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Le masque devient ici plus qu’un outil du tueur, indispensable à sa déshumanisation, un véritable thème du film, comme un hommage de Zombie à Carpenter. Mike nous apparaît pour la première fois portant le masque du clown, qu’il aura aussi lorsqu’il tue son camarade de classe, son premier meurtre. Le sang coulant sur le visage de l’autre enfant dessine une sorte de masque de clown triste, inversé, en miroir. C’est le petit ami de sa sœur qui introduit le masque blanc et impassible du tueur dans la maison des Myers. L’enfant le récupèrera ainsi après le meurtre, et le reprendra 15 ans plus tard, dans une cachette, abîmé par le temps. Désacralisé, ce masque accuse la dimension de sexualité refoulée dans ce personnage de tueur éternellement enfant, dans sa rage meurtrière comme dans sa virginité. Il n’en demeure pas moins autrement plus flippant que le masque Munchoïde de Scream.
Avec sa volonté d’approfondissement du personnage, Rob Zombie n’en oublie pas moins les grands morceaux du film, les deux nuits du crime. Entouré de la même équipe que sur ses précédents films, il retrouve ici cet aspect brutal, comme « pris sur le vif » qui donne à ses scènes de massacre une dimension tellement humaine et « réaliste ». Fini ici le fantôme évanescent : avec sa masse musculaire et sa présence massive, Mike Myers est bien concret, il casse portes et murs et encaisse les balles comme personne. Plus inspiré par les années 1970 que par les films actuels, Zombie retrouve une sorte de cruauté et de sadisme qui déstabilisent en prenant nos attentes à contre-pieds. On imagine le tueur entrer discrètement, il défonce la porte. On l’imagine observant la scène, il est derrière la porte. Assez peu hors-champ finalement, c’est une créature plutôt force de la nature qu’ange exterminateur.
Si Romero est sa conscience politique, Carpenter son grand styliste, Rob Zombie s’impose comme l’humaniste du cinéma d’horreur. Conscient que la plus grande terreur est un sentiment universellement partagé et que le bourreau peut à tout instant se transformer en victime (et réciproquement), il se livre en fait à une méditation sur le temps qui passe. Avec ces images en super 8 censées retrouver la petite enfance du meurtrier, comment ne pas voir une image de l’Amérique qui, au début des années 1970, s’émerveillait de sa gloire alors que l’horreur la plus grande était en elle (guerre du Vietnam, McCartysme, bombe nucléaire…). C’est sans doute là, dans ce qu’il nous offre d’une exploration de la psyché américaine, que Rob Zombie retrouve le génie originel du film, son angoisse bien plus profonde qu’une plaie au couteau. C’est là qu’il signe un très grand film d’horreur.
Halloween
De Rob Zombie
Avec Scout Taylor-Compton, Malcolm McDowell, Brad Dourif
Sortie en salles le 10 octobre 2007 - interdit aux moins de 16 ans

Illus. © TFM Distribution
Sur le web : - Tout Mimi Riquiqui : Halloween pour les petits (ou les peureux) sur Momes.net
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