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La Soledad ne révèle son sujet qu'entre les lignes, laissant au spectateur le soin de combler les vides. Il faut du courage pour survivre à cette forme radicale, mais légitime, qui s'avère plus intéressante que passionnante.
Drame historique plein de bravoure et de bons sentiments sur un humanitaire précoce, Les Orphelins de Huang Shi s'avère surtout assez insipide, au point de se demander si Roger Spottiswood, son réalisateur, ne travaille pas pour une association pour la paix dans le monde.
JCVD est une déception, non pas pour l'acteur, formidable et touchant dans ce déballage lucide sur lui-même, mais pour tout le reste, son allure de polar bâclé à l'esthétique clinquante et pénible.
On évite d'habitude d'employer l'expression, mais on ne sait comment le dire autrement, Sparrow est un chef d'œuvre. Johnnie To y retrouve l'élégance de ses films les mieux stylisés avec une allure folle.
Un premier long métrage imparfait, malgré un casting solide et un scénario récompensé. Trop ambitieux, peut-être. Décevant, sans aucun doute.
Comment parler d'argent pour en faire beaucoup sur le dos des foules qui rêveraient d'en gagner autant ? En signant un film à gros budget, aussi creux et vide de sens qu'efficace et divertissant. Ladies & gentlemen, bienvenue à Las Vegas.
Véritable véhicule promotionnel pour une Sarah Jessica Parker en voie d'extinction, Sex and the City a perdu toute sa verve en passant au cinéma. Ne reste qu'une comédie romantique faiblarde noyée dans le luxe et une maigre réitération des enjeux de la série.
Récompensé au festival de Berlin 2006 (Grand prix du jury et Meilleur premier film), Soap évite les pièges d'un sujet casse-pipe et diffuse un charme persistant grâce à sa délicatesse de ton.
Maradona par Kusturica, documentaire sur l'ex Dieu des stades aussi attendu par les férus de foot que par les admirateurs du cinéaste serbe, aurait pu se contenter d’une diffusion télé introduite par Gérard Holtz.
Outre-Atlantique, Grace is Gone n'a pas dépassé le circuit des festivals indépendants, Sundance en tête. Le signe d'un film engoncé dans sa vision limitée d'un sujet cherchant à surfer sur l'actualité sans vraiment oser aller jusqu'au bout de ses parti pris.
Tentative respectable de greffer vampires et film noir hérités des classiques, Rise réussit, malgré ses nombreuses faiblesses et son allure un peu cheap, à imposer sa tonalité tout en offrant à une Lucy Liu « so sexy » un premier rôle principal pas déshonorant.
Rien n'arrête Harrison Ford, pas même une explosion nucléaire. Comme à son habitude, Spielberg excelle à mélanger les genres, sans qu'on ait le temps de s'interroger sur la cohérence de l'ensemble de ce quatrième volet des aventures d'Indiana Jones... qui n'a d'ailleurs aucune importance. Il faut que ça pulse, et ça pulse bien.
Le nouveau film de Desplechin ressemble beaucoup à un film de Desplechin, et on ne sait pas vraiment si c'est un bien. Avec son côté suranné parce que trop (bien) écrit, son aspect (trop) français parce que bavard et centré sur des secrets de famille, on retrouve comme souvent chez lui les thèmes de la descendance, du fils et de l'héritage.
Epurée, magnifiquement éclairée, la nouvelle réalisation d'Eastwood est d'une grande fluidité. Le papy de Hollywood construit un discours sur le pouvoir, les rapports de force, la liberté individuelle et la démocratie dans une mise en scène en apparence simple et classique, pourtant truffée de trouvailles de mise en scène.
Fresque fleuve de 3h sur deux générations, Nés en 68 ne risque pas de provoquer une prise de conscience des élus UMP travestissant l’héritage de mai. En voulant faire un film bilan, Ducastel et Martineau ne réussissent qu’à enfiler poliment les clichés.
Aéré, souriant, plein des couleurs vives de l'Espagne, Vicky Cristina Barcelona est un divertissement délicieusement écrit, un peu bavard mais pas trop, qui a déclenché les rires complices d’un public conquis d’avance.
Rêverie macabre et fable sur la culpabilité, Quatre nuits avec Anna marque le retour du cinéaste Jerzy Skolimowsky, qui livre à la face du monde une oeuvre aussi troublante qu'irradiée d'intimité.
Blindness, présenté en ouverture du 61e festival de Cannes, est un film catastrophe minimaliste qui occulte aussi bien la question du pourquoi de la situation que du comment de sa résolution.
Course automobile, patinage artistique, désormais basket, Will Ferrell s’est fait le champion de la sports-comedy. Inutile d’attendre toutefois un miracle, sauf pour ses défenseurs hardcore l’acteur réussit à peine à sauver ce Semi-Pro.
