanents, Quand j'étais chanteur réussit là où Podium et Jean-Philippe échouaient. Une excellente surprise.
Avec A scanner darkly, d'après Substance Mort, Richard Linklater réussit une adaptation de Philip K Dick cohérente... et bavarde. Car si la plongée schizophrénique et critique est habile, le cinéaste se perd dans de longs tunnels qui empêchent son film de s'épanouir visuellement.
Aide-toi et le ciel t'aidera, Bangkok Dangerous, Be Happy, Brothers Bloom, Fracassés, L'Autre moitié, La Belle de Moscou, La Meilleure façon de marcher, Le Silence de Lorna, Leur morale... et la nôtre, Pékin central, Rien que pour vos cheveux, Spirits, Star Wars: The Clone Wars, Un mari de trop
Les films de la semaine prochaine
Baby Love, Christophe Colomb, l'énigme, Der Baader-Meinhof Komplex, Inju, la bête dans l'ombre, Intrusions, Joy Division, Le Sel de la Mer, Manipulation, Martyrs, Tropa de Elite - Troupe d'élite
Ingrid Bergman / William Friedkin / Joel Schumacher / Emilie Dequenne /
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Zoom sur
Les frères Dardenne / Mike Leigh / Agnès Jaoui / Louise Bourgoin / Christian Bale / Manoel de Oliveira / Jean-Pierre Bacri / Heath Ledger / Spike Lee / Jean-Claude Van Damme / Michel Houellebecq / Scarlett Johansson
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