Iron Man de Jon Favreau


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Naissance d'un héros



Même s’il finira par se tarir, le filon des super héros au cinéma continue avec Iron Man. Belle entrée en scène pour cette nouvelle tête de la Marvel, Favreau livrant un film simple mais efficace avec un Robert Downey Jr drôle, sexy et toujours juste.
Il y a deux tendances dans les adaptations comics au cinéma. L’une côté auteurs avec les Batman de Burton et Nolan, les X-Men et Superman de Singer, le Hulk d’Ang Lee ou encore les Spider-Man de Sam Raimi. L’autre tournée par des wannabe dont on ne sait trop rien et qui le plus généralement livrent des échecs artistiques ruinant leur licence : Daredevil, Elektra, Ghost Rider ou Punisher. Deux courants donc, l’un plus noble, plus théorique où l’on tente d’explorer la nature même des super héros, l’autre qui capitalise sur un univers et un personnage pour accoucher de blockbusters ingrats et mal foutus dont la visée tenterait à dire qu’elle n’est que strictement commerciale. Entre les deux, l’action flick un peu décérébré et le film signé, Iron Man se fait une place d’honneur. Sans faire l’éloge de Jon Favreau (comédien et réalisateur), on peut dire que le nouveau venu a su trouver un bel équilibre entre la grosse machine vouée à servir un spectacle efficace, et l’utilisation d’un background qui sans rien trahir du comics s’avère surtout d’une parfaite honnêteté avec ses ambitions. On peut appeler ça aussi une certaine forme d’intelligence appliquée au pur divertissement, et ce n’est pas à la portée de tous.

Comme toutes les adaptations de comics, Iron Man procède par un retour aux origines du héros, c’est devenu la règle. Tony Stark donc, jeune surdoué, petit génie, milliardaire fantasque, dragueur invétéré, hédoniste, a hérité de la fortune de son père. Son business ? La vente d’armes et leur fabrication de très haute technologie. Alors qu’il présente son dernier prototype en Afghanistan, un obscur groupuscule terroriste le kidnappe et lui demande de leur fabriquer l’engin dont il a fait la démonstration. Un peu traumatisé par cette captivité soudaine et avec l’aide d’un compagnon de cellule, Stark fabrique une armure grâce à laquelle il s’évade. A son retour au pays il opère un véritable renversement moral : constatant que ses armes servent la cause des terroristes, il décide de tout arrêter, de mettre fin à son business tout en se lançant dans la confection d’une nouvelle armure hyper perfectionnée et définitivement très classe. Seulement l’armée et l’ancien associé de son père ne l’entendent pas de la même oreille, on n’arrête pas comme ça une activité très lucrative. Alors isolé avec ses machines et sa seule secrétaire comme soutien affectif, il décide de faire justice lui-même et devient un super héros.

La simplicité avec laquelle évolue l’intrigue est à l’image de son héros, en acier trempé. Fluide et carré, Iron Man est un film huilé et pourtant non dénué de sensibilité. Préférant survoler la piste politique et les échos éventuels à l’actualité incarnée par les terroristes, Favreau se concentre sur son personnage, cet homme bourré de failles et égoïste qui par son expérience cherche à se racheter et défier l’hypocrisie. Et il faut dire que le soin accordé à son écriture n’est pas qu’une question de scénario car tout le film repose sur Robert Downey Jr. L’acteur s’adapte à chaque situation, il se moule dans son personnage comme dans sa combinaison, passant de la dérision ironique à une émotion ténue. Avec quelque chose d’aristocrate et rock’n roll, il trouve l’équilibre idéal entre des scènes d’action survitaminées auxquelles il donne une respiration par une jolie pointe d’humour, et les passages où en solitaire il confectionne son armure, seul avec ses machines comme uniques interlocutrices. Beaux passages au demeurant, où Favreau séduit l’œil dans ce garage high tech et chromé, réussissant à créer un monde de technologie en accord avec un héros en pleine révolution existentielle et technique. Alors oui le film patine un peu à mi-parcours, il s’invente un vilain prévisible qui lui sert aussi de cause morale (le mal vient de l’intérieur), mais rien de grave. Iron Man part comme une fusée, livre des scènes d’action de belle tenue, fait des ravages par le charisme d’un acteur au top, en bref il est plutôt cool.

Illus. © SND

Jérôme Dittmar Le 30 April 2008







Casting de Iron Man

Réalisateur : Jon Favreau
Avec : Terrence Howard, Jeff Bridges, Leslie Bibb, Stan Lee, Hilary Swank, Tim Guinee, Robert Downey Jr., Gwyneth Paltrow, Clark Gregg, Shaun Toub, Bill Smitrovich, ...



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