Le Monde de Narnia : chapitre 2 - Prince Caspian


Critique

Note du film  par la rédaction

Lecteurs

Note du film  par les lecteurs

Votre note

Le village des damnés



Pour nous, Narnia est une énigme. Cette suite made in Walden Media et Disney a les mêmes limites que l'épisode précédent, peut-être même en pire. Et si finalement cette série nous voulait du mal ?

Narnia, chapitre 1 ou 2 peu importe, c'est l'horreur. Impossible d'expliquer son succès, sinon peut-être une certaine fascination pour le vide ou l'abîme nietzschéen. L'idée, au cinéma, d'un monde imaginaire sauvé par des enfants sans identité n'est pourtant pas inintéressante. Des personnages creux, comme des coquilles vides, où le regard des gosses peut venir se lover en prenant la place du héros. Sauf qu'entre lobotomie et identification à une forme sans âme muée par le seul principe de rendre une justice aveugle (sauver Narnia, point), on a du mal. Qu'on ne s'y trompe pas, cette suite est nourrie aux mêmes enjeux que le précédent : se battre ensemble pour faire tomber un ennemi menaçant l'équilibre démocratique de Narnia, sans se poser de questions. Le fameux Prince Caspian, bellâtre aussi fade que le reste du casting, n'est qu'un gadget narratif venu gonfler le bestiaire, plutôt le zoo mythologique, grand bazar un peu facile observé d'un regard morne. Sinon c'est la même chose : un assommant roller coaster de 2h30 qui oscille entre le cheap et le fric (quelques idées visuelles réussies, mais rares), soutenu par un récit en ligne droite et des héros insipides. Cette fantasy aseptisée, à peine contrastée de quelques vannes sans le moindre humour, a finalement quelque chose d'un peu facho : faux récit d'initiation, Narnia suppose un assujettissement total. La prise de conscience politique et morale qu'il suggère s'annulant par la soumission absolue à un ordre parfait et militaire qu'aucun dehors ou pensée critique ne remet en cause. Finalement, ce monde a quelque chose d'effrayant.

Le Monde de Narnia : chapitre 2 - Prince Caspian
De Andrew Adamson
Avec Georgie Henley, Skandar Keynes, Anna Popplewell
Sortie en salles le 25 juin 2008

Illus. © Walt Disney Studios Motion Pictures France

Jérôme Dittmar Le 22 June 2008