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Ses films sont à cette image, et G.I. Joe n'échappe pas à la règle : ça commence fort, sans préambule, pas de pause (à peine le temps d'insérer 2, 3 flash backs entre deux bastons), et on fonce pied au plancher jusqu'au générique de fin. Entre le point de départ et l'arrivée, on ne sait trop ce qui s'est passé. Il y avait peut-être des avions supersoniques, des sous-marins géants, des soldats équipés d'exosquelettes boostant leurs capacités physiques, un ninja noir et un ninja blanc, des filles sexy dont Rachel Nichols en rousse, des mecs pas terribles sauf le sympathique Channing Tatum. On a cru apercevoir Joseph Gordon Lewitt en hyper méchant vaguement ridicule construisant des nanomachines qui dévorent un bout de la tour Eiffel (ça c'est certain, on l'a vu). Sans doute était-ce même après une course-poursuite un peu folle dans les rues de Paris. Peut-être ce qu'il y a de mieux dans le film.
En fait, G.I. Joe est un film abstrait. Sommers plonge dans sa tambouille numérique jusqu'aux narines, il va à fond la caisse dans son univers, sans crier gare, balançant un florilège de pseudos comme si on était intime alors que le film est fait pour lancer la licence. Débarqué là-dedans, on comprend tout et rien (enjeux à la fois flous et minimalistes), sans jamais avoir le temps de penser, ni de voir. D'où ses images qui à force de saturation perdent toute signification, il y en a trop, on ne sait plus ce qu'on regarde, juste un flux un peu anarchique. Reste alors qu'à lâcher prise, à observer le film se dérouler seul, tel un cartoon bordélique et speedé qui n'a pas besoin de nous. Sommers est loin, il bidouille, parfois c'est moche, parfois on se dit après tout pourquoi pas. G.I. Joe est un film d'action généreux et boulimique, un peu nul, bourrin, fade, mais aussi plaisant et étrange, car on ne sait jamais ce qu'on voit.
G.I. Joe – Le réveil du Cobra
De Stephen Sommers
Avec : Channing Tatum, Marlon Wayans, Rachel Nichols, Sienna Miller
Sortie le 5 août 2009
Jérôme Dittmar
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