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Andrey Zvyagintsev, auteur du Retour (Lion d’Or à Venise), propose un film d’une rare ambition esthétique. Grâce à une virtuosité technique épatante, il gagne son pari : somptueux, mais destiné aux plus courageux.
Sur un sujet casse-gueule (un violeur peut-il rencontrer l’amour ?), Matthias Glasner parvient à imposer une musique douce, lente, attentive à ses personnages (voir l'entretien avec l'impressionnant Jürgen Vogel). Jamais cynique ni racoleur, il ne ménage pas pour autant le spectateur. Troublant.
Voilà, c’est fait, on l’a vu, et on préfère déjà l’oublier. En lorgnant vers le film familial rentable à l’étranger, Astérix aux Jeux Olympiques ne réussit à être qu’une comédie lisse et pas drôle qui pire que tout devient une insupportable vitrine de nos talents populaires.
Kusturica bégaie. Si l’inventivité et le rythme de Promets-moi confirment les talents d’un auteur précieux, ce « drame cartoonesque » pédale trop dans la semoule pour décoller.
Un homme est tué par un affreux concours de circonstances. Sa femme est soudain confrontée au deuil, mais pour tenir bon face à ses enfants, elle invite un ami de son mari, drogué et asocial, à s’installer dans leur maison. Une sorte d’échange s’instaure entre eux. Gros casting (Halle Berry, Benicio Del Toro) pour le passage à Hollywood de la cinéaste allemande Susanne Bier, qui parvient pourtant à garder l’essence de son style.
Trois ans que nous attendions Nicolas Boukhrief après Le Convoyeur. Voici qu'il reprend la caméra pour filmer avec minimalisme un André Dussollier amaigri dans un étrange thriller médical.
Fable. Noir et Blanc. Quasi-muet. Un tiercé détonant pour un film du XXIème siècle. Avec Telepolis, Esteban Sapir réussit le pari improbable d'insuffler du personnel dans une fable universelle dont la maîtrise visuelle et l'originalité captivent.
Après quinze ans dans une prison australienne, Benjamin Barker regagne Londres avec une seule idée en tête : se venger de l'infâme Juge Turpin qui le condamna pour lui ravir sa femme et son bébé. Sous le nom de Sweeney Todd et avec l’aide de Mrs Lovett, il met alors sa vengeance à exécution. Un retour de Burton inégal mais à la noirceur flamboyante.
No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme
Retour en forme pour les frères Coen, avec cette remarquable adaptation du roman de Cormac McCarthy. Entre polar lumineux et western crépusculaire, ils signent une œuvre jouissive, intelligente et déjantée, d’une beauté saisissante.
On aimerait résumer Day watch, suite épileptique du déjà survolté Night watch, mais les arabesques nébuleuses de ce thriller fantastico-ésotérique russe sont au-delà de toutes descriptions. Entre la craie du destin, une lutte sans merci entre vampires, des personnages prenant le corps de l’autre, on a été largué. Une explication s’impose.
Une équipe de reportage suit Katy (Eva Mendes), productrice télé implacable et têtue ambitionnant de révolutionner la télévision avec une nouvelle émission de télé-réalité au concept sulfureux et immoral. Beau prétexte pour un film au style et au propos insignifiants où l’on reste pour une chose : Eva Mendes.
Le cinéma de Steve Buscemi a quelque chose d'instantanément touchant. On le croit figé dans le cristal d'un cinéma indépendant US qui ne saurait toujours pas survivre à Jarmusch et les autres, et pourtant plutôt qu'arriver trop tard ou répéter un style, il s'invente discrètement un regard qui ne ressemble qu'à lui-même. Avec Lonesome Jim, preuve est que même lorsque les routes semblent balisées, on peut toujours bifurquer.
Dès le début du film le propos est posé, l'environnement aussi. Terence Stamp est un quinquagénaire assumé qui desserre sa cravate à son arrivée à l'aéroport tout en fredonnant une mélodie mélancolique sur fond de musique Rock.
Film apparemment aussi peu ambitieux que son héroïne catastrophe scotchée à l’herbe, Smiley Face pourra surprendre après le beau et pudique Mysterious Skin. Pourtant, loin de la comédie potache propre à un genre du vidéo club, Gregg Araki réalise un film fidèle à son univers et donne à Anna Faris un rôle burlesque prouvant la mesure de son talent.
Mike Nichols n’assume pas vraiment sa position envers la politique internationale de son pays. Trop lisse et hollywoodien, son divertissement est bien troussé mais laisse insatisfait.
Dans les années 1940, alors que le Japon occupe partiellement la Chine, la jeune étudiante Wong est chargée d'approcher et de séduire Mr Yee, un chef de la collaboration avec les Japonais que la Résistance veut supprimer. Rapidement, la relation entre Wong et Mr Yee devient plus complexe qu’elle ne l'avait imaginé.
