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Lorsqu'une jeune femme isolée croise la route d'un illuminé, d'où vient la folie et comment se propage-t-elle ? Question mal-être, malaise et contagion, William Friedkin (L'Exorciste, Traqué...) est un cinéaste qui n'a plus à faire ses preuves. Avec Bug, il se lance dans ce qui pourrait n'être qu'un exercice de style et le transforme en fable violente et paranoïaque. La grande forme.
La litanie du cinéma français n'en finit plus, c'est d'actualité et de longue date. Des décombres de la nullité il arrive parfois qu'un film, pourtant à l'allure des autres, sorte un peu la tête. C'est le cas de Danse avec lui, psychothérapie équestre un peu balourde mais non négligeable traitant son sujet avec rigueur et simplicité.
La Môme, biopic d'Olivier Dahan sur la vie d'Edith Piaf, révèle une fois encore et sans surprise l'impasse et la tentation rétro du cinéma français. Un long périple dans la douleur préférant l'anecdote et la tragédie facile à la mise en scène d'une voix et d'un corps. Une grande fiction populaire autoproclamée, avec ses guest stars surgissant au coin d'une rue, incapable ni d'être à la hauteur de ses modèles hollywoodiens, ni de filmer les liens entre la vie et l'art.
Années 1970. Nicholas Garrigan, jeune médecin écossais fraîchement diplômé, fuit le poids du père en posant un doigt sur une mappemonde. Direction : l'Ouganda. Un brin d'aventure, un coup de chaleur, de jolies filles olives, le sentiment d'apporter quelque chose. Sa rencontre fortuite avec Idi Amin Dada, leader fraîchement installé à la tête du pays, viendra très vite craqueler le tableau idyllique de ce début de carrière.
Doté de deux jambes, certes courtes, mais plutôt efficaces, et d'un cerveau, Vikash Dhorasoo préfère les nourritures de l'esprit à la créatine. Atypique pour un footballeur professionnel. Après avoir pris position pour une association gay et s'être fait licencier plus vite qu'un ouvrier de Métaleurop, il nous présente une nouvelle facette de sa différence via des bribes d'intimité de sa Coupe du Monde. Vraiment tout pour se rendre intéressant diront ses amis du milieu en soulignant l'ego surdimensionné du petit homme qui utilise les livres pour se grandir ("...en s'asseyant dessus", selon Grégory Coupet).
The Good german se voudrait une relecture du passé. Par une volonté proche du Black Book de Paul Verhoeven, Steven Soderbergh recrée l'univers du film noir pour prétendûment mettre à jour ce que l'époque ne pouvait alors dire ou montrer. Le noir et blanc est donc clinquant et les acteurs se la jouent « âge d'or hollywoodien ». A ce petit jeu finalement inoffensif, tout le monde semble bien s'amuser. Vraiment tout le monde ?
Œuvre majestueuse car totalement intègre et fichtrement risquée, Inland Empire est un nouvel accomplissement dans la fascinante carrière de Lynch. S'il se livre ici à son rituel labyrinthe thématique fait de pulsions, de violence et de sensualité, ce nouvel opus marque une avancée paradoxale vers «quelque chose» d'à la fois bien plus tangible et pourtant mystérieux. Nous ne prétendrons pas livrer LA clé de ce qui semble plus impénétrable que jamais, mais nous laisser porter par les signaux fantastiques qu'il nous lance. Welcome to Lynchland.
Cela ressemble à une mauvaise série noire. Quatre prétendants au jackpot se réunissent pour mettre au point une arnaque: un vieux producteur, un romancier sur le retour, un réalisateur sans personnalité, un jeune premier en mal de gloire. Quatre associés pour un résultat qui vise à rouler le spectateur. Autrement dit faire de l'argent avec un nom désormais inscrit dans la légende.
En adaptant sa propre nouvelle, Eric-Emmanuel Schmitt, romancier et metteur en scène à succès, flatte avec une telle flagornerie son éventuelle « spectatrice moyenne » que sa cible pourrait bien se rebeller devant tant de condescendance. Son seul mérite est d'offrir un rôle idéal à Catherine Frot mais cet univers niaiseux, qui fonctionne par opposition binaire simpliste, ne convainc jamais et peine à faire sourire. Dommage pour une comédie sur le bonheur...
