Le Bannissement de Andrei Zviaguintsev


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Adam paume Eve



Andrey Zvyagintsev, auteur du Retour (Lion d’Or à Venise), propose un film d’une rare ambition esthétique. Grâce à une virtuosité technique épatante, il gagne son pari : somptueux, mais destiné aux plus courageux.
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Il faut l’avouer, un film contemplatif russe de 2h30, ça peut faire peur… A partir d’une nouvelle de William Sarroyan, Matière à rire, dont seule la trame est conservée, Andrey Zvyagintsev compose pourtant un film d’une beauté sidérante. Sa (trop ?) brillante mise en scène s’appuie sur les images franchement extraordinaires de son chef-opérateur, Mikhaïl Kritchman. Avec un soin méticuleux, les deux hommes conjuguent leurs talents pour observer une Nature, végétale puis humaine, qu’ils laissent éclore comme une fleur du mal.

Un couple et ses deux enfants s’installent à la campagne dans la vieille maison du défunt patriarche. De retour après être « parti gagner de l’argent », le père apprend par sa femme qu’elle est enceinte d’un autre. L’environnement est idyllique mais le ver est dans le fruit… Cette famille voudrait s’approprier un espace et un temps nouveaux : celui d’un paradis originel auquel elle aspire mais qu’elle ne mérite peut-être pas. Inéluctablement, et de plus en plus vite, les ténèbres menacent son immuable structure et risquent de l’engloutir. En gommant toute possibilité d’identification de lieux, ou d’époque, et en dispersant de nombreux indices bibliques, Zvyangintsev assume totalement son ambition de hisser ce récit au niveau du mythe universel et intemporel.

Malgré ses parti-pris radicaux, Le Bannissement n’est, bizarrement, jamais ennuyeux. Justement parce que l’œil reste prisonnier de ces cadres somptueux, de ces lents mouvements de caméra dans lesquels il y a toujours quelque chose qui vit, bouge, avance. Ce mouvement, symbole d’une vie minuscule, cherche à s’inscrire dans le Temps et l’Histoire comme une vision tragique de l’Eternel Retour. Même si ce n’est pas très modeste et que ça tend parfois à l’exercice de style, le pari est bel et bien gagné car l’ensemble reste cohérent sans jamais céder à la facilité. Ambitieux, un peu pompeux mais somptueux.

Le Bannissement
De Andrey Zvyagintsev
Avec Konstantin Lavronenko et Maria Bonnevie
Sortie en salles le 6 février 2008

Illus. © Pyramide Distribution

Marc Petit Le 04 février 2008
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Casting de Le Bannissement

Réalisateur : Andrei Zviaguintsev
Avec : Konstantin Lavronenko, Maria Bonnevie, Alexander Baluyev, Maxime Shibaev, Cathérine Kulkina, Dmitri Ulyanov, Alexeï Vertkov ...



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