| . | Entretien avec Rémi Bezançon |
| . | Entretien avec Albert Serra |
| . | Entretien avec Rachida Brakni |
| . | Entretien avec George Clooney |
| . | Entretien avec John Hurt |
| . | Toutes les interviews ciné |
| . | Le Premier jour du reste de ta vie |
| . | L'Incroyable Hulk (Hulk 2) |
| . | Souvenir |
| . | Mad Money |
| . | Wanted : choisis ton destin |
| . | Toutes les critiques ciné |
| . | Les films de l'été |
| . | Palmarès Cannes |
| . | Histoire du cinéma mexicain |
| . | Super héros et cinéma |
| . | Cinéma et Rock'n'roll |
| . | Tous les dossiers ciné |



Impossible d’être passé à côté, (le) Disco est partout. Après Camping, le duo Onteniente-Dubosc se la joue comeback et ressuscite la boule à facette. Moins pour l’anoblir que la laisser briller chez les ploucs d’une boîte de province.
Disco fait partie de ces choses qu’on vous impose alors que vous n’aviez rien demandé à personne. Moins le film que ce qui en découle, un revival téléguidé qui à quelques semaines de la sortie inonde le paysage médiatique. Alors que bien sûr, le disco, tout le monde s’en fout un peu. C’est has been pensez-vous. Justement voilà le postulat, simple mais pervers, du film de Dubosc et Onteniente : arranger ce revival, en forme d’hommage tendrement décalé, à travers le portrait d’un loser du Havre, Didier Travolta (Dubosc donc), ancienne star locale du disco, qui à quarante balais vit encore chez sa mère et rêve de gagner le concours de danse organisé par la boîte du coin pour emmener son marmot en voyage. Pour ça il se fait aider par une prof de danse classique, du genre bourgeoise au grand cœur sans préjugés (Emmanuelle Béart), et doit convaincre ses potes de remonter sur scène. Mais entre la lutte des classes, le début d’une idylle au Buffalo Grill et les complexes ou problèmes des autres un peu fatigués, pas facile de revenir sur le dance floor ni de nous convaincre de la grandeur oubliée du disco.
Bref, quel est le projet du film ? Une comédie populaire flirtant avec le mélo où la passion d’un homme devient une quête existentielle bouleversant les préjugés ? Avec sa fausse ironie et ses airs affectueux joyeusement nostalgiques, Disco serait-il un film humaniste doublé d’une chronique sociologique ? Non, Disco n’a qu’une ambition, vous déculpabiliser d’être un beauf, un ringard. Et où il est retors, c’est qu’il ne délivre pas du regard des autres et du temps, des modes, pour la liberté d’aimer et d’être ce qu’on désire (c’est une antithèse du très beau Come-back avec Hugh Grant qui réussissait là où Onteniente échoue), il fait l’éloge de la médiocrité en se complaisant dans une vulgarité avec laquelle il amuse consciemment pour mieux la défendre (en faisant mine de jouer de l’autodérision). Le message est clair : chacun a le droit d’être un plouc et le mauvais goût est relatif, après tout. Au risque de paraître snob, tout ça n’est pas réjouissant, d’autant que sous ses faux airs démocratiques festifs Onteniente renforce plus qu’il ne le voudrait les clivages entre bourgeois et prolos. Seuls Dubosc, impeccable en illuminé sincère et fragile, et Béart, assez juste, finissent par intriguer.
Disco
De Fabien Onteniente
Avec Franck Dubosc, Emmanuelle Béart, Gérard Depardieu, Samuel Le Bihan
Sortie en salles le 2 avril 2008

Illus. © Studio Canal