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La Disparue de Deauville

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Vertigogo

Les films d’acteurs, c’est jamais trop ça. Pourtant après la demi-réussite de Parlez-moi d’amour, on voulait laisser sa chance à Sophie Marceau, même pour un thriller. Désillusion, La Disparue de Deauville, malgré ses intentions et quelques sorties de sentiers rabattues, est un gros bordel au style et à l’histoire en quête de sa propre identité.

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Difficile de suivre Sophie Marceau. Comédienne, elle n’a jamais trouvé des rôles convaincants sauf peut-être il y a plus de vingt ans chez Pialat (Police). Réalisatrice, on ne sait pas trop. Son zulawskien Parlez moi d’amour n’était pourtant pas si négligeable. On y décelait l’influence de celui qui fût son compagnon associé à une naïveté et une certaine tendresse qui par instant menaient le film vers quelque chose de singulier. Malgré ses faiblesses, Parlez moi d’amour laissait la promesse possible d’une cinéaste en devenir, on était même un peu étonné d’y découvrir une certaine justesse de ton dans cette histoire de couple au bord d’une rupture déjà consommée. Entre-temps (cinq ans à peine), Sophie Marceau a peu tourné. Pourtant au milieu de quelques titres déjà zappés (un Diane Kurys, un Rob Reiner), comment oublier le désopilant navet pseudo hitchcockien Anthony Zimmer, qui voulait faire de notre héroïne une femme fatale digne d’un Howard Hawks ?

S’il faut mentionner Anthony Zimmer, c’est parce que La Disparue de Deauville, second long métrage donc de Sophie Marceau, en est un peu la matrice. Plutôt soupçonne-t-on la source d’inspiration, le point de départ pour la réalisatrice lui ayant donné envie de tourner un thriller stylisé. Après tout, même si sur ce terrain le cinéma français à l’habitude de se vautrer, pourquoi pas. Pour être honnête, on avait même envie de lui laisser sa chance à Sophie. Mais notre confiance était certainement trop aveugle. La Disparue de Deauville est un gros bordel. Sur fond d’intrigue hitchcocko-psychanalytique, la réalisatrice tente laborieusement de faire tenir debout un récit qui s’embrouille rapidement au fil d’un scénario approximatif. L’histoire, celle d’un flic hanté par la mort de sa compagne qui se retrouve embarqué dans une sombre histoire de famille, avec meurtre, secrets et tabous à la clé, s’enlise jusqu’à la confusion limite abstraite. Hésitation sur le ton, les ambiances, le style à adopter, trajectoire opaque des personnages, incertitude sur le sujet, tout participe à rendre le film bancal et anarchique.

On sent pourtant bien où Sophie Marceau cherche à nous mener. Voulant broder un récit où se conjugue le fantastique et le fantasmatique, elle tente de faire tenir la présence sourde et ambiguë d’un secret qui se dérobe comme un serpent de mer tout en contaminant la mise en scène. Jeu de pistes, fiction puzzle, personnages éreintés aux frontières de la folie clinique, espace labyrinthique d’un hôtel où se concentre le nœud de toutes les tensions, la réalisatrice multiplie à l’envie les enjeux formels et narratifs. Les intentions sont souvent louables mais le film perd vite toute crédibilité par son manque de rigueur, ses effets visuels et sonores grossiers ou sa lisibilité parfois incompréhensible. Il y a bien la présence manifeste des lieux qui participent à créer un climat gris et mélancolique, mais c’est trop peu pour faire oublier des ruptures de tons successives qui semblent complètement liées au hasard. On se perd, incapable de savoir quoi faire d’une histoire à la conclusion téléguidée et d’un Christophe Lambert (le flic) pourtant visiblement intéressé par son personnage. À force, on finit par se demander si la recherche de cette disparue n’est pas l’histoire du film lui-même.

La Disparue de Deauville
De Sophie Marceau
Avec Sophie Marceau, Christophe Lambert, Robert Hossein
Sortie en salles le 23 mai 2007

Illus. © SND

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Jérôme Dittmar