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Présenté un peu partout comme une exploration des origines du nazisme (qui surgira 20 ans plus tard), Le Ruban blanc ne s'enferme pourtant jamais dans la démonstration politico-historique. Le constat dressé par Haneke s'avère certes limpide : plus une société est rigide et hiérarchisée, plus elle suscite de cruautés en retour. Mais on pourra surtout y voir l'émouvant portrait d'une communauté incapable de satisfaire les âmes qui la peuplent.
La narration s'appuie sur une maîtrise formelle qui force l'admiration. Ciselées par un grandiose noir et blanc, les 140 minutes du Ruban blanc nous immergent avec autorité dans un idéal de profusion romanesque. Accueillant en son sein une foule de personnages et une quantité d'histoires intimes, ce village hanté par le pêché aurait aisément tenu la distance d'une série télé...
Comme toujours chez Michael Haneke, Le Ruban blanc s'interroge sur les façons de représenter l'oppression et la violence qui rongent nos sociétés. Et c'est au moyen d'une vibration inespérée que le cinéaste parvient à renouveler l'imaginaire de sa filmographie.
Le Ruban blanc
De Michael Haneke
Avec Christian Friedel, Ernst Jacobi, Leonie Benesch
Sortie en salles le 21 octobre 2009
Illus © Les Films du Paradoxe
Damien Leblanc
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