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Coproduit par la chaîne franco-allemande, une première version de ce film a été diffusée il y a quelques mois sur Arte, sous le titre "Les Cadets de Gascogne". Démontrant qu'un montage change tout quand bien même les plans montrés sont rigoureusement identiques, Emmanuel Bourdieu nous a réservé une version des plus enthousiasmantes pour la sortie en salle.
On avait déjà tiqué au premier opus réalisé par Mathieu Kassovitz. Dans cette adaptation du roman éponyme de Jean-Christophe Grangé, la délicatesse torve de Jean Reno était adoucie par la finesse de Vincent Cassel. Là, Olivier Dahan est à la caméra et Luc Besson a mis ses pieds dans le scénario : question subtilité, on repassera !
Loin de ces films communautaires où le cinéma sert la défense d'une idée ou d'un combat, "Le Cerf-Volant" est une histoire de frontières. Au cœur d'Israël et de la guerre des territoires, une belle jeune fille passe à l'âge adulte…
Après le Patient Anglais (1996), Anthony Minghella revient sur les écrans avec un film épique. Retour à Cold Mountain entraîne des acteurs époustouflants dans les affres de l'amour en temps de guerre.
"Loosy", dixit Jan Kounen. Adapté de la bande dessinée éponyme de Jean Giraud (alias Moebius) et Jean Michel Charlier, "Blueberry (le film) s'inspire paraît-il de deux albums "La mine de l'Allemand perdu" et "Le spectre aux balles d'or". Trahi par la prise de trop de substances illicites, Kounen signe un western joyeusement bordélique et pseudo-psychédélique totalement éloigné du projet initial. Une sorte d'objet atypique et casse gueule dans le paysage du cinéma français.
To be (Cloclo) or not to be (on TV) : la nouvelle comédie philosophico-cathodique, avec Benoît Poelvoorde. Le romancier Yann Moix (Anissa Corto, 2000) signe avec Podium son premier long métrage : version ciné de cette histoire déjantée de sosie de Claude François, qui était déjà le sujet d'un livre homonyme.
« Jeepers Creepers » est un peu la matérialisation et la synthèse de tous ces monstres venus de l'enfance. Le premier film nous avait emmenés sur les routes de campagnes américaines paumées, entre souvenirs de « Massacre à la tronçonneuse » et « Duel ». Il se résumait à une implacable course poursuite qui emprisonnait ses protagonistes dans un espace revenant irrémédiablement au même. Ce deuxième opus est l'occasion d'une radicalisation quasi abstraite du dispositif, et la confirmation d'un nouveau venu dans le cinéma d'horreur, à suivre de près.
Retour sur l'enlèvement suivi d'assassinat de Aldo Moro, un drame qui a bouleversé l'Italie en 1978. D'un côté à l'autre des Alpes, le film ne sera pas perçu ni compris de la même manière. Néanmoins le regard de Marco Bellochio a su se déplacer de l'historique pour parler de l'individuel et ainsi poser, à travers ce titre en forme de contradiction, l'éternelle question du comment être au monde quand celui-ci vous révulse.
L'histoire d'amour entre le PAF et le piaf, trublion roi de la déconne, suit son cours. Après La Beuze de Thomas Sorriaux et François Desagnat, Michaël Youn le film. Ses rires incisifs se gravent en nous et n'émeuvent pas : ils marquent.
Comment, à partir d'un personnage d'esthète épris d'absolu, le réalisateur Gilles Bourdos fait basculer le film dans un univers de thriller ? Par la rencontre de l'amour, mais pas seulement. Une immersion sobre et plutôt réussie dans la psyché obsessionnelle d'un étudiant devenu grand.
« Massacre à la tronçonneuse », un titre inoubliable qui reste marqué d'une aura indélébile pour quiconque est né au milieu des années 70. Voilà qu'il ressurgit près de 30 ans plus tard sous la forme d'un « remake ». Aux commandes, un inconnu nommé Marcus Nispel et, à la production, Michael Bay, grand pape de l'école Bruckheimer, commissaire en chef de la vulgarité.
Comme on dit des événements décisifs, il existe un avant et un après Turning gate. Avant : une mélopée asiatique, floue et incertaine, entre les récentes volutes phosphorescentes de Hou-Hsiao-Hsien et l'hypnotique et fantomale Shara de Naomi Kawase, hélas encore inédit. Après : l'instant d'une certitude. Extatique, Turning gate : un mirage de cinéma. Et désormais, un point de non-retour.