A quoi bon, est-on tenté de dire devant ce remake du remake de Massacre à la tronçonneuse, qui ne fait même pas semblant de s'intéresser à son sous-titre. Une vaine tentative de reproduire du sens en actualisant son discours au fil d'un mimétisme formel pop finalement plus inutile et ennuyeux que curieux.
Laurent Tirard et son scénariste Grégoire Vigneron marquent leurs territoires dans le champ meurtri de la comédie à la française, sans génie mais avec un certain talent. Après deux comédies pas déshonorantes (Mensonges et trahisons et plus si affinités et Prête-moi ta main) et une série télé originale (Jeff et Léo), les voilà de retour avec ce Molière de bon aloi. Conversation d'après-séance pour s'en faire une idée.
On ne peut plus rien espérer du cinéma allemand, un jour peut-être, mais aujourd'hui c'est le coma. Avec La vie des autres, film de réconciliation nationale où l'homme résiste à la machine totalitaire par l'art, inutile d'espérer s'en sortir malgré ses belles promesses.
On n'attend jamais un film d'Edward Zwick et ce n'est pas avec Blood Diamond que ça changera. Bourré de faux parti pris et de simili radicalité, son dernier film accumule les consensus idéologiques au service d'une hygiène de la pensée d'autant plus ambiguë qu'elle semble inattaquable.
En brassant des thèmes universels - sexualité, drogue, la religion et rapports générationnels - Sebastian Lelio concocte un surprenant mélodrame au réalisme troublant. Filmé caméra numérique au poing, La Sagrada Familia est une expérience cinématographique, extrême et imparfaite, dont la fraîcheur et l'intensité mérite l'attention.
Pour Sylvester Stallone, en finir avec Rocky c'est faire de son obsession du temps perdu le sujet même de son dernier volet, sa grande problématique. Rocky Balboa est ainsi une immense œuvre nostalgique, une dernière leçon de psychanalyse aux poings qui ne cesse de revisiter sa propre histoire, son mythe, depuis le présent.
Après son frère, il portait de nouveau les espoirs d'une large population. Jeune, séduisant, charismatique, humaniste, Robert F. Kennedy pourrait crever l'écran sous la caméra d'Emilio Estevez. Au lieu de ça, Bobby le raconte sans lui donner d'interprète, préférant la portée des idées au visage de l'homme. Un film intelligent et fort, qui se penche en arrière pour mieux regarder la société actuelle.
Nuri Bilge Ceylan (Uzak) s'impose comme un des grands cinéastes contemporains. Question d'échelle, Les Climats résout l'équation de l'intime spectaculaire : des larmes versées en été à celles de l'hiver, le film nous offre la circonvolution des cœurs au gré des révolutions terrestres. Portrait de l'artiste au travail, entre disparition et omniprésence, et mise en abyme d'un art du regard.
En allongeant un court-métrage réussi, Sean Ellis ne trouve pas l'équilibre entre son point de départ, original et contemplatif, et des parties additionnelles, bien moins ambitieuses, qui louvoient dangereusement du côté des films de teen-ager neu-neu. Souffrant d'un problème d'unité qui perturbe le charme des séquences oniriques, son hommage à la beauté féminine s'affadit en un drôle de produit post-adolescent. Bizarre et dommage...
Deux mois après Le Prestige, voilà L'Illusionniste. Coïncidence des programmations qui souligne leur parenté : la magie à la fin du XIXème et un duel d'hommes partagés entre amour et ambition. La comparaison s'arrête néanmoins là. Car autant le premier se gonflait de prétention, autant le second gagne l'estime par une simplicité toute apparente qui distille ses zones d'ombre sans en avoir l'air. Pour éclaircir le tout, ressurgit le dossier Magie et cinéma...
Les temps changent, le grand banditisme aussi, un certain cinéma français beaucoup moins. Avec Truands, Frédéric Schoendoerffer met tout son talent de cinéaste pour nous prouver ce double mouvement. Oubliez Scorsese et Melville.
Le disque Idlewild, 6e album d'OutKast et semi-bande originale du film, laissait présager une histoire de gangsters des années 30 pleine d'effets rigolos et anachroniques, où le duo de protagonistes stars - Antwan "Big Boï" Patton et Andre "3000" Benjamin - ne se croiseraient que rarement, le premier assurant les scènes funky, le second les moments d'émotion, voire de mièvrerie. Bingo, c'est la recette d'Idlewild le film, affublé d'un Gangsters Club en français. OutKast fait son Moulin Rouge.
