Hurricane Carter de Norman Jewison


Critique

Note du film  par la rédaction

Lecteurs

Note du film  par les lecteurs

Votre note

Film kleenex



Du pain béni pour les oscars ! Un émouvant sujet de société avec la vraie vie de Rubin "Hurricane" Carter, ce boxeur noir qui en juin 1966 manqua de peu (à cause d'une décision d'arbitrage plus que douteuse, rectifiée depuis) le titre de Champion du monde des poids moyens.
Un homme de couleur qui se retrouvera accusé et condamné à tort, pour le meurtre de trois personnes, à une triple réclusion criminelle à perpétuité. Un prisonnier qui racontera son histoire dans un livre (le seizième round) et qui luttera pendant vingt ans pour en sortir. Une histoire forte, à laquelle on adjoint un acteur pénétré par le rôle (Denzel Washington) et un réalisateur capable (Norman Jewison, un habitué des films à nominations).

L’ensemble n’est certainement pas déplaisant. Il est clair qu’un film sur la vie de cet homme se devait d’être fait. A cause de la justice blanche et du racisme de la police, Carter a passé la moitié de sa vie en prison, sur le simple principe d’une question de couleur. Il est évident que cela se devait d’être écrit et la mission de ce film est, avant tout, de rendre compte de la lutte de cet homme au plus grand nombre.

Pourtant, il est assez gênant de voir que ce film s’empêtre à ce point dans le mélodrame. Jewison aurait pu mettre un peu plus de finesse dans son propos et éviter certaines lourdeurs dramatiques qui ne manquent pas d’arriver sur les presque deux heures et demi que dure le film. Ainsi, même si Denzel Washington parvient assez justement à montrer l’ambiguïté de son personnage (entre bonté et violence), il reste que le film est trop tranché par le clivage habituel (et tellement plus facile !) bon/méchant. C’est regrettable car on ne sait plus sur quel pied danser avec ce film prenant, peut-être, mais un peu trop kleenex pour être pris au sérieux.

Hurricane Carter
De Norman Jewison
Avec Denzel Washington, Vicellous Reon Shannon, Deborah Unger
Etats Unis, 2000, 2h20.

Yves Le Corre Le 22 March 2000