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C'est à ce moment-là que le film perd de son mystère, devenant vite sursignifiant. Bonello inscrit ses protagonistes dans un tissu de significations qui fait d'eux les héritiers déçus de 1968, mais la figure imposée du désabusement peine à constituer un détonateur artistique ; cherchant à susciter de la sensualité, la mise en scène en oublie surtout sa souplesse initiale. Après une première virée dans la communauté/secte, Mathieu Amalric revient vers sa fiancée (Clotilde Hesme, en faire-valoir sous-exploité) pour lui confier ses tourments, mais le film a déjà livré tout ce qu'il avait à proposer et les dialogues s'en voient désamorcés. La dernière heure ne sera plus qu'un enfoncement dans l'auto-citation (on voit un extrait de Tiresia) et la pose léthargique.
S'il n'est pas inintéressant de voir Bonello tordre le cou au questionnement politique de départ (quel modèle de vie adopter ?), il s'avoue à court de solutions cinématographiques. De la guerre décide de finir comme un remake d'Apocalypse Now (Amalric allant jusqu'à citer les dialogues et rejouer dans une forêt les scènes du film), sans réelle justification autre que l'hommage à Coppola. Il est assez triste de voir qu'une œuvre française, qui aurait pu être en prise directe avec le monde, en soit finalement réduite à singer un autre film, si prestigieux soit-il.
De la guerre
De Bertrand Bonello
Avec Mathieu Amalric, Asia Argento, Guillaume Depardieu
Sortie le 15 octobre 2008

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