| . | Obama : Spike Lee croise les doigts |
| . | Rabah Ameur-Zaimeche |
| . | Entretien avec Patrick Huard |
| . | Entretien avec Rémi Bezançon |
| . | Entretien avec Albert Serra |
| . | Toutes les interviews ciné |
| . | James Bond |
| . | Festival Ciné Nordica |
| . | Festival Shadows |
| . | Le 11 septembre au cinéma |
| . | Les films de l'été |
| . | Tous les dossiers Cinéma |



Le nouvel opus de Kiyoshi Kurosawa brouille encore les pistes. Nous rapprochant de l'univers métaphorique et onirique de Charisma, Jellyfish (Bright Future) est une ballade sombre et douce, gracieuse comme les méduses qui le peuplent. Et une magnifique ode à la réconciliation.
Depuis quelques films, Kiyoshi Kurosawa semble s'intéresser de plus près à la jeunesse et au rapport des générations. Du jeune comateux qui reprenait vie dans License to Live aux deux amis un peu paumés de Jellyfish, il y a un lien palpable, une cohérence qui admet aussi bien la présence de fantômes (Kairo) que de créatures étranges (l'arbre maléfique de Charisma, la méduse tueuse de Jellyfish). La famille chez Kurosawa est un lieu de mutation, forcément baigné de fantastique. A la fois vitale et fatale, elle est ici auscultée avec une intelligence rare. Adulte et jeunes : chacun voit son statut remis en cause. Sans être fasciné, on sent que Kurosawa prend parti pour la jeunesse. C'est sans doute ce qui donne son souffle au film, son énergie et sa folie, ce qui le pousse vers un certain espoir (le Bright Future du titre originel).
Mais le Japon va mal chez Kurosawa : la mort frappe quand on l'attend le moins, la violence explose brutalement, sans raison apparente. Comme à son habitude, les questions posées par les agissements de ses personnages sont clairement exposées : il s'agit ici de l'incompréhension des adultes envers les enfants, et le film est un véritable appel à la réconciliation par le pardon. A ce questionnement explicite, le film impose le constant étonnement d'un montage abrupt, très libre et surprenant, et d'une utilisation du numérique perturbante au début, mais qui se déploie et atteint une véritable plénitude tout au long du film. On aura ainsi rarement vu une utilisation aussi humble que parfaitement maîtrisée de la caméra DV, qui rend cet univers plus instable, moins beau, et paradoxalement, traversé par des éclats lumineux d'autant plus resplendissants.
On est ici dans un univers subtil. Les personnages se cherchent, sans nous imposer leurs méandres existentiels. Leurs chemins se dessinent presque à leur insu, a l'instar du charme du film. Jellyfish trace ainsi son sinueux et lumineux chemin dans nos esprits et nous entraîne, presque malgré nous.
Jellyfish (Bright Future)
Réal. : Kiyoshi Kurosawa
Japon, 2003, 92'
Avec Joe Odagiri, Tadanobu Asano, Tatsuya Fuji, Sasano Takashi, Shiraishi Marumi...
Ad Vitam distribution
Sélection Officielle - En compétition - Festival de Cannes 2003
Sortie nationale le 03 Décembre 2003
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
- Histoire du cinéma anglais
- Histoire du cinéma de vampires
- Histoire du cinéma japonais
- Histoire du cinéma italien
- Histoire du cinéma mexicain
- Histoire du cinéma coréen