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Les Sept jours débute par une séquence forte : une famille hurle sa détresse à un enterrement, avant qu'une sirène ne retentisse, obligeant le groupe à mettre des masques à gaz, Cette ouverture ne cherche pas à être comique ou parodique, mais installe les personnages dans un contexte historique précis, celui de la première Guerre du Golfe et de la menace pesant sur le ciel d'Israël. Contraints d'affronter le deuil et de cohabiter plusieurs jours dans la maison de la veuve, ce cercle familial (composé d'une vingtaine d'adultes) se trouve doublement acculé et assiégé. Ronit et Shlomi Elkabetz évaluent, à travers cette douleur collective, l'état d'une société toute entière car cette double situation d'urgence permet aussi d'évoquer un présent tenace.
La mise en scène guette les différents affects qui circulent dans cette famille en offrant une succession de tableaux et de plan-séquences englobant frères, soeurs, maris, femmes et enfants, tous vêtus de noir. L‘ambition des Sept jours est en cela proche d'un certain classicisme américain (on pense à Coppola ou à Nos funérailles d'Abel Ferrara). Et ce qui devait au depart être un moment de partage prend progressivement la forme d'un réglement de comptes. Les conflits et les reproches tournent beaucoup autour de questions d'argent, comme si l'antique solidarité familiale ne pesait plus face à l'individualisme galopant. Davantage qu'une tragédie déterministe, Les Sept jours s'affirme plutôt comme l'exposition d'un paradoxe vivant : c'est aussi en cherchant à aider son prochain qu'on peut le vexer, générosité et maladresse se retrouvant parfois liées.
Si on retrouve ici les deux personnages de Prendre femme (Viviane et Eliahou, toujours incarnés par Ronit Elkabetz et Simon Abkarian), c'est que le récit expose à nouveau une contestation de la hiérarchie établie et des jeux de pouvoir. La position des femmes de la famille, à la fois solitaires et en quête d'indépendance, offre de belles performances d'actrices. Et c'est cette harmonie trouvée entre les nombreux acteurs (dont la plupart sont de véritables stars en Israël) qui finit par convaincre. Les moments de tensions ont constamment lieu en groupe, dans un cadre surchargé de visages, chaque personnage étant à la fois acteur et spectateur ébahi de la désagrégation collective. Face à cette prise sur le vif et cette impression d'un film en train de se faire, le spectateur prend une part active à la fragilité de cette famille, mais aussi aux notes d'espoir qu'elle distille finalement.
Les sept jours
De Ronit et Shlomi Elkabetz
Avec Ronit Elkabetz, Simon Abkarian, Albert Illouz
Sortie en salles le 2 juillet 2008

Illus. © Les Films du Losange
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