Parfait petit joyau noir et or, Election 2 clôture magistralement le diptyque de Johnnie To. Entre réalisme et expressionnisme, d'une densité aussi extrême que sa violence, To y explore au fil du portrait tragique d'un personnage les mécanismes et les relations politico-économiques entre la Chine et les triades hongkongaises.
Et si derrière Election 1, première partie du diptyque mafieux de Johnnie To sur l'élection du parrain des triades hongkongaises, se cachait plus qu'un film méthodique, ludique, historique ou politique ? Et si la place d'élu n'était autre que celle convoitée par To sur le cinéma local ?
Ridley Scott s'est affronté aux aliens, aux répliquants, aux méchants nippons et plus récemment aux sanguinaires romains et aux Arabes belliqueux. Maintenant il se coltine aux froggies à l'accent provençal et aux belles de chez nous. La rencontre se voudrait chaleureuse, pleine de vie, de vin et d'amour. Mais, sans mériter l'opprobre, elle se révèle plutôt fade et sans saveur.
Le nouvel opus du jeune Darren Aronofsky a de quoi laisser perplexe. Tressage temporel à base de mythes catholiques, de mélodrame lacrymal, de yoga des étoiles et de science révolutionnaire, The Fountain échoue dans chacune de ces catégories, et ce malgré une vaillance impressionnante. Quelle est la tendance automne hiver du kitch cette année ? Détail par le menu.
Il y a peu de cinéastes comme Pascal Thomas en France. Echappant à toute classification, il produit un cinéma libre et sans autre attache que lui-même. Avec Le grand appartement, film vitaliste, généreux et joyeusement bordélique, Thomas s'empare de l'actualité pour mieux la confronter à la nécessité de nos utopies, et du cinéma.
Pour les fêtes de fin d'année, petit cadeau détente labellisé Hollywood Studios avec Cameron Diaz, Jude Law, Kate Winstlet et Jack Black. Pas d'étincelle cinématographique mais un agréable package à base d'humour, de légèreté, de jolis sentiments, d'émotions douces. Pourquoi bouder son plaisir ?
A trois films de la retraite, Patrice Leconte ne renoue pas avec ce séduisant cocktail de cinéma populaire et d'auteur lui ayant permis de réaliser ses meilleurs films. A partir d'un scénario peu inspiré qu'il ne met pas vraiment en scène, il nous sert un produit simple et fade, qui repose uniquement sur ses acteurs. Bof !
Voici venue la nouvelle saga d'héroïc fantasy en trois volets qui devrait squatter les écrans quelques temps. Malgré le casting (Jeremy Irons, John Malkovich), pas de révolution, tout rentre, au contraire, bien dans le rang... sauf le dragon.
Plongée au cœur de la forêt et des contes aborigènes, 10 Canoës, 150 lances et 3 épouses propose une sorte de tango inédit entre «documentaire» et fiction, entre ancêtres et temps présent. Avec un regard mi-fasciné mi-amusé qui évite l'aspect muséal pour privilégier le rythme, lent et grave, de la vie, Rolf de Heer offre un bel hommage à ce peuple, ici acteur de plein gré.
28 weeks later réalisé par Juan Carlos Fresnadillo sort en salle le 20 juin 2007 avec Robert Carlyle, Catherine McCormack et Imogen Poots à l'affiche.
Bernard Werber passe à la réalisation avec Nos amis les terriens. Le film sort le 18 avril 2007 avec à l'affiche Annelise Hesme, Audrey Dana et Boris Ventura Diaz.
Lucky you de Curtis Hanson sortira en salle le 9 mai 2007 avec Eric Bana, Drew Barrymore, Robert Duvall à l'affiche.
Fragile(s) de Martin Valente avec Jean-Pierre Darroussin, Marie Gillain et Jacques Gamblin sort en salle le 1 avril 2007.
Alpha dog, un film réalisé par Nick Cassavetes, en salle le 28 mars 2007. Avec Emile Hirsch, Justin Timberlake, Sharon Stone
Par effraction d'Anthony Minghella avec Jude Law, Juliette Binoche, et Robin Wright Penn sorti le 14 mars 2007.
Les témoins, un film d'André Techiné, avec Emmanuelle Béart, Michel Blanc et Sami Bouajila sort en salle le 7 mars 2006.
Clairement inspiré par la «Lubitsch Touch », Pierre Salvadori élabore un film d'une rare intelligence qui consacre son art de l'écriture cinématographique. Plus réflexive que spontanée, cette comédie romantique enlevée, très sombre dans le fond, s'interroge sur la valeur de nos désirs et le prix de la liberté. Du travail d'orfèvre.
