Hanté par ses ex de Mark Waters


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Le film de sa vie



Capable du meilleur (Lolita malgré moi), comme du pire (Et si c'était vrai), Mark Waters revisite Dickens en passant par la comédie romantique pour Hanté par ses ex. Un film bourré de défauts, prévisible, guimauve, mais sauvé par quelques idées.
Hanté par ses ex n'a pas cherché loin son pitch en reprenant Dickens et son Conte de Noël. Mais après tout pourquoi pas ? L'histoire est connue, intemporelle, suffit de changer l'époque et les protagonistes, comme l'avait fait le génial Fantômes en fête avec Bill Murray, ou encore Ferrara pour Christmas. Ainsi vous remplacez le vieil avare par un playboy égocentrique, contre la fable humaniste et sociale on troque un pamphlet conservateur sur l'amour, et le tour est joué. On pourra dire que la justification morale éclaire des valeurs bien moins nobles, que celles véhiculées ici sont davantage une célébration parfois limite du mariage et de la famille plutôt que d'une véritable altérité, l'idée demeure peu ou prou la même : en finir avec l'égoïsme et montrer la voie du salut. Mais Mark Waters ne prétend pas déjouer les attentes et réinventer Dickens. Au contraire, tout est prévisible, et en dépit d'une relecture discutable, assez fidèle au conte d'origine. Dans lequel il se fond, avec un certain plaisir, qui doit moins à la présence de Matthew McConaughey (a priori idéal mais inégal en bourreau des cœurs), qu'à cette réappropriation de la structure littéraire reconvertie en cinéma, avec la comédie romantique comme carburant.

Exit donc Noël, remplacé par le mariage du frère de McConaughey, qui lors de la répétition nuptiale reçoit la visite des trois fantômes lui offrant un zapping de son passé, présent et futur. Ce qu'il a vécu et raté, ce que ses proches pensent de lui, comment il va finir. Avec Michael Douglas - qui s'y connaît en réhabilitation du modèle bourgeois depuis Liaison Fatale -, dans le rôle d'un improbable oncle guide et mentor lui ayant appris à parler aux filles après une déception sentimentale (Jennifer Garner, éternelle innocente ici accessoirisée). Ce devenir spectateur de soi-même, pirouette fantastique de Dickens, offre à Waters un bon prétexte pour faire décoller la comédie. Surtout, il lui permet de traiter les changements de temporalité/réalité comme le visionnage d'un film personnel. En jouant de trucs avec le montage intégrés aux situations (retour en arrière, moments choisis en musique), Waters plonge son personnage au cœur d'une expérience poreuse et cinématographique. Pas foncièrement innovant ou vertigineux, corny, un peu réac sur le fond, mais quelques trouvailles et une bonne volonté permettent à Waters de sauver les meubles.

Hanté par ses ex
De Mark Waters
Avec : Matthew McConaughey, Jennifer Garner, Michael Douglas, Emma Stone
Sortie en salles le 17 juin 2009

Illus © Metropolitan FilmExport

 

Jérôme Dittmar

 

Le 15 June 2009
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