Le cinquième film d'Arnaud Desplechin sort en catimini. Présenté à Cannes en ouverture de la sélection Un Certain Regard, sous forme de brouillon prémisse d'un autre film à venir, il arrive aujourd'hui sur nos écrans dans quelques salles et sans promo, au lendemain d'une diffusion sur Arte. On peut alors légitimement se demander si le déplacement vaut la peine...
Siegfried n'a qu'un prénom pour se défendre, imposé, il demande tout de suite une connivence, une intimité obligée qui peut parfois déranger. La pose agace et peut paraître prétentieuse, mais on aurait tort d'ignorer ce cinéaste aux accents libertaires. Si Sansa offre le portrait d'une errance bohème, il pose modestement quelques questions cruciales, celle de la place de l'artiste dans la société et de ce que peut faire un citoyen du monde…
Amira Casar, nue sur un lit, parle face à Rocco Siffredi. Elle est belle, impliquée, intense. Lui, l'étalon italien du moment, exerce ses habituels « talents ». Mais, au bout du compte, tout ça n'a guère d'importance. Seule compte la voix de Catherine Breillat. On pourrait la croire insoutenable. Elle est juste insupportable, autrement dit ennuyeuse.
Un premier film très réussi : où l'ascension sociale va de pair avec l'irrésistible perte de soi.
Grand Prix au Festival de Cannes, Prix d'interprétation masculine pour ses deux acteurs, Uzak de Nuri Bilge Ceylan fait l'unanimité. Si le plébiscite critique amène parfois à la méfiance, qu'on ne s'y trompe pas, ce film est bien un petit chef d'œuvre. Une oeuvre de voyage, universelle et silencieuse, sur notre temps, un temps de proximité distante, de déconnexion à l'autre et d'isolement.
Avec ce dernier film de Matteo Garrone, présenté à Cannes en 2002, on peut enfin découvrir un cinéaste italien resté mystérieusement confidentiel malgré ses trois précédents films. Il nous livre un film fiévreux, de zones d'ombres en halos de détresse. L'étrangeté s'infiltre ici dans la forme du road movie, jusqu'à en diluer la couleur et les contours dans le fantastique.
Nous sommes en 1876 et le Cruise ressuscité sauve l'honneur de la grande Amérique. Les sabres rencontrent les canons des fusils, la brume se lève autour des cerisiers en fleurs. Sous le regard de Edward Zwick, Tom, l'acteur aux beaux pectoraux, redore le blason d'un pays qui aurait perdu son âme dans la vénalité et le commerce. Pendant ce temps, en 2003, en Irak…
Lost in translation est une errance ultra chic à Tokyo, que Sofia Coppola filme avec le regard d'une jeune femme au goût très sûr, pointu et résolument moderne. Entre mode ou pub, histoire d'amitié ou d'amour, empire des sens ou empire des signes, son film est toujours entre, au milieu, à une mesure infinitécimale où l'émotion naît de manière fugace, fugitive, poignante et lacrymale.
Après le beau succès remporté par La faute à Voltaire, son précédent film, Abdellatif Kechiche a été repéré. S'il n'a pas la rage au ventre apparente d'un Mathieu Kassovitz, ni la haine d'un Jean-François Richet, il semble plus serein, plus solide, déterminé à filmer aussi le beau côté des cités. S'emparant d'un des piliers du Théâtre Classique, il démonte les préjugés et montre tout simplement qu'entre hier et aujourd'hui, peu de choses ont changé…
Mathieu Kassovitz est un personnage sympathique. L'œil séducteur, grande gueule, il donne l'impression de n'avoir besoin ni des médias, ni des spectateurs. Toujours dans le juste, le novateur, le dérangeant, ce cancre fils de bobos monte au créneau pour défendre sa vision du monde - quitte à paraître souvent juvénile et manichéen. Difficile dès lors de ne pas aimer un film de ce gentil rebelle… Heureusement Gothika est là pour nous prouver le contraire.
Master and commander est un film d'un autre temps. Davantage qu'un retour en arrière ou l'éventuel maniérisme d'un genre que l'on voudrait faire renaître, c'est du cinéma qui nous vient d'ailleurs, non d'Hollywood où s'écrit chaque jour l'Histoire de l'Amérique et désormais du monde, mais presque d'un lointain souvenir. Plus qu'un fracassant film d'aventures tel que l'on n'espérait plus en revoir, c'est une immersion sauvage et vivante au cœur de la bataille, celle de la lutte des hommes à la conquête du monde, des idées, de la liberté.