Film construit sur le principe du cadavre exquis, Triangle est une fantaisie, mineure mais plaisante, de trois princes du cinéma hong-kongais. L’exercice de style est jubilatoire, foisonnant et d’une superficialité pleinement assumée.
A l’image de son personnage, on partait vers cette Chambre 1408 sceptique. Après congés, le séjour ne mérite pas complètement le détour mais une certaine curiosité.
Garage est un second film qui étonne par sa maîtrise. Marque des grands, c’est avec toujours moins – de mots, d’images – que Lenny Abrahamson nous entraîne dans une chute progressive hors de l’humanité. Tragique et foudroyant, pourtant porté par une grande poésie, Garage porte un regard inspiré sur le monde contemporain.
Grande déception que ce Into the Wild, film d’un acteur sauvage que l’on découvre réalisateur plan-plan sur un sujet volontiers « rebelle ». La Beat Generation version pucelle et pure : peu convaincant.
C’est simple, Joe Wright rêve d’être Anthony Minghella pour Cold Mountain. Avec Reviens-moi, il tente de rejouer l’histoire tragique des amants séparés qui n’ont eu qu’un bref instant pour s’aimer avec la guerre en arrière-plan. Pas de chance, Wright n’a pas le talent de son aîné.
Une petite pépite australienne sans prétention, complètement dans le mille. Aussi finaude qu’énorme, avec une bonne dose de caustique, et en tout cas idéale pour stimuler les zygomatiques !
Imparfait, inégal, parfois mal foutu jusqu’à l’invraisemblable, autant dire que 30 jours de nuit a de quoi refroidir. Pourtant par sa maladresse angoissante et une poignée de scènes d’un gore glacial, on osera lui donner sa chance.
De prime abord, on prend peur, Le tueur ressemble à un faux polar épuré au maniérisme mal assumé. Au final, Cédric Anger réussit un film étrangement classique où le souci de la transparence gomme des défauts transformés en qualités.
Après les luttes intestines de l’Irlande (Le Vent se lève), Ken Loach nous replonge dans le contemporain le plus vif. A travers les magouilles pas toujours heureuses d’une jeune femme en mal de réussite financière, il nous interroge de manière vigoureuse et démonstrative sur les conséquences du libéralisme. Entretien avec Ken Loach + Chronique.
On ne saura jamais à quoi aurait ressemblé California Dreamin’ si son réalisateur n’était pas mort au milieu du montage. Et pourtant, le film que nous découvrons est une des propositions de cinéma les plus foisonnantes et riches vues depuis longtemps. Un joyau brut, un film inachevé mais déjà mûr et abouti.
Thriller glacé comme l’œil mécanique d’une caméra de surveillance, Filatures est un petit film concept à l’exécution parfaite. Dense et minimaliste, il nous promène à travers les rues de Hong Kong pour jouer au chat et à la souris. Idéal pour commencer l’année.
Pas facile qu’une licence comme Alien vs. Predator coïncide avec nos désirs. On pouvait malgré tout espérer trouver dans ce nouvel épisode, Requiem, de quoi satisfaire notre plaisir coupable d’un bis décomplexé, c’est plutôt raté.
Nouvelle adaptation d’un roman de Dennis Lehane, Gone Baby Gone marque les débuts à la réalisation de Ben Affleck. Sous un air de Mystic River, le film pose de belles questions, mais peine à nous envoûter pleinement.
Après Mortal Kombat, Super Mario Bros, Double Dragon, Silent Hill et Resident Evil : Hitman, ou le jeu vidéo au cinéma par la Besson Worldwide Corporation. Et alors ? Rien de neuf, on n'a toujours pas compris que le joueur n’est pas un spectateur.
Après le réjouissant Serial noceurs, Vince Vaughn retrouve David Dobkin pour Frère Noël, une comédie de saison qui n’apportera pas la joie dans tous les foyers.
Il y a du burlesque chez Valeria Bruni Tedeschi. En 2003, sa première réalisation jurait qu'il était plus facile pour un chameau. La seconde nous prouve qu'il est bien compliqué pour une actrice...
Non, ce n’est pas la suite des aventures de l’espion triple X, incarné par Vin Diesel. Ce n’est pas non plus le nom d’un nouveau parfum à tendance « androgyne ». Non, ce titre désigne la composition chromosomique d’un corps adolescent en quête d’identité, un corps filmé avec finesse et tendresse par une jeune réalisatrice argentine.
Troisième adaptation d’un classique de la science-fiction, Je suis une légende est une série B de luxe qui passé l’effet choc d’un New York déserté se révèle un peu trop timide. Subsiste quelques scènes assez réussies visuellement et Will Smith, peut-être dans son plus grand rôle depuis Men in Black ou Ali.
Habitué des polars, Guillaume Nicloux refait surface après un Concile de Pierre décrié, loin de ses réalisations réussies, Cette femme-là et Une Affaire privée. Point final d'une trilogie qui n'en est pas une, La Clef surprend d'abord par sa complexité pour mieux étonner par l'intelligence de son scénario.