Inutile d’espérer, Le Journal d’une baby-sitter ne capitalise pas sur son atout sexy : Scarlett Johansson. Entre la chronique sentimentale et sociologique, le film de Bergman et Pulcini s’impose gentiment, et c’est plutôt un mal pour un bien.
Alors que s'ouvre la 61e édition du festival de Cannes sort en salles Enfances, un film à petit budget qui rend un bien bel hommage au Cinéma et ceux qui l'ont fait.
Premier long métrage tourné avec un téléphone portable à sortir en salles, J'aimerais partager le printemps avec quelqu'un est une émanation du Forum des images. Un journal filmé au portable et diffusé sur grand écran - une expérience intimiste sur le fond et éminemment populaire dans sa forme, qui interroge au passage les frontières du cinéma.
De l’Argentine en crise de 2002 à celle de la dictature militaire, Lucia Cedron navigue sans perdre le fil d’une histoire complexe. Dense, mais compréhensible, son premier film maintient un suspens psychologique remarquable.
Pour son premier film, l'acteur Stuart Townsend ressuscite les évènements de Seattle en 1999 et nous révèle son admiration pour la révolte altermondialiste. Un film hommage naïf, assez mal foutu et aux troublants relents de Bloody Sunday.
A travers l’évocation du scandale des Groupes Anti-terroriste de Libération (GAL), Miguel Courtois remue les plaies de la lutte anti-terroriste espagnole et soulève des questions qui restent d’actualité.
Curiosité sur la Croisette, le célèbre scénariste Charlie Kaufman (Dans la peau de John Malkovich, Adaptation, Eternal Sunshine of the Spotless Mind...) présentait son premier film en tant que réalisateur, Synecdoche New York. Son scénario est aussi sinueux et complexe que ses précédents.
Laurent Cantet (Ressources humaines, L'Emploi du temps) adapte le roman du protéiforme François Begaudeau (professeur, journaliste, auteur et, maintenant acteur), et c'est une réussite stimulante. Souvent drôle, il évite globalement le piège de la condescendance.
Il est difficile d'évaluer ce que donnera, au final, ce Che dans sa version définitive. Espérons que Soderbergh saura tailler un minimum dans son récit fleuve qui, de toute façon, sera présenté en deux parties distinctes. La première montre l'arrivée d'Ernesto Guevara à Cuba et l'opération de guérilla que lui confie Castro afin de renverser Batista. C'est une ascension. La seconde relate plutôt la chute.
Après avoir décortiqué la fin d'un couple dans son versant réaliste puisqu'il se mettait en scène (Les Climats), Nuri Bilge Ceylan recommence en s'appuyant sur la mythologie chinoise. Les trois singes du titre font référence aux singes de la sagesse porteurs de la maxime « Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire», des préceptes censés préserver du mal celui qui les applique.
A l'image de son titre, La Frontière de l'aube repose sur un équilibre précaire, à la limite du magnifique et du ridicule. Il reste au final l'émanation d'une forme poétique, si rare au cinéma, que revendique et assume pleinement Philippe Garrel.
My magic pourrait n'être qu'une suite de tours sans intérêt si la mise en scène d'Eric Khoo ne leur conférait, malgré la répétition, une poésie toujours nouvelle.
Tentant de mettre ses thématiques de prédilection au goût du jour, Atom Egoyan traite avec Adoration du terrorisme et de la place d'Internet, par le biais du trouble identitaire d'un adolescent. Mais la mollesse de l'ensemble pointe lourdement les limites d'un système éculé.
Pablo Trapero pose pour Leonera sa caméra dans une prison de femmes et observe, à travers le personnage magistralement interprété par Martina Gusman, cet univers clos avec une précision documentaire, dans une remarquable mise en scène.
Le nouveau film de Walter Salles plonge dans le quotidien d'une mère et de ses quatre garçons. Elle est seule et enceinte, ils sont apprenti évangéliste, aspirant footballeur, à la recherche d'un père « trop noir » ou déjà papa sans le sou. Ils illustrent, sans crainte du cliché, difficultés et rêves du Brésil d'aujourd'hui.
Pour son deuxième film, Albert Serra met en images la légende des Rois Mages. Dans un somptueux noir et blanc, le cinéaste fait se côtoyer le grandiose et l'absurde, célébrant les silences et les paysages.
Si la thématique de 24 City - l'exploration de la Chine contemporaine - est une constante chez Jia Zhang-Ke (dont l'oeuvre était, rappelons-le, encore récemment censurée par le régime), le procédé, lui, est novateur : ni fiction comme Still Life, ni documentaire comme Useless, ni véritablement mélange des deux, 24 City fait intervenir des anonymes, mais aussi des acteurs jouant des anonymes, pour raconter la transformation d'une cité ouvrière en complexe résidentiel et la nostalgie et les déchirures qui en découlent.