Malgré les apparences et le titre hitchcockien, il n'y a aucun cadavre inaugural dans Qui a tué Bambi ?. Cette mort annoncée donne faussement le ton et joue à cache-cache avec le spectateur, qui attend que se réalise le meurtre promis par le titre. Et on attend bien trop longtemps, au rythme des piqûres... comme dans un épisode un peu lent d'Urgences.
Dernier volet de la trilogie médiévale mystique et new age de Peter Jackson et son armée d'infographistes, maquilleurs et autres spécialistes en effets spéciaux, Le retour du roi sonnera sans doute le glas comme il se doit pour ses fans. Pour ceux qui ont cherché désespérément un peu de cinéma dans les précédents, la promesse de voir enfin se réaliser sous leurs yeux un projet à la hauteur de ses ambitions ne sera guère encore tenue, à quelques exceptions près.
Premier film éblouissant, Le Retour nous conduit dans un pays où la violence des hommes et celle de la nature fusionnent dans une matière filmique d'une rare intensité. A travers les relations tendues entre deux enfants et leur père, Andreï Zviaguintsev réalise un conte dans la grande tradition : cruel et drôle, à la frontière où le fantastique côtoie le quotidien. Une révélation.
Pierre Salvadori nous avait habitués à des comédies drolatiques et intimistes. Les Apprentis, bourré d'un savoir-faire artisanal nous avait pour le moins étonnés, tant par son scénario que par sa direction d'acteurs. On s'était alors dit qu'il fallait suivre Salvadori. Aujourd'hui on s'en mord un peu la langue.
Réunion de trois récits signés Ladislas Starewitch, ce film brille d'un éclat que quatre-vingt ans d'ignorance et d'oubli ne sauraient effacer. Composé d'enluminures artisanales, précis et enchanteur, plein de trouvailles, il décline un merveilleux envisagé, grâce à la voie du rêve, comme prolongement du réel.
Bugs Bunny peut retourner dans son terrier. Roger Rabbit n'est pas en passe d'être détrôné. La rencontre de Joe Dante, le garnement indiscipliné et nostalgique des séries B d'antan, avec l'univers des « tunes » promettait d'être explosive. Ce n'est en fait qu'un pétard mouillé. Une ou deux séquences brillent de mille feux, au milieu d'une bien triste machine opportuniste.
Richard Curtis, après avoir signé les scénarios de Quatre mariages et un enterrement, Notting Hill et Bridget Jones, passe derrière la caméra et nous offre un film choral à 22 personnages principaux. Alors bien sûr, il y a Hugh Grant, ça se passe à Londres, ça commence sur un décès et un mariage, on rit, on pleure, ça a comme un petit air familier. Et en fait, on se fait bien avoir.
Ce film avait été annoncé comme le grand retour d'un cinéaste italien perverti par Hollywood et son lot d'épopées mièvres. Las ! Seuls quelques plans historiques - citations cinéphiliques d'A Bout de Souffle, de Mouchette, musique des 400 Coups… donnent quelques frissons. Mais ni la mise en scène, ni le scénario, ni même les jeunes acteurs à qui on prédit pourtant le destin de stars bohèmes, n'épargneront le spectateur de l'ennui.
Le nouvel opus de Kiyoshi Kurosawa brouille encore les pistes. Nous rapprochant de l'univers métaphorique et onirique de Charisma, Jellyfish (Bright Future) est une ballade sombre et douce, gracieuse comme les méduses qui le peuplent. Et une magnifique ode à la réconciliation.
Deux semaines après sa sortie, le Monde de Nemo totalise déjà plus de 3,5 millions d'entrées en France : retour sur le chef-d'oeuvre d'animation des studios Pixar, qui fait plonger petits et grands dans un Grand Bleu multicolore.
Œuvre modeste et géniale, inattendue et hilarante, Pas de repos pour les braves est sans nul doute la preuve implacable d'un cinéma français qui aurait enfin fait le deuil de toute une certaine paternité stérile, dont on ne le croyait plus capable d'en sortir.
Après trois « remix » virtuoses, Quentin Tarantino, aka DJ KT (prononcez "Kwtee") nous sert une compilation de films asiatiques et de western spaghetti. Quand, hier, il s'appropriait la matière des autres pour la faire sienne, aujourd'hui, il s'amuse à aligner les références. Mais le plaisir reste au rendez-vous, en particulier par un art de la rupture qui, tout en perdant peut-être en finesse et humanité, reste très efficace. On attend la suite avec impatience pour vérifier si le Quentin nouveau fera le printemps 2004.
