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La pellicule a sans doute été très impressionnée par ce pot-pourri de clichés sur la gent masculine, moi pas. Les personnages n'évoluent en rien -mais ils ont une excuse : l'absence totale de cheminement narratif. Pour résumer : l'un trompe allègrement sa femme, qui ne le quitte pas. Pendant ce temps, l'autre a été trompé, une fois, par sa femme bourrelée de remords, et tout piteux, tout haineux, va larmoyer chez ses copains et disserter sur la traîtrise féminine (Le regard douloureux de Bernard Campan vaut le détour - même un labrador bourré de somnifères serait plus expressif). Quel est le but de ce parallélisme ? Nous montrer que les femmes oscillent entre courge et catin ? Autre intrigue, autre trouvaille : le troisième compère, charcutier de son état, rencontre l'amour devant ses rillettes, et passe le reste du film à couver du regard une sorte de folle hallucinée et lunaire, spécialiste des phrases qui hérissent (« Tu m'as dit que tu m'aimes seulement parce que je te l'ai dit en premier ! », prononcé d'une voix de bébé capricieux par Florence Thomassin. Crispant). Là, si j'ai bien tout suivi, c'était donc la femme idéale. Pour parfaire cet aberrant « Hommes/ Femmes : mode d'emploi », il reste le quatrième larron, incarnation grotesque du bonheur longue durée : et que je te drague une mannequin saine et fraîche qui a mon âge divisé par trois, et qu'elle me contemple avec les yeux de l'amour - parce que je le vaux bien, derrière mes allures de cynique indomptable- et qu'elle accepte de me suivre pour illuminer ma préretraite dans un mas provençal. Certes, ce fantasme masculin ( ?) existe. Mais sans être une farouche Célimène, on peut quand même douter de la capacité des lolitas actuelles à assumer jusqu'au bout le rêve de jouvence de leur vieux beau parisien.
On est donc clairement installés -et on le regrette-, dans l'antithèse parfaite de Vincent, François, Paul et les autres. (Ludmila Mikaël aurait du se méfier de cette resucée tape-à-l'œil...). Au moins, c'est pas fatiguant. Si ce n'est que les dialogues, au-delà de leur abyssale vacuité, sont parfois incompréhensibles, puisque fondés sur le foot et le loto sportif, activité principale de nos compères lorsqu'ils se retrouvent autour d'un verre. Mais c'est un reflet de la vraie vie, allez-vous me dire : les hommes se tapent sur l'épaule autour d'un cognac tandis que les femmes gloussent marmots devant la piscine. (ça, c'est la dernière scène du film). Finalement, ce qui demeure saillant au sein de cette mer étale, c'est la dualité masculine : impassibles et maîtres d'eux-mêmes devant des femmes faibles/ hystériques/ à leurs pieds (cocher la case qui vous correspond), les hommes ne retrouvent de l'énergie (tendance surexcitation bravache) que lorsqu'il s'agit de foot. Le constat est glaçant.
Mon bilan personnel : je ne sais toujours pas ce que contient le cœur des hommes. Mais maintenant, je ne suis même plus sûre que cela m'intéresse.
Le coeur des hommes de Marc Esposito
Comédie dramatique. Avec Gérard Darmon, Jean-Pierre Daroussin, Bernard Campan, Marc Lavoine, Ludmila Mikaël. 1h47mn. Sortie : 2 avril 2003
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