La fusée Tony Scott revient avec le grand film concept du moment, Déjà vu. Tout est dans le titre ? Pas seulement. Œuvre synthèse de son cinéaste parsemée d'éclats de génie, Déjà vu est aussi ce qu'on fait de plus contemporain. Pour le pire et le meilleur.
Dix films, pas un de plus. Avec cette auto-sentence, le Don Quichotte armé contre les moulins hollywoodiens (comme le définit son confrère Frédéric Sojcher) fait ses adieux à la seule résistance légitime : la réalisation. Bien plus qu'un épilogue, Arthur et les Minimoys reflète la carrière d'un cinéphile paumé entre ses idées et ses idoles, entre des scénarii intimistes et une caméra vouée au gigantisme US. A trop jouer du grand écart, Besson est devenu le moulin à vent. La gangrène de son cinéma.
Un film d'exorcisme sans religiosité, est-ce possible ? Hans-Christian Schmid nous le prouve avec brio, transformant le fait divers qui nous avait valu l'Exorcisme d'Emily Rose en une formidable plongée dans l'Allemagne des années 70, et dans les affres psychologiques d'une jeune femme toute simple mais sous influence, Michaela. Un portrait «habité» qui n'est pas loin de nous laisser hanté.
The Good Shepherd (Raisons d'Etat), un film de Robert De Niro sort en salle le 04 juillet 2007 avec, à l'affiche, Matt Damon, Angelina Jolie et Robert De Niro.
Dans cet opéra de Mozart, peut-être le plus célèbre au monde, le jeune Tamino et l'oiseleur Papageno affrontent la Reine de la nuit et les mystères de Sarastro. A la fin de leur quête, ils découvriront les charmes du bonheur à deux. Dans cette adaptation modernisée pour le cinéma, c'est une autre énigme qu'il leur faut également résoudre : comment Kenneth Branagh réussit-il à faire du sur place malgré tant de virevoltes ?
Primer, un film de Shane Carruth, sorti le 21 février 2007. Shane Carruth, David Sullivan, Casey Gooden figurent à l'affiche de ce film de science fiction.
The Last show raconte, avec une grande humanité, les dernières heures d'une émission radiophonique populaire. Evoquant la mort d'une façon légère et détachée, Robert Altman y tire sa révérence avec classe : en mettant tout son art - direction d'acteurs et mise en scène - au service de comédiens auxquels il offre le beau rôle. Show must go on...
Jean-Pierre Daroussin revient à l'affiche de J'attends quelqu'un, il sera accompagné d'Emmanuelle Devos et Eric Caravaca. Ce film de Jérôme Bonnel sortira le 21 mars prochain.
Ghost Rider de Mark Steven Johnson est sortie en salle en France le 21 février 2007. Nicolas Cage, Wes Bentley et Eva Mendes sont à l'affiche de ce thriller fantastique.
La plus célèbre compagnie de taxi revient avec un quatrième opus. Frédéric Diefenthal, Samy Naceri et Emma Sjoberg sont à l'affiche du film réalisé par Gérard Krawczyk.
On ne sait plus où attendre l'improbable George Miller. De retour pour les fêtes avec un blockbuster d'animation où des pingouins chantent Grandmaster Flash et Sinatra, l'Australien n'a pourtant pas perdu de vue sa vision de l'humanité qui l'obsède depuis Mad Max.
Le film Au nom de la liberté (Catch a Fire), réalisé par Phillip Noyce, avec Derek Luke, Tim Robbins, Bonnie Mbuli sorti en France le 21 février 2007.
Aide-toi et le ciel t'aidera, Bangkok Dangerous, Be Happy, Brothers Bloom, Fracassés, L'Autre moitié, La Belle de Moscou, La Meilleure façon de marcher, Le Silence de Lorna, Leur morale... et la nôtre, Pékin central, Rien que pour vos cheveux, Spirits, Star Wars: The Clone Wars, Un mari de trop
Les films de la semaine prochaine
Baby Love, Christophe Colomb, l'énigme, Der Baader-Meinhof Komplex, Inju, la bête dans l'ombre, Intrusions, Joy Division, Le Sel de la Mer, Manipulation, Martyrs, Tropa de Elite - Troupe d'élite
Ingrid Bergman / William Friedkin / Joel Schumacher / Emilie Dequenne /
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