Avec son emballage rose bonbon (titre, affiche et slogan), on risquerait presque de passer à côté du nouveau film des frères Coen. Ce serait dommage...
Enfermée dans son silence, arrêtée un instant, presque pour l'éternité, sur les marches d'un couloir de métro, cette femme, isolée du monde tumultueux, en a gommé toutes traces. Oubliées les injonctions extérieures et les chahuts agressifs qui traversent brutalement la vie..
Qui a entendu parler des Funk Brothers? Le documentaire musical de Paul Justman, bardé de bonnes intentions, entend rendre à César ce qui est à César, et remédier à cette grave lacune de la mémoire collective.
C'est quoi l'amour sinon le souvenir de quelque chose ? Une image peinte quelque part, par on ne sait qui, ni vraiment pourquoi. Une Oasis, terre idéale et sauvée du désert, hors du monde, où peuvent venir se concrétiser les rêves et les passions de deux êtres, éloignés du regard des autres.
Après L'Ultimo bacio, Gabriele Muccino, aidé ici par Heidrun Schleef, scénariste de La Chambre du fils de Nanni Moretti, propose avec Souviens-toi de moi un cinéma adulte au ton aigre-doux. Dans cette chronique familiale, chaque personnage se contemple cruellement devant la glace et se renie. Fresque minimaliste, le film touche par ses notes justes et sa logique du flux, en ligne directe avec une certaine Italie en crise.
La Felicità : Le bonheur ne coûte rien: le titre du nouveau Calopresti, à la VF encore vaguement bilingue, milite pour on ne sait trop quoi.
Diffusé à peine six mois après Dolls, le dernier film de Kitano mêle avec adresse poésie et violence. Juste avant la sortie en France en novembre, compte-rendu à l'issue de la projection au Festival de Venise 2003.
Ceux qui ont aimé aimeront. Ceux qui n'ont pas aimé n'aimeront pas plus. Matrix Revolutions, passé l'effet de surprise du premier puis l'effet de complexification du second, se retrouve bien démuni avec son récit inextricable et ses trop nombreux personnages.
La course au bonheur de deux réfugiés afghans, qui sont prêts à tout pour un ailleurs, forcément meilleur. Un film-choc, récompensé d'un Ours d'or à Berlin 2003.
Avec No pasaràn, album souvenir, Henri-François Imbert raconte l'histoire des réfugiés de la guerre d'Espagne et revient dans un registre qui est le sien : la reconstitution d'un passé, d'un parcours, à partir de bribes de souvenirs. Ce qu'il ne fait pas sans talent. Ni sans gnan-gnan.
Avec Anything Else, Woody nous rejoue une fois de plus son parfait petit Allen illustré : aphorismes désabusés, psychanalyse, intellos New Yorkais terrorisés par des femmes hystériques, tous les ingrédients sont réunis. Un petit univers qui connaît la crise, mais qui tourne cette fois encore à vide.
Le nouvel opus de Jean-Pierre Mocky, adapté d'un roman de Lou Cameron, s'en donne à coeur joie : plaisir d'un réalisateur qui joue comme un gamin avec ses références, plaisir des comédiens qui tirent sur la corde quitte à ce qu'elle leur claque à la gueule, il s'en faut de peu pour que le plaisir des spectateurs soit à la hauteur d'un exercice de style, ludique, mais poussif au final.
L'adaptation cinématographique du roman de Philip Roth, La Tache, par Robert Benton fait pâle figure au regard des 600 pages originales. Une intrigue édulcorée, raccourcie, qui se révèle finalement bien fade.
Pourquoi Hollywood accueille-t-il des petits maîtres de Hong Kong si c'est pour leur offrir des projets aussi pitoyables que cette rencontre entre Freddy Krueger et Jason Voorhees, les deux stars implacables du « slash movie » ? Malgré son épisodique talent, Ronny Yu a bien du mal à sauver du naufrage cette opportuniste séquelle.
Si on comprend mal les deux prix attribués à Cannes aux Invasions Barbares et l'absence de récompense pour le magnifique Mystic River, ceux remis à Elephant nous réconcilient avec un jury bien frileux. Elégiaque et funèbre, rêveur et terriblement concret, ce film, après le sublime Gerry, nous confirme que Gus Van Sant a atteint une puissance de mise en scène, une plénitude qui confine au sublime.
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