| 1 | Twilight - Chapitre 2 : tentation |
| 2 | 2012 |
| 3 | Le Concert |
| 4 | Trésor |
| 5 | Le Petit Nicolas |
| 6 | Rapt |
| 7 | L'Imaginarium du Docteur Parnassus |
| 8 | L'Homme de chevet |
| 9 | A l'origine |
| 10 | Micmacs à tire-larigot |
| . | Vincere |
| . | Le Drôle de Noël de Scrooge |
| . | Capitalism : A Love Story |
| . | Le Vilain |
| . | Zombieland |
| . | Hadewijch |
| . | Une Affaire d'Etat |
| . | Kinatay |
| . | Les critiques Cinéma |



Sans vouloir résumer en un paragraphe cette inquiétante étrangeté, Cure appartient à une catégorie de films qui ont la particularité d'avoir été des blocs visuels dans le cinéma. Ces auteurs nous ont appris ce qu'est l'émerveillement, et de surcroît, ont ouvert une brèche que personne avant eux n'avait explorée. Psycho d'Hitchcock déboussola le spectateur habitué aux dénouements classiques et didactiques, A bout de souffle explosa l'exigence de nos nerfs et offrit une nouvelle méthode de filmage. Cure de Kurosawa, tout comme Eyes Wide Shut de Kubrick, puise sa force dans notre subconscient. Il contrôle notre imaginaire. C'est un film glacé, qui tel un frisson, nous parcourt l'échine. Cure est ce pont situé entre deux périodes de notre vie, l'opposition entre le rêve et la réalité.
Cette réalité, l'inspecteur Katabe la vit intensément. Chargé d'élucider une série de crimes crapuleux, Katabe découvre qu'ils n'ont pas de lien social mais plutôt spirituel. Plus son enquête avancera, plus il découvrira l'inconcevable... Inutile de vous en dévoiler plus car l'intérêt de Cure se trouve essentiellement dans l'ignorance du propos, non dans sa connaissance.
Une frustration gênante nous enveloppe continuellement. Trop de questions et pas assez de raisons sensées. Cure, c'est l'interrogation principale de notre jouissance. Cette satisfaction nous rappelle nos pires défauts, nos pires excès et nos envies de parfaire dans ce système routinier de bureaucrates. Exemple : un collègue de bureau nous agace, la solution idéale serait de trouver un arrangement à l'amiable mais dans Cure, la solution finale est de le liquider tout en adoptant un comportement neutre, une certaine logique effrayante en soi. Cette attitude, Kurosawa la dénonce tout en y apportant des raisons à ces zones d'ombres. Cet hypnotiseur qui manipule et réveille en nous des choses mystiques et surprenantes est en quelque sorte un manipulateur qui réussit à dominer l'inconscient. La parabole est claire. Savoir se trouver au bon moment, avec la bonne personne, et en ayant un pur charisme, la cure devient inévitable.
Il est inéluctable que le spectateur se trouve pris dans cet engrenage. Les plans de Kurosawa sont aussi denses que la haine que porte Katabe à ce messie d'outre-tombe. Une mise en scène qui brise, casse en tous sens l'image, la rendant abstraite. L'idée de moisissure apparaît clairement dans la deuxième partie - plus souffrante - du film. Kurosawa amène son sujet sur une pente vertigineuse. Les dialogues se font plus rare, la photo s'assombrit, les sentiments deviennent de plus en plus indescriptibles. L'Enfer est proche. L'invisible reste extraordinaire car il plonge le beau dans un lyrisme total.
L'exaltation est un choix de mise de scène que Kurosawa utilise pour mieux discerner la différence entre le bien et le mal. Savoir contourner le vide affectif, réussir à contrôler ses sentiments les plus malsains, comprendre ce qui ne peut être compris... tels sont les différentes réflexions que nous propose ce nouveau génie du cinéma japonais. Ces images glaciales et frissonnantes vous transperceront au plus profond de votre âme. Cure prouve que la simplicité de l'âme devient complexe lorsque la noirceur instinctive de l'homme se réveille. Un chef d'œuvre !
Cure
de Kiyoshi Kurosawa
Avec Masato Hagiwara, Anna Nakagawa, Tsuyoshi Ujiki.
Japon - 1997 - 1 h 55
Date de sortie : 10 Novembre 1999
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z