Dead space : Downfall de chuck patton


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Réanimation et morne animation



Des trois aspects de l'oeuvre Dead Space, Downfall est la partie animée. Conçu lui aussi comme une prequel au jeu, celui-ci s'avère être plus Pop que le comics, dans le sens le plus négatif du terme. La faute au format ou à ses géniteurs, Downfall est l'appendice médiocre au sein du groupuscule Dead Space.

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En guise de prologues à Dead Space, Downfall et le comics de Templesmith/Johnston sont intimement liés. Ils décrivent chacun une partie de la catastrophe, l'un dans le vaisseau Ishimura, l'autre dans la colonie d'Aegis 7.

Alors que le comics prend on temps sur 6 volumes pour préparer des bases solides à la cosmologie et au mythos de Dead Space, Downfall est limité à un format film d'une heure un quart.
Autre handicap de départ, Downfall est mis en rivalité avec les pistes énoncées dans le jeu, alors que la bande dessinée crée de l'information de toute pièce et définit ou redéfinit l'intrigue de la genèse.

Le dessin animé dirigé par Chuck Patton essaye pourtant d'être au niveau, un pari difficile face à la maîtrise graphique de Ben Templesmith. La direction artistique se rapproche de dessins animés sur lesquels Patton a travaillé ou qu'il a regardé de loin. Ainsi, on sent des relents de Spawn, Teen Titans et Aeon Flux en permanence, des inspirations qui auraient dû nourrir son travail et le dynamiser.

On s'aperçoit pourtant à regret dès les premières minutes que l'animation est assez pauvre, et bien que les personnages traditionnels soient assez bien gérés, les créatures sont survolées à chaque plan. Le contraste de traitement est tel que les scènes d'action donnent l'impression d'un collage entre deux équipes rivales. A croire que les intervallistes ont fait grève pour les nécromorphes.

Ces lacunes sur l'animation traditionnelle ne font que souligner la faiblesse des passages en 3D, insérés sans la moindre finesse.

Le produit en tant que tel laisse une impression d'inachevé, de fauché, mais traduit surtout un gros manque d'imagination. Les grouillots et seconds rôles n'ont aucun soupçon de personnalité, de charisme, ils ne font que participer à la boucherie dans l'indifférence générale. L'héroïne elle-même peine à retenir notre attention.

C'est d'autant plus dommage que des acteurs au demeurant expérimentés et aimés des nerds comme Kelly Hu ou Bruce Boxleitner prètent leur voix à des personnages jetables qui se font éviscérer au bout de 3 one-liners mous.

Ne reste pour faire diversion que le gore, omniprésent et finalement assez distrayant grâce à un découpage nerveux et des cadrages bien sentis. Le rythme de l'action parvient tant bien que mal à soutenir Downfall, remplissant ainsi son contrat de no-brainer horrifique.

En dépassant les problèmes de production, on pourrait se convaincre que Downfall reste une addition pertinente, qui nous détaille la chute de l'Ishimura et sa descente vers un chaos tripier.

On pourrait, mais les raccords avec le jeu sont trop mauvais. Downfall est oublieux sur de nombreux points de scénario, et traduit de façon trop littérale des éléments importants de la mythologie Dead Space.

Les hallucinations sont présentées comme des apparitions fantômatiques entre jedi mort et Casper le fantôme, alors que le jeu insiste sur leur réalisme saisissant, sur leur capacité à manipuler les protagonistes. Cette facilité de traduction graphique dessert tout ce que le jeu et le comics construisent, cette approche mature du délire.

En outre, de nombreux plot-holes et incohérences finissent de décrédibiliser {Downfall}. Le monolithe est noir, alors qu'on insiste sur sa couleur rouge par rapport à celui trouvé sur terre, cela s'inscrivant dans la suite de révélations finales du jeu. Les capsules de sauvetage de l'Ishimura sont toutes éjectées alors que les capsules restantes ont une importance vitale dans le scénario original.

Cerise sur l'étron, tout un passage de Downfall se concentre sur le sauvetage d'une poignée de scientifiques au prix de la vie du personnage le moins raté du casting... pour qu'au plan suivant les scientifiques aient déjà disparu, sans raison. "Wish you were here", semble-t-on nous dire.

Trop de zones d'ombres, de survols et de négligences émaillent {Downfall} pour en faire une prequel nécessaire. Le projet a manifestement manqué de contrôle et pêche sur tout ce qui devrait en faire le complément indispensable du jeu.
Jimmy Palmiotti et Justin Gray, deux scénaristes reconnus de comics, avaient néanmoins travaillé sur le scénario. Pas assez, de toute évidence.

Passable en tant qu'objet dessin animé, laxiste envers son contenu originel, Downfall chute et échoue. Pas seulement comparé au très bon travail effectué sur le comics, mais parce qu'il n'a pas fait l'effort de la continuité face au jeu dont il est censé être le parent le plus proche.

Si Downfall se regarde, c'est avant de toucher au jeu ou de feuilleter le comics, pour ne pas pester sur le gâchis qu'il représente.
Anecdotique, Downfall est le maillon faible de la chaîne Dead Space.

Dead Space Downfall
Sortie en france : 2 Novembre 2008

Rémi Le 19 octobre 2008
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