| . | Obama : Spike Lee croise les doigts |
| . | Rabah Ameur-Zaimeche |
| . | Entretien avec Patrick Huard |
| . | Entretien avec Rémi Bezançon |
| . | Entretien avec Albert Serra |
| . | Toutes les interviews ciné |
| . | Mesrine : L'Ennemi public n°1 |
| . | Two Lovers |
| . | Frangins malgré eux |
| . | J'irai dormir à Hollywood |
| . | Rock'NRolla |
| . | L'Echange |
| . | La Bande à Baader |
| . | Max Payne |
| . | Stella |
| . | Serbis |
| . | Toutes les critiques ciné |
| . | Festival Ciné Nordica |
| . | James Bond |
| . | Festival Shadows |
| . | Le 11 septembre au cinéma |
| . | Les films de l'été |
| . | Tous les dossiers Cinéma |



Hic est un film de fin d'études qui a reçu en 2002 l'European film award de la révélation européenne. Tel un scientifique, le jeune réalisateur György Pálfi y radiographie un village de manière froide et extérieure et l'on a parfois l'impression de le voir à travers les yeux d'un extraterrestre. S'il a dû se réjouir de son audace formelle, il a aussi oublié de mettre un peu d'humanité dans son regard.
L'univers de Hic se construit d'abord comme en opposition à l'idée de récit. On passe du microscopique au macro, on s'attache autant aux fourmis qu'aux humains. György Palfi accumule les pièces d'un puzzle étrange où tout se vaut. Un ver est mangé par un poisson, qui est mangé par un homme, qui est empoisonné par sa femme. Tel un scientifique, le réalisateur radiographie une chaîne alimentaire (au sens propre, dans une scène) qui débouche sur un meurtre. Avec ses images, György Pálfi décortique le monde de manière froide et extérieure, et l'on a parfois l'impression de le voir à travers les yeux d'un extraterrestre.
Si le film parvient ainsi, dans ses premiers instants, à instaurer un climat troublant et inédit, en particulier grâce à une bande son particulièrement soignée, le parti pris d'extériorité atteint très vite ses limites et devient franchement désagréable sur la longueur, avant de s'écrouler. Si dans Microcosmos, les insectes devenaient des divinités, comme le remarquait Godard, dans Hic, les hommes deviennent des insectes. Rangeant au placard notre orgueil humain. Trop humain ? On serait prêt à admettre ce postulat, mais alors pourquoi le réalisateur évoque-t-il un drame marquant dans son pays ?
La réponse apparaît rapidement : pour lui, ce qui différencie l'homme de l'animal, c'est le meurtre. Une vision très noire, que l'on serait prêt à accepter si le mépris du cinéaste ne perçait pas aussi nettement dans la deuxième moitié du film. Les assassinats commençant à se répandre, les humains prennent brusquement plus de place et le regard du cinéaste se révèle derrière ces plans glacés. Dans une fête de mariage, les premiers et uniques mots prononcés dans le film sont ceux d'une chanson populaire qui invite à tuer les mauvais maris. Devant ces plans pétris d'une ironie mesquine, celle du cinéaste qui se regarde filmer et qui jouit de son pouvoir tout puissant sur cet univers en déliquescence, la nausée s'empare de nous. Une scène totalement gratuite est emblématique : la terre se met à trembler, et soudain un avion supersonique rase les toits du village et passe sous un pont. On voit alors le pilote se féliciter de son audace…
György Palfi a dû lui aussi se féliciter de l'audace formelle sur laquelle est construit son film et, du coup, il a oublié qu'un des éléments fondamentaux au cinéma est la projection du spectateur dans le film. Le hic, il est ici ; aucune humanité ne subsiste. Un tour de force, c'est certain, mais certainement pas pour le meilleur.
Hic - (De crimes en crimes)
Réal. : György Pálfi
Révélation européenne - European film awards 2002
Hongrie - 2002 - 1h15
Sortie nationale le 1er octobre 2003
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
- Histoire du cinéma anglais
- Histoire du cinéma de vampires
- Histoire du cinéma japonais
- Histoire du cinéma italien
- Histoire du cinéma mexicain
- Histoire du cinéma coréen