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| . | Les critiques Cinéma |



Peu importe alors peut-être que les enjeux se perdent, se diluent, s'estompent pour ouvrir de nouvelles portes dont on donne rarement les clés. Les sensations divergent, voguant d'une inquiétante étrangeté de faux thriller aux envolées fantaisistes empruntées à la comédie (on notera l'intrusion souvent drôle d'Amalric et Vuillermoz dans l'univers du cinéaste), pour finir sur une romance à la conclusion cruelle et amusée. Avec ses couches d'espace-temps et de regards mélangées, Resnais livre un véritable ride bariolé d'émotions diverses, à la fois juvéniles et faussement séniles, mélancoliques et vivantes. Formellement, tout cela est d'une richesse évidente, parfaitement maîtrisé dans son concert volontiers heurté aux accents de jazz (d'où vient justement Gailly). Mais, pourtant, sans vouloir cracher dans une soupe plutôt bien assaisonnée, l'impression aussi que Resnais récite son petit Deleuze illustré. Un peu gênant parfois d'errer sur ce cryptogramme aux allures de nouveau roman pour qui le style est le meilleur des exercices. Peut-être une manière d'en faire trop, de pousser cette liberté jusqu'à l'écœurement, au risque de noyer dans l'indifférences ces gerbes folles de sentiments et d'images à plusieurs couches. Sans doute un mauvais procès pour ce qui, en dépit de cette cristallisation du petit théâtre de Resnais, demeure une œuvre au brio indiscutable.
Les Herbes folles
D'Alain Resnais
Avec : André Dussollier, Sabine Azéma, Mathieu Amalric
Illus © StudioCanal
Jérôme Dittmar
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