Surprise du dernier festival de Cannes, ce charmant petit film propose une partition très plaisante. Un bien bel objet, juste un peu trop poli pour faire preuve d’une réelle profondeur.
Comédie romantique ou pas comédie romantique ? La question reste après 1h32 de projection. Et c’est tout le souci. A force de singer le genre tout en faisant mine de s’en distancier, Marc Gibaja passe à côté de son premier long métrage.
Abdellatif Kechiche place à nouveau le langage au cœur de son travail et sidère par sa capacité à capter le souffle de la vie. Triomphe de la dernière Mostra de Venise (Prix Spécial du Jury, Prix de la Meilleure Actrice et Prix de la critique Internationale), La Graine et le mulet est un film impressionnant. Du grand art, populaire.
Portrait humaniste d’une reine qui n’avait pas le droit d’aimer. Fresque historique qui se donne les moyens. Après Elizabeth, le second volet des aventures d’Elizabeth Ière, la Virgin Queen du XVIème siècle, déploie un mélange bien dosé d’intime et de grandiose.
Un homme, une femme, chabadabada ? Un baiser s’il vous plaît fait planer l’ombre d’un doute sur le baiser, ce cliché cinématographique, et nous livre un suspens sentimental aussi burlesque que grave. Un ton nouveau et plus mûr pour Emmanuel Mouret, toujours sur le fil de la fausse légèreté.
Dur de défendre Je suis un cyborg, premier four retentissant de Park Chan-Wook dans son pays. Entre conte fantastique sous influence et comédie sentimentale neuneu, l’auteur a du mal à abandonner sa fascination pour l’ultra violence et livre une œuvre complexée qui n’assume pas sa possible naïveté.
A part son message glissé en douce et qui nous change un peu des hystériques de l’écologie, on ne cachera pas que le véritable intérêt de Bee Movie tient au retour de Jerry Seinfeld, l’auteur du plus grand sitcom. A fuir en VF évidemment.
Tout est dans le titre : I’m Not There est un film avec et sans Bob Dylan. Un film qui nous parle avant tout de musique, de rêve, d’amour et de trahison. Un film sur des reflets, ceux d’un homme mais surtout d’une époque et d’un pays, les Etats-Unis, traversés par ces chansons comme par un éclair qui brûle encore aujourd’hui. Un film onirique et follement libre. Une merveille.
Dernier avatar d’une longue série puisant son inspiration dans la littérature Fantasy, A la croisée des mondes a bien du mal à s’imposer. Malgré toute notre volonté et en gardant un esprit naïf, le film de Chris Weitz reste trop mal foutu et schématique.
On retrouve avec plaisir Benoît Mariage pour ce Cow boy, fantaisie grave sur le thème : savoir tourner la page. Dans le rôle du justicier solitaire et dépassé, l’autre Benoît, Poelvoorde, trouve un registre moins hystérique qu’à son habitude, qui lui sied infiniment bien. Des doubles retrouvailles, en somme.
Passant pour la première fois de l'autre côté de la caméra, Jalil Lespert ne s'est pas râté. Sans retenue, il nous livre un film aussi radical que surprenant.
Prix du Jury à Cannes, Lumière silencieuse appâtera quelques cinéphiles endurcis mais en rebutera de nombreux autres. Malgré des qualités esthétiques - magnifique photo - et l’originalité d’un univers méconnu, l’ennui domine. Plombant.
Wong Kar-Waï passe à l’Ouest et y perd quelques plumes. Fidèle à son univers sans atteindre la maestria toute orientale de ses deux dernières réalisations, il signe pourtant un vrai beau film. Ce qui est devenu suffisamment rare au cinéma pour y aller les yeux grands ouverts.
On prend (presque) les mêmes et on recommence. Après le magnifique The Yards, le très rare James Gray replonge dans les affres d’un drame familial, et trouve une forme magistrale. Tragédie grecque shootée au Heart of glass de Blondie, La Nuit nous appartient sort les biceps et les larmes, mais laisse un sentiment de déjà-vu.
Après le quasi bide Terrain d'entente, les frères Farrelly reviennent aux valeurs sûres avec Ben Stiller en tête de casting d’une nouvelle comédie délirante. Plus sympathique que réussi, Les Femmes de ses rêves tient de la force tranquille, du vaudeville sans risques.
Aide-toi et le ciel t'aidera, Bangkok Dangerous, Be Happy, Brothers Bloom, Fracassés, L'Autre moitié, La Belle de Moscou, La Meilleure façon de marcher, Le Silence de Lorna, Leur morale... et la nôtre, Pékin central, Rien que pour vos cheveux, Spirits, Star Wars: The Clone Wars, Un mari de trop
Les films de la semaine prochaine
Baby Love, Christophe Colomb, l'énigme, Der Baader-Meinhof Komplex, Inju, la bête dans l'ombre, Intrusions, Joy Division, Le Sel de la Mer, Manipulation, Martyrs, Tropa de Elite - Troupe d'élite
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