Dans une forme proche du documentaire, Claire Simon immerge ses actrices glamour dans le quotidien du planning familial, vu comme un des derniers lieux d'écoute des femmes françaises. N'hésitant pas à étirer les séquences, Les Bureaux de Dieu sonne au final comme une œuvre assez sincère.
Il n'y a ni mafia, ni truand dans le nouveau James Gray, qui a donc de quoi déstabiliser. Si l'on doit rechercher des constantes, on les trouve plutôt du côté du poids familial qui entrave l'accomplissement personnel et de l'impossibilité de s'affranchir de son milieu, ici une famille commerçante juive de New-York.
Avec son casting branché et son sujet existentiel, De la guerre sentait le soufre. Las, Bertrand Bonello tombe dans l'auto-référence et finit par passer à côté de son sujet...
Décrivant la vie d'une entreprise de réparation de palettes, Dernier maquis est surtout une brillante galerie de caractères, observant avec un oeil acéré le pouvoir de la parole et l'universalité des luttes quotidiennes.
Un russe, un meurtre et une noirceur globale auraient pu poser les éléments d'un thriller... mais c'est bien l'habituel réalisme social des frères Dardenne que l'on retrouve, avec, avouons-le, un a priori positif. Il est des formes cinématographiques rares et utiles qu'il semble importante de voir perdurer et ils en sont de très bons représentants.
Il est passé par des centres de redressement et la prison. Il aurait violé. Il a mangé deux fois l'oreille du même adversaire. Il aime les belles femmes, les orgies et casse la gueule à qui le cherche d'un peu trop près. Et pourtant, à l'issue de la projection du documentaire de James Toback, Mike "The Beast" Tyson paraît touchant, presque sympathique... même si vous n'en feriez probablement pas votre gendre sans une légère réticence.
Brillante Mendoza s'est fait remarquer pour John John, considéré par certains comme l'un des plus beaux films de 2007. On attendait donc Serbis avec une vraie curiosité. Hélas, même si l'on pressent à chaque plan la qualité de celui qui se trouve derrière la caméra, un désintérêt poli finit par s'installer.
Même s’il finira par se tarir, le filon des super héros au cinéma continue avec Iron Man. Belle entrée en scène pour cette nouvelle tête de la Marvel, Favreau livrant un film simple mais efficace avec un Robert Downey Jr drôle, sexy et toujours juste.
Présenté à Sundance en 2007, Joshua transforme La Malédiction en drame psychologique tout en dynamitant les liens si naturels de la famille. Pas une réussite mais un film habité par son ambiance et sa volonté de détruire de l’intérieur les schémas.
Attention, film piège. On vous aura prévenus, Deux jours à tuer n’est pas celui qu’on croit, en revanche Jean Becker oui, il n’a pas changé et s’il veut faire illusion, c’est pour mieux revenir à ses bases.
Adaptant un scénario sur le football américain, George Clooney veut réhabiliter la légèreté glamour des comédies d’antan. Mais le ton de ce Jeux de Dupes est trop décalé pour convaincre.
Alors que Cloverfield réhabilitait récemment le dispositif de Blair Witch pour une improbable mutation avec Godzilla, REC se charge du film de zombie ou presque. Au final un survival horror en DV efficace mais inégal et un peu surestimé.
Exercice difficile que la comédie romantique. 27 robes tente d’y frayer son propre chemin entre folklore nuptial et chronique existentielle, mais s’il sait où il va, les moyens et ceux qui nous emmènent laissent un peu à désirer.
Cash porte bien son nom. C'est le plus grand des voleurs. Oui mais c'est un gentleman. Alors qu'il est présenté à son futur beau-père, il doit gérer une « affaire » avec son équipe et déjouer la surveillance de la police. Une histoire d'arnaqueurs élégants dont les retournements de situation font perdre le fil de la partie.
A l'Est d'Eden, Babylon A.D., Back Soon, Darfour : du sable et des larmes, L'Homme invisible, La Fille de Monaco, Les Affranchis, Opium War, Sakuran, Shaolin Basket, Tous en scène, What Just Happened ?, Woman on the Beach
Les films de la semaine prochaine
Aide-toi et le ciel t'aidera, Bangkok Dangerous, Be Happy, Brothers Bloom, Fracassés, L'Autre moitié, Le Silence de Lorna, Leur morale... et la nôtre, Rien que pour vos cheveux, Spirits, Star Wars: The Clone Wars, Un mari de trop
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